jeudi 7 février 2013

Tunisie : un gouvernement de "technocrates apolitiques" va être formé

Le Premier ministre tunisien, l’islamiste Hamadi Jebali, a annoncé mercredi qu’il formera un "gouvernement de compétences nationales sans appartenance politique" après l’assassinat de l’opposant Chokri Belaïd qui a déclenché une vague de violence en Tunisie. "J’ai décidé de former un gouvernement de compétences nationales sans appartenance politique qui aura un mandat limité à la gestion des affaires du pays jusqu’à la tenue d’élections dans les plus brefs délais", a-t-il déclaré dans une adresse télévisée à la nation.
Hamadi Jebali n’a pas fixé de calendrier de refonte du gouvernement et compte garder la tête de ce nouveau cabinet qui devra être confirmé par l’Assemblée nationale constituante. Il n’a par ailleurs pas donné les noms des futurs ministres. Cette décision intervient alors que la coalition de laïques de gauche et des islamistes d’Ennahda ne parvenaient pas depuis des mois à un compromis sur la distribution des ministères régaliens. Hamadi Jebali a dit que la décision de former un cabinet de technocrates restreint avait été arrêtée avant le meurtre "odieux qui a choqué notre peuple".
"L’assassinat de Chokri Belaïd a accéléré ma prise de position pour laquelle j’assume ma responsabilité entière devant Dieu et devant notre peuple", a-t-il déclaré. Les alliés laïques des islamistes réclamaient que des portefeuilles régaliens soient confiés à des indépendants ce à quoi la frange dure d’Ennahda se refusait. Hamadi Jebali est considéré comme un modéré dans son parti et comme étant favorable à ce que la Justice et les Affaires étrangères soient sous le contrôle de personnalités apolitiques.
Les nouvelles élections ne pourront pas avoir lieu avant l’adoption d’une Constitution dont la rédaction est dans l’impasse depuis des mois faute de compromis à la Constituante formée en octobre 2011. La Tunisie a été secouée depuis l’été par plusieurs vagues de violence politiques et sociales, laissant craindre la déstabilisation du pays deux ans après la révolution qui a fait chuter le régime de Zine el-Abidine Ben Ali.

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Un policier tué dans les affrontements à Tunis
Un policier a été tué mercredi lors d’affrontements avec des manifestants dans le centre de Tunis, a annoncé le ministère de l’Intérieur dans un communiqué, après que des heurts ont opposé forces de l’ordre et une foule dénonçant le meurtre de l’opposant Chokri Belaïd.
"Le policier Lotfi Alzaar, 46 ans, est mort dans l’après-midi du mercredi 6 février 2013 des suites d’une blessure à la poitrine provoquée par des jets de pierres lors d’une opération pour disperser un groupe de manifestants à Bab El-Jazira", a annoncé le ministère.

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