jeudi 7 février 2013

Liban : le Hezbollah dénonce une "campagne israélienne" à propos de l'attentat en Bulgarie

Le Hezbollah a accusé mercredi Israël de susciter une "campagne internationale de calomnies" contre lui, après que la Bulgarie a accusé le mouvement chiite libanais d’implication dans l’attentat anti-israélien ayant fait six morts en juillet 2012.
Le numéro deux du parti, Naïm Kassem, a dénoncé dans un discours "la campagne d’accusations, d’allégations et de calomnies menée par Israël contre le Hezbollah" sans commenter directement les accusations de Sofia.
"Nous ne cèderons pas aux pressions", a-t-il affirmé, selon des propos rapportés par l’Agence nationale d’information (ANI).
Il a assuré que ces accusations n’empêcheraient pas le Hezbollah, qui prône la lutte armée contre Israël, de continuer à s’armer.
"Israël mène une campagne pour diaboliser le Hezbollah (...) aux yeux des gens et des Etats car il n’a pas réussi à le vaincre", a poursuivi cheikh Kassem.
Il faisait allusion à la guerre de 2006 entre l’Etat hébreu et le Hezbollah, au bout de laquelle Israël n’est pas parvenu à neutraliser ce parti allié des régimes syrien et iranien.
La Bulgarie a désigné mardi le Hezbollah comme étant derrière l’attentat suicide du 18 juillet à l’aéroport de Bourgas, qui a fait six morts -cinq touristes israéliens et un chauffeur de bus. Selon le ministre de l’Intérieur, il existe "des informations concernant des financements et une appartenance au Hezbollah de deux personnes, dont l’auteur de l’attentat".
Les Etats-Unis, qui considèrent le Hezbollah comme une "organisation terroriste", ont pressé ensuite l’Union européenne d’agir contre le Hezbollah.
Le Premier ministre libanais Najib Mikati, dont le gouvernement est dominé par le Hezbollah et ses alliés, a annoncé que son pays allait coopérer avec Sofia "pour élucider" les circonstances de l’attentat.

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"حزب الله" ينفي ضلوعه بتفجير بلغاريا ويتهم اسرائيل بقيادة حملة دولية ضده
نفى "حزب الله" ضلوعه في التفجير الذي استهدف حافلة تقل سياحا اسرائيليين في تموز الماضي في بلغاريا وأدى إلى مقتل خمسة منهم، متهما اسرائيل بقيادة "حملة دولية من اجل ارهاب الدول" من الحزب.
وقال نائب الأمين العام للحزب الشيخ نعيم قاسم "هناك هجمة تقودها اسرائيل على مستوى العالم من اجل مواجهة المقاومة في لبنان وفلسطين"، مضيفا انها "تقود حملة دولية من اجل إرهاب الناس والدول من حزب الله، ومن أجل تسليط الضوء على المقاومة حتى تحاصر".
وتابع قاسم "هذه الاتهامات والادعاءات والتحريض على حزب الله تستهدف المقاومة بالاعلام والسياسة بعدما فشلوا في إسقاط المقاومة بالحرب والمواجهة".
وأضاف "كل هذه الاتهامات ضد حزب الله لا تقدم ولا تؤخر ولا تغير الحقائق بل سنستمر في موقفنا الشعبي والعملي المقاوم الذي يحمي لبنان ويحمي مستقبل أجيالنا ولن نخضع لهذه الضغوطات ولن نبدل أولوياتنا ولن ننجر إلى فتنة، بل سنبقي موجهين بوصلتنا باتجاه إسرائيل ومشروعها".
(الوكالة الوطنية للإعلام، السفير) 
 
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Hezbollah sur liste "noire" ? Les Européens, divisés, veulent réfléchir
L’Union européenne, pressée par les Etats-Unis et Israël de sanctionner le Hezbollah désigné par la Bulgarie comme responsable d’un attentat anti-israélien sur son sol, veut se donner le temps de la réflexion mais ses divisions laissent peu de place à une évolution.
L’attentat avait fait six morts en juillet 2012. La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton s’est gardée de commenter la conclusion de la Bulgarie et a jugé "nécessaire de réfléchir" à une "réponse appropriée".
Au nouveau secrétaire d’Etat américain John Kerry qui pousse à "une action immédiate pour réprimer le Hezbollah" qu’il voudrait voir inscrire sur la liste de l’UE des "organisations terroristes", Mme Ashton a répliqué que c’était "une option parmi d’autres", évoquant la possibilité d’un renforcement du contrôle d’Europol sur ce mouvement allié de la Syrie et de l’Iran.
Pour Joseph Bahout, professeur à l’Institut d’études politiques de Paris, "la question de +l’engagement+ avec le Hezbollah, de lui parler ou pas, est une question qui a été tranchée depuis longtemps par les Européens, qui ont fait le choix de garder un lien avec ce mouvement très influent et qui est un parti de gouvernement". "Stigmatiser des acteurs puissants comme le Hezbollah, c’est couper le lien ténu qui continue à exister avec lui", dit le chercheur.
Pour inclure le Hezbollah sur une "liste noire", il faut l’unanimité des "27", dont ils sont loin.
Selon un diplomate à Bruxelles, la France est perçue comme le pays qui a le plus de réticences vis-à-vis de cette stigmatisation du Hezbollah. L’Italie y serait également hostile, tout comme Chypre et Malte.
Les réticences de Paris et de Rome sont en partie liées à l’engagement de ces deux pays dans la Force intérimaire des Nations unies au Sud-Liban (Finul), selon des experts.
"La bonne gestion de la présence de la Finul au Sud tient beaucoup à la bonne relation que les Occidentaux ont gardée avec le Hezbollah, en particulier la France", et le classer comme "organisation terroriste", "ce serait se mettre dans une situation presque invivable", estime M. Bahout.
Pour Andrea Dessi, chercheur italo-américain à l’Institut des affaires internationales à Rome, "l’hésitation de l’Italie est liée en partie à cet engagement dans la Finul mais aussi au fait que, contrairement à d’autres, les pays du sud de l’Europe voient aussi le côté social du Hezbollah, pas seulement l’aspect militaire".
Paris, selon un diplomate, juge aussi "miraculeux" que le Liban ne se soit pas jusqu’ici laissé entraîner "dans la tornade syrienne" et estime que cela tient "à un fond d’attitude responsable de beaucoup de composantes de la réalité libanaise, en particulier du Hezbollah".
"On peut juger ce pari naïf, mais le dialogue avec le Hezbollah a déjà porté beaucoup de fruits à plusieurs moments, il sert à désamorcer pas mal de crises et de tensions", commente M. Bahout.
Mercredi, Paris, comme Berlin, a parlé de "coordination" avec ses partenaires européens, Rome ajoutant qu’il "s’alignerait sur les positions de Mme Ashton".
D’un tout autre avis, les Pays-Bas et La Grande Bretagne ont opté pour "un message clair" au Hezbollah, réclamé par Washington.
"Nous pensons que la bonne réponse serait que l’UE classe la branche militaire du Hezbollah dans la liste de l’UE des organisations terroristes dont les avoirs doivent être gelés", selon le Foreign Office. "Nous ne voyons aucune raison qui ferait que ce classement européen puisse affecter la stabilité politique du Liban".
Les Pays-Bas plaident depuis 2004 pour que le Hezbollah soit inclus dans la liste noire de l’UE. La Haye "considère que les conclusions bulgares sont la confirmation de la position néerlandaise".

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