jeudi 17 mai 2012

Syrie : L'opposition syrienne lance un appel sur Facebook à assassiner le poète Adonis

Le poète syrien exilé Adonis (Ali Ahmad Saïd Esber) a porté un regard très critique sur l’opposition syrienne au président Bashar al-Assad, dénonçant l’appel aux pays occidentaux pour soutenir la révolte.

Dans une interview au magazine autrichien Profil, datée du lundi 11 février 2012,voilà comment celui qui était autrefois considéré comme le plus grand poète du monde arabe,parle de l'opposition qu'il accusait d'être inféodée aux ex-colonisateurs:  " Comment peut-on poser les fondements d’un Etat avec l’aide des mêmes personnes, qui ont colonisé ce pays ? ". Il fait ainsi allusion au mandat exercé par la France en Syrie de 1920 à 1941 en application de l’accord secret anglo-français Sykes-Picot (1916) et du Traité de Sèvres (1920), après l’effondrement de l’Empire Ottoman, allié de l’Allemagne pendant la Première Guerre mondiale, la présence militaire française en Syrie ne prenant fin qu’en 1946.

" Je ne soutiens pas l’opposition " au président Al-Assad, indiquait  le poète ayant perdu aux yeux des Arabes sa popularité en s'opposant systématiquement aux révoltes arabes.   Pour lui, une intervention militaire occidentale aurait les mêmes conséquences que la guerre déclenchée en Irak en 2003 : " Le pays serait alors détruit ".

Adonis, de son vrai nom Ali Ahmad Saïd Esber, âgé de 82 ans, né à Al-Qassabin, près de Lattaquié, en Syrie, est l’aîné d’une famille paysanne alaouite de six enfants. Après un séjour en prison pour son appartenance au Parti nationaliste syrien, il s’exile au Liban en 1956 avant de venir s’installer en France. Il réside depuis 1985 à Paris, où il a enseigné à la Sorbonne et a été le représentant de la Ligue arabe à l’UNESCO. En 2011, il a remis ses archives à l’Institut Mémoires de l’édition contemporaine (IMEC) à Caen (ouest de la France).

L'opposition réclame sa tête.



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