Dans les rues de Damas, l’accord sur le démantèlement de l’arsenal
chimique syrien a provoqué un soulagement mais a surtout fait naître
l’espoir que l’entente américano-russe perdurera pour mettre fin à la
guerre dévastatrice en Syrie.
"Nous avons désormais plus d’espoir après cet accord. Peut-être que nous
pourrons en finir avec le terrorisme et les troubles dont nous ne
sommes pas responsables", lance Mouna Ibo depuis son salon de beauté
dans le quartier chic d’Abu Rummané.
Elle raconte avoir ouvert son salon, "Beautiful World", "il y a un mois
et demi", malgré la guerre qui ravage le pays et a fait depuis deux ans
et demi plus de 110 000 morts, selon une ONG syrienne. "Je souhaite que
la Syrie se redresse et que nous puissions travailler et continuer à
exister", ajoute l’esthéticienne.
Sur la terrasse du café voisin, Azem, 40 ans, est attablé avec sa femme
et ses deux fils. "Nous prions Dieu pour que notre problème trouve une
solution et cet accord(russo-américain) est une bonne chose".
"Le président (russe Vladimir) Poutine refait de son pays un grand pays
qui domine à nouveau le monde", estime-t-il. Cet employé de banque veut
croire que "l’accord marchera car les Syriens meurent et souffrent
tandis que l’économie est dans un piètre état".
Les Etats-Unis, qui appuient la rébellion syrienne, et la Russie, pays
allié du régime Assad, ont réussi samedi à conclure un accord sur le
démantèlement de l’arsenal chimique syrien, avec la possibilité de
mesures contraignantes.
Cet accord à éloigné la menace de frappes envisagées par Washington pour
"punir" le régime Assad, accusé d’avoir utilisé des armes chimiques
dans une attaque le 21 août près de Damas qui a fait des centaines de
morts.
Le pouvoir syrien n’a toujours pas réagi à la conclusion de cet accord.
L’Armée syrienne libre, la principale composante de la rébellion au
régime de Bashar al-Assad, a dénoncé l’accord qui selon elle "néglige"
le peuple et "ne fait aucune mention du criminel".
Dans la discothèque d’un hôtel, Wassim al-Sharif, 36 ans, est venu avec
des amis danser la Salsa pour se changer les idées. "C’est une bonne
solution pour le pays", dit-il. "Nous vivions en paix jusqu’à la crise,
j’habitais le camp palestinien de Yarmouk qui est complètement détruit.
Ma famille est éparpillée dans la ville et moi je vis à l’hôtel. C’est
vraiment horrible alors il ne reste plus que l’espoir", confie ce
conseiller juridique au gouvernorat de Damas.
Pour Fouad, un ingénieur de 60 ans, même si "cet accord n’a pas d’impact
sur l’évolution (de la guerre) en Syrie", il souhaite "que Russes et
Américains se mettent d’accord aussi sur une solution de la crise". "Il
s’agit d’un accord international pour protéger les pays voisins des
armes de destruction massive, et le premier bénéficiaire c’est Israël.
Il faut que d’autres le complète comme par exemple Genève 2",
souligne-t-il, en allusion à la conférence de paix que cherchent à
organiser les deux grandes puissances.
Dans le jardin al-Jaël, en plein centre ville, Zoura, une directrice
dans une compagnie d’assurances qui promène ses deux chiens est
circonspecte. "C’est possible que cet accord soit une nouvel espoir,
mais moi je ne fais aucune confiance aux Américains".
Lancé le 19 décembre 2011, "Si Proche Orient" est un blog d'information internationale. Sa mission est de couvrir l’actualité du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord avec un certain regard et de véhiculer partout dans le monde un point de vue pouvant amener au débat. "Si Proche Orient" porte sur l’actualité internationale de cette région un regard fait de diversité des opinions, de débats contradictoires et de confrontation des points de vue.Il propose un décryptage approfondi de l’actualité .
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