dimanche 10 février 2013

Bahreïn : le gouvernement et l’opposition entament un nouveau dialogue

Le gouvernement de Bahreïn devait entamer dimanche soir une nouvelle session du dialogue national avec l’opposition chiite, qui a annoncé in extremis sa participation sous conditions aux pourparlers.
Le dialogue vise à sortir de l’impasse politique dans laquelle est plongé ce petit royaume du Golfe depuis qu’un soulèvement mené par les chiites, qui réclament des réformes constitutionnelles, a été maté par la force en 2011.
Les participants commençaient à arriver dimanche en fin d’après-midi dans un complexe touristique situé au sud de Manama, où doit se tenir la première séance du dialogue, selon un journaliste de l’AFP sur place.
Quelques heures avant l’ouverture du dialogue, l’opposition a annoncé qu’elle allait y participer.
"Les formations de l’opposition vont participer à la séance de dialogue aujourd’hui, pour discuter des neuf points" sur lesquels ils ont demandé des éclaircissements au pouvoir, a annoncé l’opposant Hassan Al-Aali après une réunion au siège de la formation chiite Al-Wefaq à Manama.
Il a précisé que l’opposition déciderait en fonction des réponses "de continuer à participer au dialogue ou de s’en retirer".
L’opposition s’était retirée en juillet 2011 d’une première session du dialogue national, deux semaines après son lancement, en affirmant qu’elle était "sous-représentée et marginalisée".
Les opposants réclament notamment un accord sur l’ordre du jour des discussions, et demandent que les résultats du dialogue soient soumis à un référendum populaire.
Ce dialogue doit regrouper 27 délégués représentant l’opposition, les groupes politiques sunnites soutenant le pouvoir, et le gouvernement.
Il intervient à l’approche du deuxième anniversaire du soulèvement du 14 février 2011, conduit par les chiites, majoritaires dans le royaume, pour réclamer une réforme de la monarchie sunnite.
L’opposition organise depuis une semaine des manifestations quotidiennes devant culminer le 14 février.
Des centaines de personnes ont manifesté samedi dans les environ de Manama à l’appel d’Al Wefaq, réclamant des réformes politiques.
Le même jour, des dizaines d’autres manifestants ont défilé dans des villages chiites entourant Manama, à l’appel d’un collectif radical clandestin, le "Mouvement du 14 février". "Non au dialogue", "Le peuple veut la chute du régime", ont-ils scandé selon des témoins.
Les autorités avaient réprimé en mars 2011 le soulèvement populaire animé par des chiites, et des troupes venant des monarchies voisines du Golfe, notamment d’Arabie saoudite, sont depuis déployées dans le royaume qui abrite le siège de la Cinquième Flotte américaine.
Les autorités accusent l’Iran chiite de soutenir l’opposition, ce que cette dernière dément, affirmant que le soulèvement de 2011 a été déclenché dans le sillage du "Printemps arabe".
Et même si le pouvoir s’est engagé à appliquer les recommandations d’une commission d’enquête indépendante, qui a critiqué le recours excessif à la force face aux manifestations en 2011, il n’a fait aucune concession politique de fond à l’opposition.
Depuis quelques mois, les heurts ont pris un tour plus violent dans les villages chiites entourant Manama, surtout lorsque les manifestations se déroulent à l’appel du "Mouvement du 14 février".

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