Les dirigeants palestiniens espèrent que la prochaine visite du
président Barack Obama marque "le début d’une nouvelle politique
américaine" dans la région, a affirmé mercredi le porte-parole du
président palestinien, Mahmoud Abbas. "Le président Mahmud Abbas salue
la visite du président américain Barack Obama en Palestine", a déclaré
Nabil Abu Roudeina, le porte-parole de Mahmud Abbas, en visite au
Caire.
"Nous espérons que cette visite du président Obama dans la région est le
début d’une nouvelle politique américaine qui conduise à la réalisation
de l’établissement d’un État palestinien indépendant sur le territoire
de l’État de Palestine occupé depuis 1967, conformément aux résolutions
du droit international", a ajouté Nabil Abu Roudeina. La Maison-Blanche
a annoncé mardi que Barack Obama se rendrait pour la première fois en
tant que président des États-Unis en Israël, dans les Territoires
palestiniens et en Jordanie au printemps, après une visite de son
secrétaire d’État, John Kerry.
Mahmud Abbas réclame pour reprendre les négociations de paix,
interrompues depuis septembre 2010, l’arrêt de la colonisation juive et
la reconnaissance des lignes antérieures à la guerre de juin 1967 comme
base des discussions. Le Premier ministre israélien, Benyamin
Netanyahou, rejette ces revendications, disant vouloir des négociations
"sans condition préalable", et exigeant in fine la reconnaissance
d’Israël comme "État du peuple juif" et le maintien sous son contrôle
d’une partie du territoire d’un futur État palestinien.
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Barack Obama, un voyage inédit en Israël et en Cisjordanie
Pour la première fois depuis son accession à la Maison-Blanche, le
président américain, Barack Obama, va se rendre en Israël au printemps
pour y discuter notamment du nucléaire iranien et améliorer ses
relations avec le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou. Le
président des États-Unis se rendra aussi à cette occasion dans les
territoires palestiniens de Cisjordanie et en Jordanie, a annoncé mardi
l’exécutif américain.
Ce voyage a lieu à un moment où le gouvernement américain réfléchit à
raviver le processus de paix entre Israéliens et Palestiniens, dans un
contexte politique peu propice à des avancées. Barack Obama s’était
attiré des critiques pendant sa deuxième campagne présidentielle pour
n’avoir jamais mis les pieds dans la région. Mais son prédécesseur
républicain avait lui aussi attendu son second mandat pour se rendre
dans l’État hébreu. Le contact n’est jamais passé entre le président
américain, qui a prêté serment pour un second mandat le 21 janvier, et
le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, nommé de nouveau à
la tête du gouvernement israélien après des élections législatives
serrées le 23 janvier.
Des divergences sur le nucléaire iranien avaient éclaté au grand jour en
2012. Le gouvernement américain privilégie des sanctions économiques
couplées à des négociations, quand le Premier ministre israélien réclame
des "lignes rouges claires", menaçant de lancer des frappes
préventives. Barack Obama avait aussi agacé Netanyahou lors de son
premier mandat quand il avait affirmé que le futur État palestinien
devait s’établir sur les frontières de 1967.
Le projet de visite en Israël, dont la date n’a pas été précisée, a été
abordé lors d’un entretien téléphonique avec Benyamin Netanyahou le 28
janvier, a indiqué le porte-parole du Conseil de sécurité nationale
américain (NSC), Tommy Vietor. "Le début du deuxième mandat du président
et la formation d’un nouveau gouvernement israélien donnent l’occasion
de réaffirmer les liens profonds et durables entre les États-Unis et
Israël, et de discuter de la marche à suivre à propos de beaucoup de
sujets d’intérêts communs, dont l’Iran et la Syrie", a-t-il ajouté.
Pour le bureau du Premier ministre israélien, cette visite sera
l’occasion de "souligner la forte amitié et le partenariat" entre les
deux pays. La date de ce voyage n’est pas encore connue, mais un média
israélien a évoqué le 20 mars, tandis qu’un haut responsable
palestinien, qui s’exprimait sous le couvert de l’anonymat, a parlé d’un
voyage "début mars", après une visite du secrétaire d’État américain,
John Kerry, "les 15 et 16 février". Le département d’État n’a pas
souhaité faire de commentaires.
