Un vote du Parlement français sur le conflit syrien est une éventualité
mais pas dans l’immédiat, a déclaré mercredi le ministre français des
Affaires étrangères.
"Un vote aujourd’hui n’aurait pas de sens tant que tous les éléments ne sont pas réunis", a déclaré sur France Info Laurent Fabius, quelques heures avant un débat sans vote au Parlement.
Parmi ces éléments figure le vote, attendu la semaine prochaine, du
Congrès américain. S’il était négatif, la France ne frapperait pas seule
la Syrie, a déclaré le chef de la diplomatie française, confirmant la
position affichée mardi par François Hollande.
"Cela a été dit clairement par le président de la République, nous
sommes dans une coalition que nous essayons d’élargir", a dit Laurent
Fabius.
"Les Etats-Unis sont un élément important, non que nous soyons à la
remorque des Etats-Unis mais du point de vue militaire, du point de vue
de la construction, il est nécessaire d’avoir aussi l’appui des
Etats-Unis et donc si les Etats-Unis (...) faisaient défaut, ce type
d’action ne serait pas possible et donc il faudrait reprendre la
question syrienne d’une autre façon", a-t-il ajouté.
En ce qui concerne un vote du Parlement français, la question pourrait se poser, a dit Laurent Fabius.
"Au moment où le président de la République française aura en mains tous
les éléments de la décision (...), il prendra sa décision, il
s’adressera aux Français et la question (d’un vote au Parlement), il
devra la trancher", a dit mercredi Laurent Fabius.
"Ca reste ouvert. Ce n’est pas exigé par la Constitution (...) mais oui, c’est une possibilité", a-t-il ajouté.
Près de trois Français sur quatre souhaitent que le Parlement se
prononce par un vote avant une éventuelle intervention militaire en
Syrie, selon un sondage CSA diffusé mardi par BFMTV.
Jean-François Copé, qui avait approuvé la semaine dernière la posture de
François Hollande, demande maintenant d’attendre les conclusions
définitives des inspecteurs de l’Onu avant d’agir.
"Ce serait une erreur de le faire trop vite dès lors que l’on a pas de
certitude absolue", a dit le président de l’UMP sur RTL. "Il faut agir
étape après étape".
Le chef du principal parti de droite, qui reproche aux autorités
françaises "une gestion assez brouillonne" du dossier syrien, souhaite
en outre qu’une éventuelle intervention française soit encadrée par une
résolution de l’Onu.
"S’il n’y avait pas de mandat de l’Onu, ce qui peut arriver, cela
pourrait avoir du sens d’avoir un vote" au Parlement français, a-t-il
dit.
(Afp, 04 septembre 2013)
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