Les nouvelles en provenance de la ville sainte occupée, capitale de
la Palestine, se succèdent et n’annoncent qu’un surplus de judaïsation,
d’invasions, de mort lente des Palestiniens, de profanations des lieux
saints et d’une arrogance coloniale sioniste extrême, dans un climat
d’insouciance totale de la part des peuples et régimes arabes et
musulmans.
Les Maqdisis lancent des cris d’alarme, appellent l’humanité encore
honnête à réagir, à protester et arrêter la main des criminels
sionistes. Plusieurs articles du secrétaire du conseil islamo-chrétien
pour le secours à al-Quds et aux lieux saints, M. Hanna Issa, ont
récemment été publiés, pour décrire la situation catastrophique de la
population maqdisie, qui résiste malgré tout. Dans un communiqué récent,
M. Issa met en garde contre le danger qui menace al-Quds et les
maqdisis, avec la décision d’organiser une manifestation rassemblant un
million de juifs dans les rues de la ville, le 24 septembre prochain.
Pour M. Issa, « c’est un appel clair des autorités de l’occupation pour
judaïser la ville d’al-Quds », qui souligne par ailleurs que le plan du
partage de la mosquée d’al-Aqsa est en cours.
Ci-joint un résumé des articles les plus récents de M. Hanna Issa.
La colonisation dans al-Quds (par Hanna Issa)
Depuis la fondation de l’Etat d’Israël, les gouvernements successifs
suivent systématiquement le même plan global consistant à judaïser la
ville occupée d’al-Quds. Ce plan s’appuie sur la colonisation, sous
toutes ses formes, la confiscation des terres et des maisons arabes qui
sont livrées au colons, augmentation du nombre de colons et extrémistes
juifs dans la ville sainte, tout cela au dépend de la terre arabe
palestinienne et des maqdisis.
Pour réaliser ce plan et exercer son pouvoir total sur la ville occupée,
l’Etat de l’occupation a étendu les limites de la ville, à l’est et au
nord, en y intégrant la colonie Maale Adomim, en tant que principale
colonie située à l’est, en plus d’autres colonies, ce qui sert à
augmenter le nombre de colons dans la ville et à réduire le nombre des
Palestiniens. Le nombre de colons dans la partie Est de la ville est de
300.000 colons.
Les autorités de l’occupation élargissent sans cesse les colonies et
invitent les colons à y habiter, au moment où la municipalité de
l’occupation démolit toute maison palestinienne construite sans permis,
alors que les colons construisent des logements de manière anarchique
sur toute parcelle de terre qu’ils parviennent à arracher aux
Palestiniens ; Pour encercler les Palestiniens et leur interdire de
construire, la municipalité de l’occupation avait réservé des terrains
pour les « espaces verts ». Or ces « espaces » ne sont que des réserves
stratégiques en vue de la colonisation, puisqu’aujourd’hui, l’occupation
les livre aux colonies.
Selon les récentes données, il y a 29 colonies sionistes dans al-Quds, dont 14 dans la partie annexée.
L’occupation poursuit une politique systématique de confiscation des
terres possédées par les Palestiniens pour élargir ses colonies. En
2004, plus de 2000 dunums de terrains ont été confisquées du village
al-Walaja, au sud d’al-Quds, pour construire 5000 unités de logement
pour les colonies. Un nouveau plan de colonisation vise les terres de
Beit Iqsa, au nord-ouest de la ville, avec la menace d’expropriation de
14 mille dunums pour construire une nouvelle colonie.
De plus, l’occupant procède à l’expulsion des Palestiniens de la ville
d’al-Quds, en utilisant plusieurs moyens pour réduire leur nombre et
augmenter celui des colons. Shimon Pérès avait déclaré la nécessité
d’expulser 240.000 citoyens Palestiniens de la ville sainte. Le plan dit
de développement de la ville d’al-Quds signifie en réalité la
destruction de 68 maisons palestiniennes et l’expulsion de 200 familles
dans le quartier al-Bustan dans Silwan.
