Les diplomates de l’ONU ont "pesé chaque mot" du rapport que Ban Ki-moon
doit remettre lundi à 11 h 15 (17 h 15 heure française) au Conseil de
sécurité sur l’utilisation d’armes chimiques en Syrie qui pourrait
renforcer la pression sur le président Bashar el-Assad. Le secrétaire
général des Nations unies a affirmé vendredi que le rapport des experts
de l’ONU allait "conclure de manière accablante" à l’utilisation d’armes
chimiques dans l’attaque du 21 août dans la banlieue de Damas qui a
fait, selon Washington, 1 400 morts, sans en attribuer directement la
responsabilité au régime syrien.
En effet, le mandat des experts de l’ONU ne prévoit pas la désignation
d’un coupable, identifié par les puissances occidentales comme étant le
régime de Bashar el-Assad. Mais des diplomates affirment que les détails
compilés dans le rapport vont clairement identifier les responsables et
que les soutiens du président syrien vont devoir apporter la preuve de
leur innocence. "La Russie, les Américains, tous les camps, ont exercé
une pression sur ce rapport", a confié un responsable de l’ONU,
s’exprimant sous couvert de l’anonymat. "Le bureau de Ban Ki-moon a pesé
chaque mot. Le message doit montrer combien l’attaque a été sérieuse,
mais il doit également soutenir l’initiative russo-américaine".
L’accord de Genève annoncé samedi entre les Russes et les Américains sur
l’arsenal chimique de Damas doit être traduit dès la semaine prochaine
dans une résolution aux Nations unies et il est certain que le rapport
des inspecteurs de l’ONU va peser sur cette résolution. Après cet
accord, auquel elle n’a pas été associée, la France va tenter
d’entraîner ses partenaires de l’ONU vers l’adoption d’une résolution
forte, que le président François Hollande espère voir adoptée avant la
fin de la semaine.
L’accord de Genève est "une étape importante, mais ce n’est pas le point
d’arrivée", a relevé dimanche à la chaîne de télévision TF1 le
président français pour qui "l’option militaire doit demeurer, sinon il
n’y aura pas de contrainte". Le 21 août, des inspecteurs de l’ONU se
trouvaient en Syrie pour enquêter sur les allégations d’une attaque
chimique le 19 mars près d’Alep et sur deux autres lieux restés secrets.
Mais l’équipe, menée par le Suédois Ake Sellström, n’a pu arriver que
le 28 avril dans la Ghuta orientale, une banlieue de Damas aux mains
des rebelles, où s’est produite l’attaque chimique du 21 août.
Sur place, les inspecteurs "ont recueilli quantité d’éléments - des
prélèvements, des entretiens avec des témoins - et à partir de cela ils
pourront reconstituer un récit des événements fondé sur des faits, qui
permettra d’éclairer les faits les plus marquants du 21 août", avait
déclaré un porte-parole de l’ONU le 29 août. Les échantillons de
cheveux, d’urine, de sang et de terre ont été analysés dans des
laboratoires en Finlande, Suède, Allemagne et Suisse, selon l’ONU.
"La commission a eu accès à un nombre très important de preuves", selon
un diplomate du Conseil de sécurité, qui parle sous le couvert de
l’anonymat. "Quiconque lira ce rapport pourra deviner qui a mené
[l’attaque]." "Ce n’est pas ce qui compte maintenant", ajoute un autre
diplomate. "Ce qui compte maintenant ce sont les négociations pour une
résolution de l’ONU sur l’accord de Genève". Le rapport des inspecteurs
devrait être déterminant dans la résolution qui doit concrétiser
l’accord américano-russe. Reste maintenant au Conseil de sécurité à
s’entendre sur la délicate question du chapitre VII de la Charte des
Nations unies qui prévoit, en dernier ressort, l’usage de la force
contre un État qui viole ses obligations internationales.
La Russie, qui s’est systématiquement opposée aux précédentes tentatives
de résolution sur la Syrie, a fait savoir qu’elle ne voterait pas un
texte prévoyant une intervention armée. Les Occidentaux, eux, refusent
l’impunité au régime syrien.
Lancé le 19 décembre 2011, "Si Proche Orient" est un blog d'information internationale. Sa mission est de couvrir l’actualité du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord avec un certain regard et de véhiculer partout dans le monde un point de vue pouvant amener au débat. "Si Proche Orient" porte sur l’actualité internationale de cette région un regard fait de diversité des opinions, de débats contradictoires et de confrontation des points de vue.Il propose un décryptage approfondi de l’actualité .
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