mercredi 6 février 2013

Palestine : Abbas espère "une nouvelle politique américaine"

Les dirigeants palestiniens espèrent que la prochaine visite du président Barack Obama marque "le début d’une nouvelle politique américaine" dans la région, a affirmé mercredi le porte-parole du président palestinien, Mahmoud Abbas. "Le président Mahmud Abbas salue la visite du président américain Barack Obama en Palestine", a déclaré Nabil Abu Roudeina, le porte-parole de Mahmud Abbas, en visite au Caire.

"Nous espérons que cette visite du président Obama dans la région est le début d’une nouvelle politique américaine qui conduise à la réalisation de l’établissement d’un État palestinien indépendant sur le territoire de l’État de Palestine occupé depuis 1967, conformément aux résolutions du droit international", a ajouté Nabil Abu Roudeina. La Maison-Blanche a annoncé mardi que Barack Obama se rendrait pour la première fois en tant que président des États-Unis en Israël, dans les Territoires palestiniens et en Jordanie au printemps, après une visite de son secrétaire d’État, John Kerry.

Mahmud Abbas réclame pour reprendre les négociations de paix, interrompues depuis septembre 2010, l’arrêt de la colonisation juive et la reconnaissance des lignes antérieures à la guerre de juin 1967 comme base des discussions. Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, rejette ces revendications, disant vouloir des négociations "sans condition préalable", et exigeant in fine la reconnaissance d’Israël comme "État du peuple juif" et le maintien sous son contrôle d’une partie du territoire d’un futur État palestinien.

**

Barack Obama, un voyage inédit en Israël et en Cisjordanie
Pour la première fois depuis son accession à la Maison-Blanche, le président américain, Barack Obama, va se rendre en Israël au printemps pour y discuter notamment du nucléaire iranien et améliorer ses relations avec le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou. Le président des États-Unis se rendra aussi à cette occasion dans les territoires palestiniens de Cisjordanie et en Jordanie, a annoncé mardi l’exécutif américain.
Ce voyage a lieu à un moment où le gouvernement américain réfléchit à raviver le processus de paix entre Israéliens et Palestiniens, dans un contexte politique peu propice à des avancées. Barack Obama s’était attiré des critiques pendant sa deuxième campagne présidentielle pour n’avoir jamais mis les pieds dans la région. Mais son prédécesseur républicain avait lui aussi attendu son second mandat pour se rendre dans l’État hébreu. Le contact n’est jamais passé entre le président américain, qui a prêté serment pour un second mandat le 21 janvier, et le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, nommé de nouveau à la tête du gouvernement israélien après des élections législatives serrées le 23 janvier.
Des divergences sur le nucléaire iranien avaient éclaté au grand jour en 2012. Le gouvernement américain privilégie des sanctions économiques couplées à des négociations, quand le Premier ministre israélien réclame des "lignes rouges claires", menaçant de lancer des frappes préventives. Barack Obama avait aussi agacé Netanyahou lors de son premier mandat quand il avait affirmé que le futur État palestinien devait s’établir sur les frontières de 1967.
Le projet de visite en Israël, dont la date n’a pas été précisée, a été abordé lors d’un entretien téléphonique avec Benyamin Netanyahou le 28 janvier, a indiqué le porte-parole du Conseil de sécurité nationale américain (NSC), Tommy Vietor. "Le début du deuxième mandat du président et la formation d’un nouveau gouvernement israélien donnent l’occasion de réaffirmer les liens profonds et durables entre les États-Unis et Israël, et de discuter de la marche à suivre à propos de beaucoup de sujets d’intérêts communs, dont l’Iran et la Syrie", a-t-il ajouté.
Pour le bureau du Premier ministre israélien, cette visite sera l’occasion de "souligner la forte amitié et le partenariat" entre les deux pays. La date de ce voyage n’est pas encore connue, mais un média israélien a évoqué le 20 mars, tandis qu’un haut responsable palestinien, qui s’exprimait sous le couvert de l’anonymat, a parlé d’un voyage "début mars", après une visite du secrétaire d’État américain, John Kerry, "les 15 et 16 février". Le département d’État n’a pas souhaité faire de commentaires.
Pour le haut responsable palestinien, "la visite d’Obama sera très importante parce qu’elle montre que la nouvelle administration américaine va s’occuper de notre question et lui donner de l’importance". "Nous espérons que (cette visite) permettra de relancer les négociations pour une solution à deux États dans les frontières de 1967", a-t-il ajouté. L’Assemblée générale de l’ONU a accordé le 29 novembre aux Palestiniens le statut d’État observateur aux Nations unies.

