L’ONU a annoncé jeudi avoir reçu une demande d’adhésion de la Syrie à la
convention de 1993 sur l’interdiction des armes chimiques.
Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon s’est félicité de cette
initiative et a "exprimé l’espoir que les discussions en cours à Genève
(entre Russes et Américains sur le démantèlement de l"arsenal chimique
syrien) conduisent rapidement à un accord". Dans sa lettre adressée à
l’ONU, le gouvernement syrien "a exprimé son engagement à respecter les
obligations de la Convention avant même que celle-ci prenne effet en
Syrie", a ajouté M. Ban dans un communiqué.
L’ambassadeur syrien à l’ONU Bachar Jaafari a affirmé qu’avec cette
démarche la Syrie était désormais "légalement" liée par la Convention.
"Il y a quelques heures, nous avons reçu un document d’adhésion de la
part du gouvernement syrien concernant la convention sur les armes
chimiques et nous l’étudions", avait déclaré auparavant un porte-parole
de l’ONU, Farhan Haq.
Il a précisé que l’adhésion à un traité déjà signé par d’autres pays
requiert "certaines procédures" qui prendront "quelques jours". "Il faut
un délai de quelques jours avant qu’un pays puisse se joindre
formellement" à une convention, a-t-il précisé. L’adhésion "est une
première étape".
Le même porte-parole a précisé ensuite à l’AFP ne pas être en mesure de
confirmer que la démarche syrienne avait été acceptée par l’ONU, qui est
garant de la Convention de 1993.
Dans un entretien avec un média russe, le président syrien Bashar
al-Assad avait indiqué jeudi que la Syrie allait "envoyer un message à
l’ONU et à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques, dans
lequel figureront les documents techniques nécessaires pour signer
l’accord".
La Convention sur l’interdiction des armes chimiques (CIAC), signée le
13 janvier 1993 à Paris et entrée en vigueur le 29 avril 1997, interdit
la fabrication, le stockage et l’utilisation d’armes chimiques et
interdit aux signataires d’aider un pays tiers à s’engager dans la
fabrication ou l’utilisation de ces armements. Son application,
notamment la destruction des stocks, est supervisée par l’Organisation
pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), basée à La Haye
(Pays-Bas)
Selon les procédures appliquée par l’ONU pour les traités, l’adhésion a
le même effet juridique que la ratification et se produit en général
quand le traité est déjà entré en vigueur. La Syrie n’a jamais signé la
Convention de 1993 mais a signé le Protocole de Genève de 1925 qui
interdit l’utilisation d’armes chimiques. Plusieurs autres pays n’ont
pas signé la convention dont la Corée du Nord, Israel et l’Egypte.
Bachar Jaafari a affirmé qu’avec ce document d’adhésion, son pays était
désormais "légalement" partie à la Convention et qu’"un chapitre de
cette affaire des armes chimiques devrait prendre fin".
Il a fait valoir que la Syrie avait amassé un arsenal chimique comme "un
simple moyen de dissuasion contre l’arsenal nucléaire israélien".
Israël est considéré par les experts comme une puissance nucléaire mais
n’a jamais reconnu officiellement détenir la bombe atomique.
L’ambassadeur syrien a dit s’attendre à ce que le rapport des experts de
l’ONU sur les armes chimiques en Syrie soit remis à Ban Ki-moon au
début de la semaine prochaine. "Nous n’avons rien à cacher", a-t-il
affirmé. Mais il a ajouté que la Syrie ne voulait pas d’un rapport
"partial, politisé ou manipulé".
Une porte-parole de la mission américaine à l’ONU Etin Pelton, a déclaré
que la démarche syrienne dévait s’accompagner "pour être crédible de
mesures immédiates pour révéler, metter à disposition et éliminer
l’arsenal chimique syrien sous contrôle international". La communauté
internationale doit s’assurer que "le non respect par la Syrie (de ses
obligations) entraine des conséquences".
Lancé le 19 décembre 2011, "Si Proche Orient" est un blog d'information internationale. Sa mission est de couvrir l’actualité du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord avec un certain regard et de véhiculer partout dans le monde un point de vue pouvant amener au débat. "Si Proche Orient" porte sur l’actualité internationale de cette région un regard fait de diversité des opinions, de débats contradictoires et de confrontation des points de vue.Il propose un décryptage approfondi de l’actualité .
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