lundi 14 janvier 2013

Algérie : Réactions face à l'intervention française au Mali

Des partis algériens expriment leur inquiétude

Les partis politiques (RCD, FFS et MSP) livrent leur opinion sur ce qui se passe actuellement à nos frontières depuis que le conflit malien a connu une nouvelle tournure avec l’intervention française.

Le conflit malien connaît, depuis vendredi dernier, une nouvelle tournure. Contacté pour avoir son avis sur les répercussions de cette guerre qui s’est déclenchée à nos frontières, le porte-parole du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), Otmane Mazouz, estime que «ce conflit qui vient de s’engager à nos frontières sud montre, encore une fois, combien la diplomatie algérienne est paralysée, après une errance complice. Pour nous, la caution imposée à l’Algérie pour cette intervention après d’hypothétiques efforts et collusions affichées avec les islamistes terroristes d’Ançar Eddine, dont une délégation a été reçue en Algérie, reflète la fragilité humiliante des autorités algériennes dans notre environnement immédiat». Mazouz indique que «le RCD a toujours prôné au préalable des solutions politiques au conflit mais pas aux dépens de l’intérêt du pays, et sans complaisance avec la nébuleuse islamiste».
Cependant, le porte-parole du RCD s’interroge sur la démarche suivie par les dirigeants algériens : «Comment se fait-il, malgré nos multiples interpellations, que le sort de nos diplomates enlevés au Mali soit ignoré et que le Parlement algérien n’ose même pas discuter de ce qui relève d’une question interne ?» Répondant par un autre son de cloche, Mazouz pense que «le Mali, en tant qu’Etat souverain, et même en faisant appel à un pays étranger, est dans son droit de se défendre de la manière qu’il veut face à la menace terroriste, mais pas au détriment des droits légitimes de ceux qui revendiquent plus de démocratie et le respect des libertés démocratiques». L’ancien député faisait allusion aux multiples revendications des mouvements de l’Azawad, victimes de l’oppression et de la marginalisation des gouvernements successifs de Bamako.
Le Front des forces socialistes (FFS) a un avis plutôt défavorable concernant l’intervention française au Nord-Mali. Du moins, c’est ce que laisse entendre le secrétaire national à la communication du FFS, Chafaâ Bouaïche. «Au lieu de donner le temps qu’il faut et de consentir les efforts nécessaires à l’élaboration d’une solution politique et militaire sérieuse, respectueuse dans le fond et dans la forme des souverainetés nationales, institutionnelles et populaires, on nous dit qu’on va à la guerre aujourd’hui pour venir en aide à des amis. Les peuples et les sociétés n’apprécient pas forcément cette conception de l’amitié», observe-t-il. Mais devant une telle problématique, d’envergure régionale, M. Bouaïche annonce que «le FFS rendra publique sa position après la réunion de son secrétariat national, qui se tiendra ces prochains jours».
Le Mouvement de la société pour la paix (MSP) dénonce dans un communiqué rendu public hier «l’intervention militaire française au Mali, qui se répercutera directement sur la sécurité et la stabilité de l’Algérie, du fait que le commencement de la guerre est connu, mais pas son aboutissement». «Cette intervention sabote les efforts diplomatiques et politiques», observe le MSP.


( Mehdi Bsikri,El Watan )
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Fabius remercie l'Algérie de sa collaboration

 Laurent Fabius était dimanche l'invité du «Grand Jury LCI-Le Figaro-RTL». Crédits photo : Crédit photo : RTL / Frédéric Bukajlo / Abacapress

En ouvrant son espace aérien, Alger a permis aux appareils basés en France de participer aux frappes au Mali.

 

Laurent Fabius s'est félicité hier de la collaboration de l'Algérie, qui, en ouvrant son espace aérien, a permis à la France de venir en aide au Mali. L'Algérie «a autorisé le survol de son territoire et je l'en remercie», a déclaré le ministre des Affaires étrangères, à l'émission «Grand Jury LCI-Le Figaro-RTL». « La France se devait d'intervenir de toute urgence, sinon il n'y aurait plus de Mali, mais un État terroriste… Quand les terroristes ont décidé de débouler, c'était une question de vie ou de mort pour le Mali», a ajouté le chef de la diplomatie française en estimant que la durée de l'intervention française était «une question de semaines» avant que la force africaine ne prenne le relais.
Il s'est félicité du «soutien absolument considérable» dont bénéficie l'opération menée par l'armée française dans le cadre, a-t-il souligné, des résolutions des Nation unies. «Il n'y a aucun État qui émette la moindre protestation», a-t-il relevé en citant le «soutien pratique» de la Grande-Bretagne, du Danemark et d'autres grands pays comme les États-Unis, qui ont apporté leur concours en termes de transports et de communication.
La décision d'Alger d'ouvrir son espace aérien aux appareils français basés sur le territoire national et qui frappent les islamistes dans le nord du Mali est significative compte tenu de la méfiance traditionnelle des autorités algériennes face à toute intervention militaire de Paris dans la région. Une fois que la force africaine aura pris le relais dans le nord du Mali, «il faudra que les Algériens ferment leurs frontières» pour couper les combattants islamistes de leurs bases, a ajouté le ministre.

Ne pas ceder aux terroristes

Le président de la République a pris sa décision en 24 heures au vu de l'appel au secours du chef de l'État malien. «La main du président Hollande n'a pas tremblé», a relevé Laurent Fabius en soulignant qu'il n'y avait «pas de question métaphysique à se poser» à partir du moment où Bamako pouvait tomber aux mains des islamistes s'ils s'emparaient de Mopti. Le sort des huit otages français détenus dans le nord du Mali est évidemment une préoccupation, mais «ce n'est pas en cédant aux terroristes que l'on va protéger les otages», a relevé Laurent Fabius en annonçant que François Hollande recevrait les familles de nos compatriotes dans les prochains jours.
Évoquant «l'échec» de l'opération visant à libérer Denis Allex, l'agent de la DGSE retenu en otage en Somalie, le chef de la diplomatie a souligné qu'il s'agissait d'une opération «très difficile». Il a mis en garde contre la possibilité que les terroristes ne se livrent à une «instrumentalisation» de l'opération en diffusant des images du raid avorté.

(Pierre Rousselin,Le Figaro)

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Le Premier ministre malien à Alger

Le Premier ministre malien, Diango Cissoko, est arrivé hier à Alger pour une visite de travail de deux jours, à l’invitation du Premier ministre, Abdelmalek Sellal. M. Cissoko a été accueilli à son arrivée à l’aéroport international Houari-Boumediene par M. Sellal et des membres du gouvernement.
“Cette visite, qui s’inscrit dans le cadre des consultations politiques régulières entre les deux pays, permettra de passer en revue l'état de la coopération bilatérale ainsi que les perspectives de son renforcement et de son élargissement”, avait indiqué un communiqué des services du Premier ministre. “Elle offrira également l’occasion aux deux parties de procéder à un échange de vues approfondi sur la situation au nord Mali et les efforts en cours pour un règlement de la crise multidimensionnelle qui affecte ce pays”, a ajouté la même source.
“Les deux parties examineront, dans ce contexte, les voies et moyens de renforcement de la coopération entre les pays du champ et les partenaires extra-régionaux pour éradiquer le terrorisme et le crime organisé qui constituent une menace pour la stabilité et la sécurité dans la région du Sahel”, indique-t-on également.
Le Premier ministre malien est accompagné d’une importante délégation composée des ministres de la Défense nationale, de l'Administration territoriale et de l'Aménagement du territoire, de l'Équipement et des Transports, ainsi que de hauts responsables civils et militaires.

(Liberté-Algérie)

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