jeudi 20 juin 2013

Syrie : Hollande sans "trop d’illusions" face à Poutine

François Hollande s’est entretenu lundi du conflit syrien avec son homologue russe Vladimir Poutine sans avoir "trop d’illusions" sur les chances d’infléchir au sommet du G8 la détermination de l’indéfectible allié de Damas.
"Je pense qu’il ne faut pas avoir trop d’illusions. Ce n’est pas ici, au G8, que nous allons trouver la solution", a constaté le chef de l’Etat français à son arrivée sur le site du luxueux complexe hôtelier où se réunissent jusqu’à mardi les dirigeants des pays les plus développés. "Mais ça peut être une étape, ça peut être un moment où chacun prend conscience de ce que la Syrie traverse", a-t-il juste espéré.
En ouvrant la rencontre avec son homologue français, le président russe n’a pas eu un mot pour la Syrie, préférant évoquer "certaines inquiétudes" autour des relations commerciales franco-russes.
En termes très diplomatiques, François Hollande a en revanche souligné l’aggravation de la situation sur le terrain. Les "relations historiques" entre la France et la Russie doivent être "approfondies" en dépit des "différences" d’approche sur les questions internationales, a-t-il noté.
En arrivant en Irlande du Nord, le président français s’était montré plus mordant à l’égard de Moscou, se défendant toutefois de vouloir mettre la Russie "à l’index".
"Comment peut-on admettre que la Russie continue de livrer des armes au régime de Bashar al-Assad alors que l’opposition n’en reçoit que très peu et est aujourd’hui massacrée ?", s’était-il interrogé. "Comment peut-on admettre qu’il y ait maintenant des preuves qu’il y a eu des armes chimiques sans qu’il y ait une condamnation unanime de la communauté internationale et du G8 ?".
Le chef de l’Etat français a précisé s’être rendu en Irlande du Nord avec pour ambition de "faire comprendre" à Vladimir Poutine que "dans l’intérêt de la région, de la paix du monde, il doit y avoir cette conférence (de paix) de Genève pour trouver une issue politique" au conflit.
Washington et Moscou tentent de mettre sur pied Genève-2 afin d’engager des négociations entre les belligérants syriens, mais son organisation reste encore hypothétique compte tenu de désaccords, en particulier sur la présence des Iraniens à la table des négociations.
"Le plus tôt serait le mieux", a insisté M. Hollande, alors que la conférence Genève-2, initialement prévue pour juin, se déroulera au mieux en juillet.
Tout juste, MM. Poutine et Hollande se sont-ils entendus au cours d’un entretien qualifié de "cordial, sérieux et franc" par la partie française, sur "la nécessaire mobilisation pour faire aboutir le processus de Genève, pour une transition politique en Syrie et la fin des violences".
Mais les positions des deux pays sont connues et semblent irréconciliables. Moscou met en doute les "preuves" de l’utilisation d’armes chimique par le régime de Damas évoquées par les Occidentaux et s’oppose fermement au départ du président syrien Bashar al-Assad.
Quant à la participation de Téhéran à Genève-2, que la Russie souhaite et que plusieurs pays occidentaux refusent, elle dépend désormais de l’attitude du président iranien nouvellement élu Hassan Rohani, considéré comme un religieux modéré, relève-t-on de source française.
M. Hollande devrait avoir l’occasion d’échanger avec son homologue américain Barack Obama ses impressions sur les positions de M. Poutine au cours d’une rencontre bilatérale envisagée pour mardi après-midi, juste après la clôture officielle du G8.

(17-06-2013)

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