Le projet colonial le plus dangereux : E1
Ce projet est le plus dangereux des projets de colonisation visant la
ville d’al-Quds et sa liaison avec la Cisjordanie occupée. Le
gouvernement de l’occupation l’a adopté en 1999. Il est situé au nord de
la colonie Maale Adomim, et assure la liaison entre cette colonie et la
ville d’al-Quds. Il prive la ville d’al-Quds de son environnement
palestinien comme il divise la Cisjordanie en deux parties, le nord et
le sud. Le plan E1 s’étend sur 12.000 dunums des terres d’al-Quds et de
la Cisjordanie. Le nombre de colons vivant dans ce complexe colonial est
de 41700 colons, et Maale Adomim comprend déjà 36.000 colons, elle
s’étend sur 50 kms2, ce qui équivaut à la superficie du « territoire »
de Tel Aviv.
Conséquences de la colonisation dans la ville d’al-Quds :
l’expropriation de milliers de dunums de terres appartenant aux villages
palestiniens, encerclement des agglomérations palestiniennes et
l’empêchement à leur extension, verticalement et horizontalement, menace
de disparation de plusieurs villages et agglomérations palestiniennes,
la ville d’al-Quds vit sous la terreur et la crainte, à cause des
agressions continues des colons armés et protégés par les forces de la
police de l’occupation, la ville d’al-Quds est isolée de son
environnement palestinien, au nord, au sud et à l’est, la Cisjordanie
est morcelée par les colonies, le paysage et le patrimoine architectural
palestiniens sont entièrement défigurés, alors qu’ils plongent leurs
racines millénaires au plus profond de l’histoire.
L’économie d’al-Quds encerclée et entravée
Alors que la ville d’al-Quds était le point de rencontre des populations
de la région et qu’elle a représenté un centre économique et social
incontournable, et accueillait les pélerins musulmans et chrétiens,
l’occupation de la ville en 1967 (partie Est) et la politique de
l’occupation qui a suivi, les différents plans de judaïsation et de
destruction de son patrimoine, les entraves à y accéder, le vol, la
falsification, la destruction et la colonisation, ont tout modifié.
L’occupation israélienne a détruit sa civilisation et dévasté sa
vitalité.
La ville, depuis son occupation, affronte de nombreux problèmes et
divers défis, le premier étant son annexion et l’application de la loi
israélienne, la fermeture des tribunaux et des banques arabes,
l’imposition des programmes scolaires israéliens, l’application de la
loi sur « les biens des absents » (qui consiste à déposséder les
Palestiniens de leurs biens, légalement), la judaïsation de la ville en
réduisant le nombre des Palestiniens, ce qui signifie modifier
l’équilibre démographique au profit des juifs.
L’occupant a étendu la pratique de la démolition des maisons des
Maqdisis, mais aussi des ateliers et des usines, il a retiré les cartes
d’identité et fixé des barrages pour isoler les quartiers palestiniens
les uns des autres.
Le rôle économique de la ville s’est nettement détérioré depuis
l’occupation, les différents secteurs économiques vivent des crises
incessantes. Le blocus et la fermeture de la ville imposés depuis des
dizaines d’années ont entraîné une régression du commerce et la faillite
de nombreux ateliers, la fermeture de centaines de commerces, l’exil de
nombreuses institutions économiques hors de la ville, vers Ramallah et
Bethlehem.
L’investissement privé dans la ville d’al-Quds est faible, à cause des
lourds impôts collectés par l’occupant, obstacle au démarrage d’une
économie palestinienne dans la ville, sans oublier le mur construit qui
sépare la Cisjordanie d’al-Quds, qui contribue à rattacher l’économie
palestinienne à celle de l’occupant, pour obliger les Palestiniens à
quitter la ville. La politique de l’occupation a consisté à couper les
liens économiques entre al-Quds et la Cisjordanie et Gaza, en
interdisant les produits en provenance de ces régions d’entrer dans
al-Quds.
Le secteur du tourisme a été asphyxié, le secteur commercial a été
interdit de travailler avec son environnement, ce qui a durement frappé
la structure sociale, politique et économique de la ville. Les
entreprises économiques qui n’ont pas quitté la ville ont été obligées
de s’inscrire en tant qu’entreprises israéliennes, pour poursuivre leurs
activités économiques.
Le mur de l’annexion et de la séparation est le facteur le plus
important ayant pesé négativement sur l’économie de la ville d’al-Quds.
Le récent rapport de l’organisme de l’ONU, UNCTAD, mentionne que
l’économie maqdisie représentait 15% de l’économie palestinienne aux
lendemains des accords d’Oslo en 1993, elle ne représente à présent que
7%. Le rapport signale un appauvrissement de la population, un recul des
secteurs industriel et des services, et de nombreuses entraves à
l’investissement.
