Une intervention militaire dans un pays tiers ne peut être légale
qu’avec l’autorisation du Conseil de sécurité des Nations unies, sauf en
cas de légitime défense, a déclaré mardi Ban Ki-moon, qui semble ainsi
mettre en doute par avance la légalité d’éventuelles frappes américaines
en Syrie.
Les Etats-Unis envisagent de frapper la Syrie car ils accusent le régime
de Bashar al Assad d’un bombardement meurtrier à l’arme chimique le 21
août en périphérie de Damas.
"L’usage de la force est légal uniquement en cas de légitime défense
conformément à l’article 51 de la charte des Nations unies et/ou lorsque
le Conseil de sécurité approuve une telle action", a dit Ban Ki-moon
devant la presse.
"C’est un principe ferme des Nations unies", a ajouté le secrétaire général de l’Onu.
Le président américain Barack Obama a déclaré samedi qu’il n’était "pas
inquiet à l’idée d’agir sans l’approbation du Conseil de sécurité des
Nations unies qui a été jusqu’à présent totalement paralysé et
impuissant à tenir Assad responsable de ses actes".
La Russie, appuyée par la Chine, a bloqué à trois reprises au Conseil de
sécurité des projets de résolution condamnant le régime syrien et le
menaçant de sanctions.
"Je prends note de l’argument en faveur d’une action visant à prévenir
l’usage d’armes chimiques", a-t-il dit. "Dans le même, nous devons
envisager l’impact d’une mesure punitive sur les efforts visant à
prévenir un nouveau bain de sang et à faciliter une résolution politique
du conflit.
"Le chaos en Syrie et dans la région ne sert à personne", a-t-il
poursuivi. "J’appelle à de nouveaux efforts de la part des acteurs
régionaux et internationaux pour réunir la conférence de Genève dès que
possible".
Les Etats-Unis et la Russie avaient annoncé en mai leur intention
d’organiser une conférence sur la paix en Syrie afin de relancer le plan
mis au point en juin 2012 et resté pour lettre morte.
Mais ni le gouvernement syrien, ni les rebelles n’ont voulu négocier et le projet d’une nouvelle conférence est apparu mort-né.
"Le Conseil de sécurité a le devoir d’aller au-delà de l’actuelle
impasse et montrer son autorité", a dit Ban. "Il s’agit d’une question
plus large que le conflit en Syrie. Il s’agit de notre responsabilité à
l’égard de l’humanité".
Pour Ban Ki-moon, si les inspecteurs de l’Onu qui se sont rendus en
Syrie confirment l’utilisation d’armes chimiques dans le conflit, le
Conseil de sécurité de l’Onu devrait surmonter ses divisions et agir.
"Si elle était confirmée, toute utilisation d’armes chimiques par
quelque partie et quelles que soient les circonstances constituera une
grave violation du droit international et un crime de guerre atroce",
a-t-il dit.
"Quel que soit l’auteur, il doit être traduit en justice. Il ne saurait y
avoir aucune impunité", a ajouté le secrétaire général de l’Onu.
Ban Ki-moon a aussi exprimé ses doutes sur l’efficacité d’une éventuelle intervention militaire en Syrie.
"Je prends note de l’argument selon lequel une action empêcherait
l’utilisation d’armes chimiques à l’avenir", a-t-il dit. "Dans le même
temps, nous devons réfléchir aux conséquences de toute mesure punitive
sur les efforts destinés à empêcher la poursuite du bain de sang et à
faciliter une résolution politique du conflit."
Lancé le 19 décembre 2011, "Si Proche Orient" est un blog d'information internationale. Sa mission est de couvrir l’actualité du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord avec un certain regard et de véhiculer partout dans le monde un point de vue pouvant amener au débat. "Si Proche Orient" porte sur l’actualité internationale de cette région un regard fait de diversité des opinions, de débats contradictoires et de confrontation des points de vue.Il propose un décryptage approfondi de l’actualité .
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