Alors que les insurgés syriens affrontent les forces qui soutiennent
Bashar el-Assad à Damas, le combat se joue aussi dans le centre du pays.
Les hommes fidèles au régime ont pris pour cible mercredi la ville de
Palmyre, dont le site archéologique est classé patrimoine mondial de
l’Unesco depuis 1980. L’opposition affirme qu’un attentat-suicide a été
commis contre un bâtiment des renseignements militaires, faisant des
dizaines de victimes.
Dans un premier temps, c’est une bombe qui a détruit une partie du mur
d’enceinte du siège des services de renseignements. Situé tout près des
ruines antiques, un kamikaze s’est précipité avec sa voiture piégée dans
la brèche et a provoqué de nombreux dégâts lors de l’explosion. Des
chars stationnés à l’intérieur du complexe des services de
renseignements ont, selon un militant de l’opposition, ensuite riposté
avec des tirs d’obus. Plusieurs civils d’un quartier voisin ont été
tués, selon la même source.
Plus tard dans la journée, l’agence de presse officielle syrienne a fait
mention de deux kamikazes qui avaient fait exploser plusieurs véhicules
bondés d’explosifs près d’un garage d’un quartier d’habitations de
Palmyre. Cet attentat a tué et blessé plusieurs personnes. En tout,
c’est donc une vingtaine de victimes qui ont été touchées, parmi
lesquelles douze membres des services du renseignement militaire. C’est
l’attentat le plus meurtrier contre des officiers de renseignements
depuis celui de Damas, le 24 janvier dernier, qui avait frappé 53
agents.
Situé à 210 kilomètres au nord-est de Damas, le site de Palmyre conserve
d’importantes traces archéologiques de l’emprise romaine qu’elle connut
sous le règne de l’empereur Hadrien. Atteignant son apogée au IIIe
siècle de notre ère, la ville était une bourgade étendue, constituée de
riches demeures et de jardins à la romaine. Initialement dépourvue de
remparts, Palmyre fut prise par les musulmans au VIIe siècle, prenant
peu à l’aspect qu’elle a aujourd’hui.
De nombreux édifices imposants constituent les vestiges de la ville. Des
temples, des colonnes et des théâtres font de ces ruines romaines l’un
des plus beaux sites archéologiques du monde. Le nombre croissant
d’attentats-suicides en Syrie peut facilement mettre en péril ce lieu
historique deux fois millénaire. Et le récent appel du président
égyptien Mohamed Morsi aux factions de l’opposition syrienne à unifier
leurs rangs "pour défendre la démocratie" n’atténuera pas les dégâts
collatéraux du conflit national.

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