**

La visite d’Obama relancera-t-elle le processus de paix ?
Malgré les prudentes déclarations officielles, la relance du processus de paix israélo-palestinien sera un élément essentiel de la première visite sur place du président américain, Barack Obama, qui capitalise ainsi sur le recentrage des Israéliens lors des récentes élections. Le porte-parole du Conseil de sécurité nationale américain a annoncé mardi soir la première visite au printemps de Barack Obama en Israël en tant que président des États-Unis pour discuter avec le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, de "la marche à suivre à propos de beaucoup de sujets d’intérêts commun, dont l’Iran et la Syrie".
La Maison-Blanche a également précisé qu’il se rendrait également dans les Territoires palestiniens et en Jordanie. L’ambassadeur américain en Israël, Dan Shapiro, s’est lui aussi montré discret sur ce sujet dans une interview mercredi à la radio israélienne, ne mentionnant "la nécessité de pousser Israël et les Palestiniens à retourner à la table des négociations" qu’après l’Iran et la Syrie dans l’ordre du jour de la visite. Mais la proximité de la visite avec celle attendue du secrétaire d’État, John Kerry, en Israël et dans les Territoires palestiniens ce mois-ci laisse peu de doute sur la volonté du président américain de relancer le processus de paix, enlisé depuis septembre 2010.
Sans illusion, le président palestinien, Mahmud Abbas, a indiqué espérer que cette visite marque le "début d’une nouvelle politique américaine", tandis qu’une dirigeante palestinienne, Hanane Achraoui, l’a "saluée si elle annonce une promesse américaine de devenir un médiateur de paix honnête et impartial". La prudence officielle américaine vise manifestement à minimiser les attentes sur l’épineux dossier israélo-palestinien, dans lequel Barack Obama s’est enferré au début de son premier mandat, avant de s’en détourner.
"Le président entend donner une impulsion - peut-être la dernière ? - pour relancer le processus de paix", écrit mercredi l’analyste politique du quotidien israélien Maariv. "L’électeur israélien s’est déplacé vers le centre. Le Premier ministre, selon toutes les analyses à Washington, est à la merci des partis centristes qui ont une approche beaucoup plus modérée" envers les Palestiniens que la coalition sortante, explique-t-il, en référence aux partis de Yaïr Lapid, deuxième formation au Parlement, et de l’ex-ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni.
La liste de Benyamin Netanyahou a remporté les élections du 22 janvier, mais avec nettement moins d’avance que prévu, en raison notamment de la percée du parti de Yaïr Lapid, l’obligeant à se chercher des alliés au centre. "Le nouveau gouvernement, et avec lui toute la population israélienne, consacrera les prochaines semaines à discuter des aspects politiques du conflit israélo-palestinien. Barack Obama presse Benyamin Netanyahou de trouver des solutions, et il n’y a pas de place pour des faux-fuyants", affirme un éditorialiste dans le Yediot Aharonot.
Selon une commentatrice du même journal, "ce n’est pas un hasard si la Maison-Blanche a annoncé la visite au milieu des tractations pour former une coalition. L’administration américaine indique à Lapid et Livni qu’il est temps d’entrer au gouvernement, parce que le président est sérieux et a besoin d’eux à l’intérieur" de la prochaine coalition. Un message parfaitement reçu par Tzipi Livni, qui avait conduit les négociations avec les Palestiniens dans le gouvernement d’Ehud Olmert (2006-2008). Chef de file d’un des partis à avoir le plus insisté pendant la campagne sur la nécessité de reprendre les négociations avec les Palestiniens, elle a été la première responsable politique israélienne à saluer mardi soir l’annonce de la visite du président américain.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire