vendredi 6 septembre 2013

Syrie : Obama et Poutine se sont entretenus sur la Syrie

Le président russe Vladimir Poutine a annoncé avoir discuté de la crise syrienne vendredi avec son homologue américain Barack Obama en marge du G20 et qu’ils étaient restés sur leurs positions à l’issue de la rencontre. "Nous nous sommes rencontrés avec le président américain aujourd’hui", a déclaré M. Poutine lors d’une conférence de presse à l’issue du sommet qui s’est tenu pendant deux jours à Saint-Pétersbourg. Un responsable de la Maison-Blanche a confirmé que MM. Obama et Poutine s’étaient rencontrés vendredi en marge du G20, mais n’a pas donné plus de détails dans l’immédiat. "Nous avons parlé assis, la conversation a duré 20 à 30 minutes", a précisé Vladimir Poutine. "La conversation a été constructive, significative, cordiale. Chacun est resté sur sa position", a-t-il ajouté.
Le président russe, soutien indéfectible du régime de Bashar el-Assad, refuse l’idée d’une intervention militaire contre Damas, voulue par Barack Obama en réaction à l’attaque chimique du 21 août dont il accuse le régime syrien. Aucune rencontre bilatérale n’avait été prévue entre les deux chefs d’État pendant le sommet. Barack Obama avait annulé pendant l’été une visite à Moscou qui devait se tenir juste avant le G20.

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Obama salue l’engagement de la France pour une réaction "forte" en Syrie
Le président américain Barack Obama a salué vendredi, à l’issue du sommet du G20 de Saint-Pétersbourg, l’engagement de la France pour "une réaction internationale forte" à l’attaque chimique dont il accuse le régime syrien.
"J’apprécie beaucoup l’engagement du président Hollande en faveur d’une réaction internationale forte à ces actes cruels", a déclaré à la presse Barack Obama à l’issue d’une rencontre entre les deux hommes, ajoutant que l’intervention qu’il souhaite "serait limitée" et viserait à "dissuader l’usage des armes chimiques".
François Hollande a de son côté relevé que "sur la Syrie nous avons les mêmes principes".
"Aujourd’hui nous sommes liés l’un à l’autre pour prendre nos responsabilités parce qu’il s’agit là de la violation d’un droit international", selon lui.
Les Etats-Unis et la France, ainsi que les autres pays partisans d’une attaque contre le régime syrien, qu’ils accusent d’avoir tué des centaines de civils avec des armes chimiques, se sont heurtés à l’opposition de la Russie au cours de ces deux jours de G20, Moscou restant un soutien de Bashar al-Assad.
La future publication du rapport des inspecteurs de l’Onu sur l’attaque chimique du 21 août, dont les Etats-Unis et leurs alliés font porter la responsabilité sur Damas, "sera un élément de plus pour notre appréciation", selon M. Hollande.
"Mais d’ores et déjà nous devons constituer la coalition la plus large possible pour prendre les décisions qui paraîtront les plus utiles, efficaces, pertinentes, y compris pour aller vers la solution politique", a-t-il dit.

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John Kerry en Europe pour vanter les frappes sur la Syrie
Le secrétaire d’État américain John Kerry part vendredi pour l’Europe pour vanter auprès de ses homologues de l’UE le projet de frappes sur la Syrie et pour des rencontres avec la Ligue arabe et le président palestinien, a annoncé jeudi le département d’État. M. Kerry, dont c’est le 14e voyage en six mois, doit s’envoler vendredi matin de Washington pour se rendre successivement à Vilnius, Paris et Londres. Il doit rentrer aux États-Unis lundi.
Outre des entretiens avec les autorités lituaniennes samedi, M. Kerry "rencontrera lors d’une séance informelle les ministres des Affaires étrangères des (28) États de l’UE", Vilnius présidant actuellement l’Union européenne, a indiqué la porte-parole de la diplomatie américaine Jennifer Psaki. Les ministres "discuteront du Moyen-Orient, notamment de la Syrie, de l’Égypte et des négociations directes en cours entre les Israéliens et les Palestiniens", s’est bornée à dire la responsable. M. Kerry est ensuite attendu samedi soir à Paris pour des entretiens avec les autorités françaises, plus proches alliées des Américains pour une éventuelle action militaire contre la Syrie. En outre, la capitale française accueillera dimanche une rencontre entre le secrétaire d’État et la Ligue arabe, dont des États membres veulent frapper Damas et sont aussi impliqués dans la relance du processus de paix israélo-palestinien.

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Prière de musulmans à Paris pour que le sang arrête de couler en Syrie
Des musulmans ont prié vendredi à la Grande Mosquée de Paris pour que "le sang arrête de couler" en Syrie, à la veille d’un appel du pape à jeûner et prier pour la paix dans ce pays.
"Toutes les religions appellent à la paix en Syrie et même au delà, alors pourquoi cela n’arrive-t-il pas ?", a lancé Mohamed Aïouaz, imam de la Grande Mosquée, devant des centaines de fidèles réunis pour la prière du vendredi.
"Nous vivons des choses qui ont dépassé pratiquement toute définition humaine", a-t-il ajouté. Mais "nous n’avons que ce moyen, prier pour la paix, pour que le sang arrête de couler."
"On prie, mais on se sent impuissant", rétorquait Fayssal, 27 ans, à la sortie de la mosquée, en analysant le blocage "géopolitique" sur le dossier : "On ne peut pas faire grand-chose, tout dépend de la Russie et des Etats-Unis".
"On implore Dieu pour qu’il n’y ait pas de guerre", ajoutait un autre fidèle. Selon lui, "il faut trouver une solution politique". "C’est facile d’éliminer un dictateur, mais qu’est-ce qui va se passer pour les populations civiles ?", s’interrogeait-il.
Fermement opposé à toute intervention militaire, le pape François a appelé le monde entier - catholiques, autres religions et non croyants - à une journée de jeûne et de prière pour la paix en Syrie samedi. Des dizaines d’initiatives auront lieu dans les diocèses catholiques français.
De son côté, le recteur de la Grande Mosquée de Paris (GMP) Dalil Boubakeur avait appelé les mosquées affiliées à son réseau à s’associer à cette initiative lors de la grande prière du vendredi.

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