L’Etat de l’occupation poursuit l’asphyxie d’al-Quds
Derrière les murs de l’ancienne ville, ils prennent racine, comme les
oliviers. Ils souffrent des calamités de l’occupation, ils se tiennent
debout, la poitrine exposée à l’appareil militaire de l’occupation et à
ses plans, pour préserver l’arabité de la ville historique d’al-Quds,
pour la protéger du cancer de la colonisation et de la judaïsation, pour
que le sang arabe puisse continuer à couler dans ses quartiers et ses
ruelles.
Pour al-Quds, pour la protéger, il est nécessaire de la soutenir et de
l’aider, et non les abandonner à leur résistance, ils sont les
ambassadeurs de l’arabité islamo-chrétienne.
Depuis 1967, l’Etat de l’occupation poursuit l’asphyxie de la ville, par
tous les moyens, au point que leur vie est devenue impossible. Les
projets de judaïsation et les plans talmudiques se suivent les uns les
autres, et atteignent tous les aspects de la vie des maqdisis qui vivent
à présent dans une grande prison, où les forces de l’occupation
exercent toutes formes de torture et d’oppression.
Pour concrétiser le projet sioniste consistant à faire de la ville
d’al-Quds la capitale « éternelle » de l’Etat d’Israël et du peuple
juif, les autorités de l’occupation ont promulgué des lois qui servent
la judaïsation de la ville et expulsent sa population. Elles ont imposé
de lourds impôts, se sont emparées des maisons et des magasins, elles
ont promulgué des lois racistes pour empêcher la réunification des
familles, et elles confisquent les cartes d’identité, et négligent
l’enseignement, la santé et le logement des maqdisis.
Dans les maisons arabes d’al-Quds, ce sont à présent des familles juives
qui y vivent, après que ses habitants ont été expulsés. Quant aux lieux
saints, islamiques et chrétiens, ils lancent des cris d’alarme et se
lamentent du fait de leur profanation et destruction. La mosquée bénie
d’al-Aqsa est à présent interdite aux musulmans, mais envahie
régulièrement par les groupes de colons, qui la profanent et la
menacent. Quant à l’Eglise du St Sépulcre, elle a hâte de retrouver les
fidèles qui se tiennent aux limites d’al-Quds, mais qui ne peuvent y
entrer, car cela ne leur est pas permis. La terre d’al-Quds est
morcelée, et les jardins talmudiques se multiplient sur les terres
confisquées.
Les moyens utilisés par l’occupant pour expulser les maqdisis
Refus de délivrer des permis de construire, ce qui a pour conséquence
la démolition des maisons et l’obligation des maqdisis à s’en aller
ailleurs.
Imposer de lourds impôts sur les commerçants, les artisans et les habitants, pour les pousser à quitter leur ville.
La loi relative à la nationalité, qui prive les Palestiniens ayant
une carte d’al-Quds et mariés à des Palestiniens vivant dans les
territoires occupés en 1967 en Cisjordanie et à Gaza, de leur obtenir
des cartes d’al-Quds (l’occupation délivre des cartes spécifiques aux
maqdisis).
Le mur de l’isolement et de la séparation, qui a transformé une
grande partie de la ville en « cantons » isolés les uns des autres,
reliés et dépendant de l’occupation. Ce ne sont plus que des
agglomérations palestiniennes éparses, non reliées. Par ce mur, les
occupants interdisent aux fidèles de venir prier dans al-Quds.
Pour soutenir la ville d’al-Quds et aider les Maqdisis, il y a plusieurs moyens :
Le soutien matériel aux maqdisis.
Le soutien au secteur de l’habitation.
Le soutien aux secteurs de la santé et de l’éducation.
Le boycott des produits de l’occupation.
Conscientation des médias, informer l’opinion publique.
Apprendre la configuration et la carte authentique de la Palestine et de
la ville d’al-Quds, la falsification de l’histoire et de la géographie
étant les principaux outils de la judaïsation.
(Septembre, 2013 - "Baladi")
Lancé le 19 décembre 2011, "Si Proche Orient" est un blog d'information internationale. Sa mission est de couvrir l’actualité du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord avec un certain regard et de véhiculer partout dans le monde un point de vue pouvant amener au débat. "Si Proche Orient" porte sur l’actualité internationale de cette région un regard fait de diversité des opinions, de débats contradictoires et de confrontation des points de vue.Il propose un décryptage approfondi de l’actualité .
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