jeudi 5 septembre 2013

Syrie : Poutine met officiellement la Syrie à l’agenda du G20

Vladimir Poutine et Barack Obama lors du sommet du G20 jeudi en Russie. (Photo Eric Feferberg)

Le président russe Vladimir Poutine a proposé jeudi que les Etats du G20 discutent pendant un dîner de la Syrie, acceptant ainsi de mettre officiellement à l’agenda du sommet le thème qui dominait déjà de facto.
"Certains participants m’ont demandé de donner le temps et la possibilité de discuter d’autres sujets très urgents de politique internationale, en particulier la situation autour de la Syrie. Je suggère de le faire pendant le dîner", a dit M. Poutine, fermement opposé à une intervention militaire en Syrie, au contraire des Etats-Unis et de la France, en ouvrant le sommet des plus grandes puissances mondiales, dont il est l’hôte, à Saint-Pétersbourg.

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La solution politique est "la seule voie" possible pour la Chine
Une solution politique est "la seule voie" possible pour parvenir à résoudre le conflit syrien, a déclaré jeudi un porte-parole de la délégation chinoise au G20, Qin Gang. "La situation actuelle montre que la solution politique est la seule voie" possible pour résoudre la crise, a-t-il déclaré au premier jour d’un sommet du G20 de Saint-Pétersbourg où les États-Unis et la France, principaux promoteurs d’une intervention militaire en Syrie, tentent de convaincre les autres pays de se rallier à eux.
Le porte-parole a ajouté que, lors de leur rencontre bilatérale jeudi, le président chinois, Xi Jinping et le président russe Vladimir Poutine, les deux principaux verrous qui bloquent à l’ONU une intervention militaire, n’ont pas parlé de la crise syrienne. "La Chine est opposée à ce que quiconque utilise des armes chimiques", a ajouté le porte-parole, alors que pour les Occidentaux il ne fait aucun doute que c’est le régime syrien, et non les rebelles, qui a mené l’attaque chimique du 21 août qui a provoqué la décision américaine de préparer une intervention. "Les conclusions de l’enquête" de l’ONU sur l’usage de ces armes chimiques "seront la base de la prochaine étape" du dossier, selon lui.

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Hollande attend des "avancées politiques" sur la Syrie
Le président français François Hollande a déclaré jeudi à son arrivée au G20 de Saint-Pétersbourg qu’il en attendait "des avancées politiques" sur le dossier syrien en dépit des divergences avec certains pays, dont l’hôte du sommet.
Le chef de l’Etat français a souligné devant la presse que ses échanges avec le président américain Barack Obama, qu’il rencontrera vendredi en tête-à-tête, ou avec son homologue russe Vladimir Poutine viseraient à obtenir "des avancées sur le plan politique".
Dans une allusion au veto russe à une intervention militaire contre le régime de Bashar al-Assad, il a souhaité ces avancées "même si nous n’avons pas la même réponse pour l’instant par rapport à l’attaque chimique" menée le 21 août près de Damas.
"Nous devons tout faire pour qu’il y ait des solutions politiques", a-t-il insisté, souhaitant "que la condamnation que nous portons par rapport à l’attaque chimique qui a été portée par le régime (de Damas) puisse être également manifestée par l’ensemble des Européens".
"Il y a déjà un large consensus sur le plan européen pour dire qu’une attaque chimique est inacceptable", a-t-il observé même si "les Européens veulent avoir des garanties" sur la "responsabilité" du régime et que "beaucoup attendent notamment (le rapport de) la mission des inspecteurs de l’ONU".
Pour le chef de l’Etat français, il est dès à présent "très important que les Européens qui sont présents au G20 (UE, France, Allemagne, Royaume-Uni, Espagne et Italie, NDLR) soient ensemble sur la même position de condamner l’utilisation des armes chimiques et de condamner le régime qui les a utilisées".
Pour le reste, a-t-il encore noté, "il y a des pays, comme la France, qui sont en capacité d’intervenir (militairement) et d’autres qui, par leur propre situation ou par leur propre volonté, ne le veulent pas, ne le peuvent pas".

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