dimanche 16 février 2014

Irak : les insurgés prennent une zone dans le Nord, attentat dans un vieux marché

Des insurgés se sont emparés jeudi de plusieurs secteurs à 150 km au nord de Bagdad, où un attentat a endommagé un marché datant d’il y a plus de 700 ans, ont indiqué des responsables.
La prise par les insurgés de secteurs de Sulayman-Bek survient alors que les forces de sécurité tentent toujours de reprendre aux combattants anti-gouvernementaux des zones à l’ouest de la capitale.

Ce n’est pas la première fois que les insurgés s’emparent de secteurs dans Sulayman-Bek, où les dernières violences ont été déclenchées dans la nuit par des attaques sur des positions des forces de sécurité, a affirmé un responsable local, Taleb al-Bayati.
Ces insurgés, des combattants extrémistes sunnites d’Al-Qaïda et des jihadistes de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), ont pris le contrôle du centre de la localité tôt jeudi à l’issue de combats aux armes légères et moyennes.
Certains d’entre eux ont lancé des appels via les haut-parleurs des mosquées aux habitants les enjoignant de quitter leurs foyers, a ajouté M. Bayati, ajoutant que l’armée encerclait la zone, qui était également survolée par des hélicoptères.
Et selon un autre responsable local, Challal Abdul, les insurgés de l’EIIL contrôlaient des secteurs de l’ouest de la localité ainsi que trois villages voisins.
L’armée se trouvait pour sa part dans les bâtiments gouvernementaux dans la partie orientale de Sulayman-Bek où des affrontements sporadiques avaient lieu, a-t-il ajouté faisant état de deux policiers blessés.
Sulayman-Bek, qui se situe sur la route principale reliant Bagdad au nord de l’Irak était déjà tombée en avril 2013 aux mains d’insurgés, mais les forces gouvernementales en avaient repris le contrôle quelques jours plus tard.
Et le 25 juillet dernier, des insurgés avaient exécuté 14 conducteurs de camions de confession chiite près de Sulayman-Bek, à un point de contrôle qu’ils avaient établi sur l’autoroute reliant Bagdad au Kurdistan (nord). Les conducteurs sunnites avaient été épargnés, avaient alors indiqué des sources des services de sécurité à l’AFP.

Attentat dans un marché historique
A l’ouest de Bagdad pendant ce temps, l’armée et la police, appuyées par des tribus pro-gouvernementales, mènent depuis fin décembre des opérations pour tenter de reprendre des zones contrôlées par les insurgés dont des combattants de l’EIIL et des tribus hostiles au pouvoir dans la province d’Al-Anbar.
Jeudi encore, des témoins ont fait état d’une attaque sur un convoi de l’armée dans la ville de Fallujah, ayant provoqué des affrontements au cours desquels les forces de sécurité ont bombardé deux secteurs du nord de la ville.
Près de 300 000 personnes ont fui les combats à Anbar, le plus important déplacement en Irak depuis les violences confessionnelles il y a sept ans, a annoncé l’ONU mercredi.
Experts et diplomates étrangers ont à plusieurs reprises évoqué le mécontentement de la communauté sunnite comme étant une des causes des violences qui se multiplient à l’approche des élections prévues en avril.
Ainsi à Bagdad, deux bombes ont explosé dans le marché historique de Chorjah, que date de l’époque abbasside, tuant deux personnes et en blessant au moins 11, selon des sources officielles.
Selon un journaliste de l’AFP, une bombe a explosé dans le marché du parfum tandis que la seconde a touché un marché de vêtements.
Une colonne de fumée noire s’élevait du marché de Chorjah où l’attaque a provoqué des incendies, dont le plus important dans le marché du parfum.

(13-02-2014)

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