Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a réaffirmé l’engagement de
l’Iran dans la "coopération" avec la Syrie, son principal allié
régional, lors d’un entretien à Téhéran avec le Premier ministre syrien
Waël el-Halaqi, a rapporté mardi l’agence iranienne Irna.
"La coopération entre les deux pays est dans l’intérêt des deux peuples
et ceux de la région", a déclaré Mahmoud Ahmadinejad à l’issue de cet
entretien lundi soir. "Sans aucun doute, le peuple syrien réussira à
dépasser avec succès les conditions difficiles d’aujourd’hui", a affirmé
le président iranien, en référence à la guerre civile qui a fait plus
de 60 000 morts depuis 22 mois selon l’ONU. Il a également affirmé son
espoir que "les complots contre le peuple syrien prendront bientôt fin
et que le calme et la sécurité seront rétablis" en Syrie. "Il n’y a pas
d’autres voies que l’arrêt des affrontements, l’entente nationale,
l’organisation d’élections. Nous prions pour que les mauvaises
conditions que certains veulent imposer au peuple syrien prennent
bientôt fin", a ajouté Mahmoud Ahmadinejad.
Téhéran, qui soutient le régime de Bashar el-Assad depuis le début de la
contestation en mars 2011, accuse les pays occidentaux et arabes
d’armer la rébellion et prône des négociations entre le gouvernement et
les rebelles. Mais ceux-ci rejettent toute implication de l’Iran dans la
résolution du conflit et refusent tout dialogue sans un départ du
président syrien. Waël el-Halaqi a de son côté accusé les "ennemis" de
la Syrie de viser "les infrastructures et les installations économiques
du pays" afin de "mettre sous pression économique le peuple". Le chef du
gouvernement syrien a entamé mardi une visite de deux jours à Téhéran.
Il doit notamment rencontrer mercredi le guide suprême iranien,
l’ayatollah Ali Khamenei.
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Carnage à l’université d’Alep
Un carnage a ensanglanté mardi l’université d’Alep avec la mort dans une
double explosion de plus de 82 personnes, en majorité des étudiants,
dernier épisode en date de la guerre dévastatrice en Syrie. Il s’agit de
l’une des attaques les plus meurtrières depuis le début il y a 22 mois
jour pour jour du conflit dans ce pays, déclenché par la répression d’un
mouvement de contestation populaire contre le régime de Bashar
el-Assad.
Il n’était pas possible de déterminer avec certitude l’origine des
explosions ou ses responsables, rébellion et pouvoir s’en rejetant la
responsabilité. "Le bilan de l’attentat terroriste qui a visé nos
étudiants s’élève à 82 martyrs et plus de 160 blessés", a dit le
gouverneur Mohammad Wahid Akkad, reprenant la terminologie des autorités
qui n’ont jamais reconnu l’ampleur de la contestation et accusent les
rebelles de "terroristes". Le bilan a été confirmé par un médecin à
l’hôpital universitaire d’Alep. L’Observatoire syrien des droits de
l’homme (OSDH) a en soirée fait état d’au moins 83 morts en précisant
que les "martyrs sont des étudiants et des déplacés" qui ont trouvé
refuge à l’université après avoir fui les combats.
Des vidéos postées par des étudiants montrent la panique dans un
bâtiment universitaire. Certains pleurent, tandis que des vitres brisées
et des parties du plafond effondrées jonchent le sol. Des étudiants
s’approchent de la porte d’entrée, mais quelqu’un leur crie de rester à
l’intérieur. Selon des militants anti-régime, l’attaque est due à un
raid aérien mené par les troupes du régime, mais une source militaire
syrienne a assuré qu’elle avait été provoquée par deux missiles sol-air
tirés par les rebelles et qui ont raté leur cible en tombant sur le
campus. L’agence officielle Sana a fait état de "deux roquettes tirées
par des terroristes" contre l’université située dans un secteur contrôlé
par l’armée dans l’ouest d’Alep, la deuxième ville du pays où les
rebelles contrôlent plusieurs quartiers.
"C’était le premier jour des examens trimestriels et des étudiants et
des réfugiés font partie des victimes", a confirmé Sana. Le ministère de
l’Enseignement supérieur a annoncé la fermeture mercredi des
universités à travers le pays et la suspension des examens "en signe de
deuil". Malgré les combats, l’université d’Alep avait ouvert ses portes à
la mi-octobre.
Plusieurs attaques ont ensanglanté la Syrie où la guerre entre les
troupes du régime d’une part et les rebelles aidés des civils armés et
de djihadistes de l’autre, ne connaît aucun répit. Au total, au moins
152 personnes, dont 128 civils, y ont perdu la vie à travers le pays
mardi, selon l’OSDH. L’OSDH a affirmé que l’armée syrienne avait tué ou
blessé "des dizaines de personnes" dans une attaque près de la ville de
Homs. "Des dizaines de personnes ont été tuées ou blessées lorsque des
troupes (de l’armée gouvernementale, NDLR) ont pris d’assaut des vergers
situés entre l’académie militaire, un important point de contrôle et
une zone industrielle", selon l’OSDH. Le Conseil général de la
révolution syrienne a affirmé que les forces gouvernementales "avaient
commis un massacre" dans cette zone. Selon cette organisation rebelle,
"plus de 24 personnes ont été sommairement exécutées et leurs maisons et
leurs corps ont été brûlés". Il n’était pas possible de confirmer ces
informations de source indépendante.
Alors que la rébellion réclame le départ de Bashar el-Assad en vue d’une
transition politique, ce dernier n’est pas près de partir et pourrait
même briguer un nouveau mandat à la présidentielle de 2014 en s’appuyant
principalement sur une armée qui lui est restée fidèle. "Pourquoi
l’exclure ? La différence, c’est que maintenant le président et les
autres candidats devront aller vers le peuple (...) Ce seront les urnes
qui décideront de l’avenir de la Syrie", a dit le vice-ministre syrien
des Affaires étrangères Jihad Moqdad à la BBC. Avant Bashar, son père
Hafez el-Assad a gouverné pendant 30 ans le pays. Selon la Constitution,
Bashar el-Assad peut se présenter deux fois à partir de 2014. Il
pourrait ainsi gouverner jusqu’en 2028, soit au total 28 ans.
La Russie, principal allié de Bashar el-Assad, a jugé de son côté
"impossible" de l’évincer du pouvoir actuellement. Elle a aussi estimé
"contre-productive" l’initiative de 57 pays menés par la Suisse de
saisir la Cour pénale internationale pour enquêter sur des crimes en
Syrie où plus de 60 000 personnes ont péri en 22 mois selon l’ONU.
Par ailleurs, le gouvernement américain a minimisé mardi le contenu d’un
récent rapport du département d’État émanant d’une fuite et affirmant
que la Syrie a utilisé des armes chimiques dans sa répression brutale
d’une rébellion qui dure depuis près de deux ans.
Lancé le 19 décembre 2011, "Si Proche Orient" est un blog d'information internationale. Sa mission est de couvrir l’actualité du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord avec un certain regard et de véhiculer partout dans le monde un point de vue pouvant amener au débat. "Si Proche Orient" porte sur l’actualité internationale de cette région un regard fait de diversité des opinions, de débats contradictoires et de confrontation des points de vue.Il propose un décryptage approfondi de l’actualité .
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