François Hollande, toujours plus "déterminé" à intervenir contre le
régime de Bashar al-Assad qu’il tient pour responsable du massacre
chimique du 21 août à Damas, a annoncé une réunion européenne "ces
prochains jours", sans doute lors du G20 de Saint-Pétersbourg (Russie).
"C’est l’Europe qui doit aussi se réunir sur ce dossier, elle le fera,
chacun avec sa responsabilité, la France assumera la sienne", a martelé
le chef de l’Etat à l’Elysée, lors d’une conférence de presse commune
avec le président allemand Joachim Gauck.
M. Hollande a évoqué une "rencontre à Saint-Pétersbourg entre
Européens", en marge du G20 qui doit se tenir jeudi et vendredi mais
aussi la réunion "des ministres des Affaires étrangères" de l’UE prévue
samedi à Vilnius.
"Je m’adresserai aux Français quand j’aurai en main tous les éléments",
a-t-il ajouté, en refusant de s’engager sur un vote du Parlement
français qui se réunira mercredi en session extraordinaire sur le
principe d’une intervention militaire en Syrie. "Nous n’en sommes pas
encore là", a-t-il fait valoir.
Le chef de l’Etat a déclaré être "sorti encore renforcé dans (sa)
détermination" par la lecture de l’interview du dirigeant syrien Bashar
al-Assad qui menace les intérêts français de "répercussions négatives"
dans les colonnes du Figaro mardi.
"La différence entre une dictature et une démocratie, c’est que dans une
démocratie un dictateur peut s’exprimer dans un journal, y compris pour
insulter ses dirigeants, proférer des mensonges, notamment sur le
chimique, laissant croire qu’il ne disposait pas de stock, et menacer le
peuple français", a-t-il observé.
Mais surtout, a estimé François Hollande, "celles et ceux qui avaient
des doutes sur les intentions de Bashar al-Assad ne peuvent plus en
avoir, il parle de +liquider+ tous ceux qui ne sont pas d’accord avec
lui, il aurait pu dire, gazer".
Dans l’hypothèse d’un refus du Congrès américain à une action armée
contre le régime de Damas, le président a assuré que "la France
n’agirait pas seule".
Mais "elle prendrait ses responsabilités aussi en soutenant l’opposition
en Syrie afin qu’une réponse soit apportée", a-t-il enchaîné sans
préciser davantage sa pensée.
Le président allemand a estimé, de son côté , se faisant l’écho du
sentiment de la chancelière Angela Merkel, qu’il "sera possible
d’arriver à un accord international sur la réponse appropriée" à
apporter à la Syrie, lors "des prochaines rencontres internationales",
comme celle du G20.
Joachim Gauck a ajouté que l’Allemagne "trouverait insupportable qu’un
dictateur puisse agir impunément, puisse briser un tel tabou" qu’est
l’utilisation, selon lui, de l’arme chimique contre son propre peuple.
"J’espère qu’ensemble la communauté des nations réussira à trouver un
langage commun à l’endroit de ce dictateur", a-t-il insisté.
Lancé le 19 décembre 2011, "Si Proche Orient" est un blog d'information internationale. Sa mission est de couvrir l’actualité du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord avec un certain regard et de véhiculer partout dans le monde un point de vue pouvant amener au débat. "Si Proche Orient" porte sur l’actualité internationale de cette région un regard fait de diversité des opinions, de débats contradictoires et de confrontation des points de vue.Il propose un décryptage approfondi de l’actualité .
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