jeudi 7 février 2013

Syrie : attentat-suicide à Palmyre

Alors que les insurgés syriens affrontent les forces qui soutiennent Bashar el-Assad à Damas, le combat se joue aussi dans le centre du pays. Les hommes fidèles au régime ont pris pour cible mercredi la ville de Palmyre, dont le site archéologique est classé patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1980. L’opposition affirme qu’un attentat-suicide a été commis contre un bâtiment des renseignements militaires, faisant des dizaines de victimes.
Dans un premier temps, c’est une bombe qui a détruit une partie du mur d’enceinte du siège des services de renseignements. Situé tout près des ruines antiques, un kamikaze s’est précipité avec sa voiture piégée dans la brèche et a provoqué de nombreux dégâts lors de l’explosion. Des chars stationnés à l’intérieur du complexe des services de renseignements ont, selon un militant de l’opposition, ensuite riposté avec des tirs d’obus. Plusieurs civils d’un quartier voisin ont été tués, selon la même source.
Plus tard dans la journée, l’agence de presse officielle syrienne a fait mention de deux kamikazes qui avaient fait exploser plusieurs véhicules bondés d’explosifs près d’un garage d’un quartier d’habitations de Palmyre. Cet attentat a tué et blessé plusieurs personnes. En tout, c’est donc une vingtaine de victimes qui ont été touchées, parmi lesquelles douze membres des services du renseignement militaire. C’est l’attentat le plus meurtrier contre des officiers de renseignements depuis celui de Damas, le 24 janvier dernier, qui avait frappé 53 agents.
Situé à 210 kilomètres au nord-est de Damas, le site de Palmyre conserve d’importantes traces archéologiques de l’emprise romaine qu’elle connut sous le règne de l’empereur Hadrien. Atteignant son apogée au IIIe siècle de notre ère, la ville était une bourgade étendue, constituée de riches demeures et de jardins à la romaine. Initialement dépourvue de remparts, Palmyre fut prise par les musulmans au VIIe siècle, prenant peu à l’aspect qu’elle a aujourd’hui.
De nombreux édifices imposants constituent les vestiges de la ville. Des temples, des colonnes et des théâtres font de ces ruines romaines l’un des plus beaux sites archéologiques du monde. Le nombre croissant d’attentats-suicides en Syrie peut facilement mettre en péril ce lieu historique deux fois millénaire. Et le récent appel du président égyptien Mohamed Morsi aux factions de l’opposition syrienne à unifier leurs rangs "pour défendre la démocratie" n’atténuera pas les dégâts collatéraux du conflit national.

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