mardi 19 juin 2012

Égypte : l’UE appelle au respect de la transition démocratique

L’Union européenne a salué lundi "l’étape majeure" de l’élection présidentielle en Égypte, mais a appelé au respect de la transition démocratique alors que l’armée vient de s’octroyer de vastes prérogatives. "Les élections présidentielles sont une étape majeure dans la transition démocratique de l’Égypte", a estimé Maja Kocijancic, porte-parole de la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton. Mais des questions se posent sur le statut du Parlement et du processus constitutionnel qui pourraient limiter les progrès réalisés à ce jour, a-t-elle relevé, a souligné la porte-parole, estimant que la situation institutionnelle et légale devait être "clarifiée le plus vite possible".
"Une chose est claire, la transition démocratique ne doit pas être remise en question", a-t-elle martelé. Celle-ci doit "respecter les aspirations du peuple égyptien et ses demandes en matière de dignité, démocratie et liberté". L’armée au pouvoir en Égypte a de nouveau promis lundi de remettre avant le 30 juin le pouvoir au nouveau chef de l’État issu de l’élection présidentielle, dont le second tour s’est tenu samedi et dimanche. Le Conseil suprême des forces armées (CSFA) va transférer le pouvoir au nouveau président "d’ici le 30 juin", a assuré un général au cours d’une conférence de presse, même si le président aura peu de marge de manoeuvre compte tenu des vastes prérogatives que l’armée s’est octroyées dimanche soir.
Le candidat des Frères musulmans, Mohammed Morsi, a revendiqué lundi la victoire à l’élection présidentielle en Égypte, mais son rival, Ahmad Chafiq, le dernier Premier ministre de Hosni Moubarak, a assuré pour sa part que des résultats encore provisoires le plaçaient en tête. Dimanche soir, le CSFA a annoncé dans une déclaration constitutionnelle amendée qu’il exercerait le pouvoir législatif jusqu’à l’élection d’une nouvelle Assemblée du peuple, à une date non précisée, après la dissolution, samedi, de la chambre des députés, dominée par les Frères musulmans.

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L’armée promet de remettre le pouvoir au président
L’armée au pouvoir en Égypte a de nouveau promis lundi de remettre avant le 30 juin le pouvoir au nouveau chef de l’État issu de l’élection présidentielle, dont le second tour s’est tenu samedi et dimanche. Le nouveau président devrait cependant avoir peu de marge de manoeuvre compte tenu des vastes prérogatives que l’armée s’est octroyées dimanche soir. Le Conseil suprême des forces armées (CSFA) va transférer le pouvoir au nouveau président "d’ici le 30 juin", a assuré un membre du CSFA, le général Mamduh Chahine, au cours d’une conférence de presse. "Le président de la République sera investi de tous les pouvoirs du président de la République", a indiqué un autre général au pouvoir, Mohammed al-Assar, à la même conférence de presse.
Le candidat des Frères musulmans, Mohammed Morsi, a revendiqué la victoire à ce premier scrutin présidentiel depuis la chute de Hosni Moubarak, en février 2011. Les résultats officiels n’ont toutefois pas encore été proclamés, et son rival Ahmad Chafiq, un ancien Premier ministre de Hosni Moubarak, assure lui aussi être en tête sur la base de résultats préliminaires. Le vote samedi et dimanche s’est accompagné notamment de la dissolution par l’armée de l’Assemblée, dominée par les islamistes, en vertu d’une décision de justice invalidant l’élection des députés.
Une "déclaration constitutionnelle" du CSFA promulguée dimanche a également transféré le pouvoir législatif et budgétaire à la junte militaire en attendant une nouvelle Assemblée et l’adoption d’une nouvelle constitution par référendum. Ces mesures, qui limitent la marge de manoeuvre du futur président au profit des militaires, ont été vivement dénoncées comme une forme de coup d’État déguisé par les islamistes et des mouvements pro-démocratie.
Le CSFA a toutefois assuré qu’il ne s’octroyait que des "pouvoirs législatifs restreints" afin de "créer un équilibre" entre les pouvoirs. "Le Conseil militaire étudiera les lois proposées par le gouvernement", dont les membres seront choisis par le président, a déclaré le général Chahine. Les projets de loi seront ensuite "présentés au président, et ni le Conseil militaire ni le président ne pourront seuls faire passer une loi". "Aucune branche du pouvoir ne peut assumer le législatif et l’exécutif seule. L’idée est de créer un équilibre", a-t-il dit. Ce mécanisme continuera de fonctionner jusqu’à l’élection de nouveaux députés, peut-être à la fin de l’année, a ajouté le général.

(18 juin 2012)

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