Pour le haut responsable palestinien, "la visite d’Obama sera très
importante parce qu’elle montre que la nouvelle administration
américaine va s’occuper de notre question et lui donner de
l’importance". "Nous espérons que (cette visite) permettra de relancer
les négociations pour une solution à deux États dans les frontières de
1967", a-t-il ajouté. L’Assemblée générale de l’ONU a accordé le 29
novembre aux Palestiniens le statut d’État observateur aux Nations
unies.
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La visite d’Obama relancera-t-elle le processus de paix ?
Malgré les prudentes déclarations officielles, la relance du processus
de paix israélo-palestinien sera un élément essentiel de la première
visite sur place du président américain, Barack Obama, qui capitalise
ainsi sur le recentrage des Israéliens lors des récentes élections. Le
porte-parole du Conseil de sécurité nationale américain a annoncé mardi
soir la première visite au printemps de Barack Obama en Israël en tant
que président des États-Unis pour discuter avec le Premier ministre
israélien, Benyamin Netanyahou, de "la marche à suivre à propos de
beaucoup de sujets d’intérêts commun, dont l’Iran et la Syrie".
La Maison-Blanche a également précisé qu’il se rendrait également dans
les Territoires palestiniens et en Jordanie. L’ambassadeur américain en
Israël, Dan Shapiro, s’est lui aussi montré discret sur ce sujet dans
une interview mercredi à la radio israélienne, ne mentionnant "la
nécessité de pousser Israël et les Palestiniens à retourner à la table
des négociations" qu’après l’Iran et la Syrie dans l’ordre du jour de la
visite. Mais la proximité de la visite avec celle attendue du
secrétaire d’État, John Kerry, en Israël et dans les Territoires
palestiniens ce mois-ci laisse peu de doute sur la volonté du président
américain de relancer le processus de paix, enlisé depuis septembre
2010.
Sans illusion, le président palestinien, Mahmud Abbas, a indiqué
espérer que cette visite marque le "début d’une nouvelle politique
américaine", tandis qu’une dirigeante palestinienne, Hanane Achraoui,
l’a "saluée si elle annonce une promesse américaine de devenir un
médiateur de paix honnête et impartial". La prudence officielle
américaine vise manifestement à minimiser les attentes sur l’épineux
dossier israélo-palestinien, dans lequel Barack Obama s’est enferré au
début de son premier mandat, avant de s’en détourner.
"Le président entend donner une impulsion - peut-être la dernière ? -
pour relancer le processus de paix", écrit mercredi l’analyste politique
du quotidien israélien Maariv. "L’électeur israélien s’est déplacé vers
le centre. Le Premier ministre, selon toutes les analyses à Washington,
est à la merci des partis centristes qui ont une approche beaucoup plus
modérée" envers les Palestiniens que la coalition sortante,
explique-t-il, en référence aux partis de Yaïr Lapid, deuxième formation
au Parlement, et de l’ex-ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni.
La liste de Benyamin Netanyahou a remporté les élections du 22 janvier,
mais avec nettement moins d’avance que prévu, en raison notamment de la
percée du parti de Yaïr Lapid, l’obligeant à se chercher des alliés au
centre. "Le nouveau gouvernement, et avec lui toute la population
israélienne, consacrera les prochaines semaines à discuter des aspects
politiques du conflit israélo-palestinien. Barack Obama presse Benyamin
Netanyahou de trouver des solutions, et il n’y a pas de place pour des
faux-fuyants", affirme un éditorialiste dans le Yediot Aharonot.
Selon une commentatrice du même journal, "ce n’est pas un hasard si la
Maison-Blanche a annoncé la visite au milieu des tractations pour former
une coalition. L’administration américaine indique à Lapid et Livni
qu’il est temps d’entrer au gouvernement, parce que le président est
sérieux et a besoin d’eux à l’intérieur" de la prochaine coalition. Un
message parfaitement reçu par Tzipi Livni, qui avait conduit les
négociations avec les Palestiniens dans le gouvernement d’Ehud Olmert
(2006-2008). Chef de file d’un des partis à avoir le plus insisté
pendant la campagne sur la nécessité de reprendre les négociations avec
les Palestiniens, elle a été la première responsable politique
israélienne à saluer mardi soir l’annonce de la visite du président
américain.
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