Le coût de possibles frappes militaires en Syrie ne devrait "pas être
extraordinaire", a estimé jeudi le chef de la marine américaine, qui a
toutefois rappelé qu’un seul missile de croisière Tomahawk coûtait "1,5
million de dollars". "Les chiffres ne sont pas extraordinaires à ce
stade", a déclaré l’amiral Jonathan Greenert, chef d’état-major de l’US
Navy, lors d’une intervention devant l’American Enterprise Institute, un
groupe de réflexion conservateur de Washington. Interrogé la veille
lors d’une audition devant la Chambre des représentants, le secrétaire
américain à la Défense, Chuck Hagel, avait évoqué un coût de "plusieurs
dizaines de millions de dollars".
La plupart des navires lance-missiles dans la zone "étaient là-bas de
toute façon" dans le cadre de leur déploiement habituel, a expliqué
l’amiral Greenert, mettant à part le cas du porte-avions Nimitz et des
trois destroyers et du croiseur qui constituent son escorte. Ce groupe
aéronaval qui devait rentrer aux États-Unis à l’issue d’un déploiement
dans la région du Golfe, a été redirigé vers la mer Rouge. Le coût
hebdomadaire d’un destroyer en déploiement est de 7 millions de dollars,
celui d’un groupe aérien (les quelque 80 appareils que compte un
porte-avions) est de 25 millions de dollars pour des "opérations de
routine", de 40 millions en cas d’opération soutenues.
Hormis l’éventuel recours à des frappes effectuées à l’aide de
bombardiers furtifs B-2, le coût de frappes devrait donc essentiellement
dépendre du nombre de missiles Tomahawk tirés par l’US Navy. Ces
missiles ont déjà été payés, il faudrait en revanche que la marine les
remplace à l’avenir s’ils étaient lancés. Pour le seul premier jour de
l’intervention en Libye, 110 Tomahawks avaient été tirés. La
participation américaine à l’opération avait coûté au total un milliard
de dollars.
Gordon Adams, spécialiste du budget de la défense, estime pour sa part
dans Foreign Policy que le "surcoût" lié à des frappes en Syrie,
notamment les primes pour les militaires impliqués ou la consommation de
carburant, serait au maximum de "100 à 200 millions de dollars". Ces
chiffres ne prennent toutefois pas en compte le coût de remplacement des
Tomahawks tirés.
Lancé le 19 décembre 2011, "Si Proche Orient" est un blog d'information internationale. Sa mission est de couvrir l’actualité du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord avec un certain regard et de véhiculer partout dans le monde un point de vue pouvant amener au débat. "Si Proche Orient" porte sur l’actualité internationale de cette région un regard fait de diversité des opinions, de débats contradictoires et de confrontation des points de vue.Il propose un décryptage approfondi de l’actualité .
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