dimanche 30 juin 2013

Syrie : au moins 4 morts dans un attentat suicide à Damas

Au moins quatre personnes ont péri dans un attentat suicide qui a frappé jeudi un quartier chrétien de Damas, nouvel épisode sanglant d’une guerre civile dans laquelle le fossé entre besoins humanitaires et aide distribuée ne cesse de s’accroître, selon la Croix-Rouge.
La télévision d’Etat a affirmé que l’attentat s’était produit dans le quartier de Bab Tuma, dans la vieille ville de Damas, tandis que l’agence officielle Sana a indiqué qu’il avait frappé le quartier contigu de Bab Charqi.
Après cette attaque qui a eu lieu à proximité de l’église mariamite et des locaux de l’association caritative Al-Ihsan, la police a fermé la rue commerçante allant de la place de Bab Tuma à Bab Charqi, ont indiqué des passants à l’AFP.
Un vidéaste de l’AFP sur place a vu un cadavre allongé sur la chaussée, ainsi que deux magasins partiellement démolis.
La télévision officielle d’information en continu al-Ikhbariya a montré le corps d’un homme, le présentant comme "celui qui s’est fait exploser et qui a eu les pieds amputés". Elle a également diffusé des images montrant des restes humains qui pendaient d’un arbre.
En octobre, un attentat devant un commissariat de Bab Tuma avait fait 13 morts.
A quelques centaines de mètres du lieu de l’attentat, "deux obus de mortier sont tombés dans le vieux-Damas près de la rue al-Amine sans faire de victimes", a ensuite rapporté l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
Cette ONG basée en Grande-Bretagne et qui s’appuie sur un important réseau de militants et de sources médicales civiles et militaires a indiqué mercredi que le nombre de morts depuis le début en mars 2011 du soulèvement contre le régime en Syrie avait franchi la barre symbolique des 100 000.
Cette annonce est intervenue au moment où les Etats-Unis, pourtant à l’origine, avec les Russes, de ce projet, ont dit douter de la tenue prochaine d’une conférence de paix internationale sur la Syrie.
Alors qu’une solution politique semble de plus en plus éloignée, le fossé entre les besoins de la population syrienne et l’aide distribuée ne cesse de s’accroître, a déploré le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Peter Maurer.
Le CICR table désormais sur "un conflit prolongé" en Syrie, devenue sa première opération en termes de dépenses, où il y a désormais "un décalage énorme entre la capacité à répondre (...) et la vitesse croissante avec laquelle les besoins augmentent", selon M. Maurer.
Le conflit a poussé un quart des 23 millions de Syriens à quitter leur foyer, selon l’ONU. Plus de quatre millions sont déplacés dans leur pays, tandis que plus d’un 1,6 million, dont plus de 800 000 enfants, ont trouvé refuge au Liban, en Jordanie et en Turquie.
En l’absence d’issue diplomatique, les rebelles réclament à cors et à cris des armes lourdes pour venir à bout du régime de Bachar al-Assad, une demande à laquelle les pays "Amis de la Syrie" ont répondu en promettant "une aide urgente en matériel et en équipements" afin de redonner l’avantage aux rebelles sur le terrain.
Ils ont précisé que chaque pays aiderait la rébellion "à sa manière", contournant ainsi l’épineuse question de l’aide militaire directe que plusieurs pays occidentaux refusent de fournir.
La chancelière Angela Merkel a d’ailleurs exprimé jeudi sa "compréhension" concernant les livraisons d’armes aux rebelles envisagées par les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni. Mais elle a précisé que "l’Allemagne ne livre pas d’armes dans des régions en guerre civile pour des raisons juridiques" et donc n’en livrera "pas non plus en Syrie".
Autre inquiétude à l’étranger : l’arsenal chimique de Damas. Le ministre turc des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu rencontrait d’ailleurs jeudi à huis clos l’expert des Nations unies en charge de l’enquête sur l’utilisation de telles armes, le Suédois Ake Sellstrom, dont l’équipe n’a pu jusque-là entrer en Syrie.
La Grande-Bretagne, la France et les Etats-Unis affirment détenir des preuves de l’utilisation d’armes chimiques par les troupes de Assad.

(27-06-2013)

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire