Le vote de procédure prévu mercredi au Sénat américain sur le recours à
la force en Syrie a été reporté à une date indéterminée, a annoncé lundi
le chef de la majorité après la proposition russe sur l’arsenal
chimique syrien. "Je ne pense pas que nous ayons besoin" de voter
rapidement, a annoncé le chef de la majorité démocrate du Sénat, Harry
Reid, quelques heures seulement après avoir programmé ce vote à
mercredi. "Nous devons faire en sorte que le président ait l’opportunité
de parler à tous les 100 sénateurs et aux 300 millions d’Américains
avant que nous ne fassions cela."
Le président Barack Obama avait lui-même dit dans une interview à la
chaîne ABC que le calendrier parlementaire serait retardé. "Je ne
m’attends pas à voir une succession de votes cette semaine ou dans
l’avenir immédiat", a-t-il dit. "Nous allons avoir du temps, à
l’occasion des débats ici aux États-Unis, pour que la communauté
internationale, les Russes et les Syriens travaillent avec nous et
disent qu’il y a une façon de résoudre cela".
La majorité démocrate du Sénat avait jusqu’à aujourd’hui espéré voter
d’ici la fin de la semaine sur une résolution. Un texte avait été adopté
rapidement par la commission des Affaires étrangères, mercredi dernier,
et M. Reid avait annoncé lundi, dès le début de la nouvelle session
parlementaire, qu’un premier vote de procédure aurait lieu au Sénat
mercredi. Ce vote, où 60 voix sur 100 auraient été requises pour vaincre
l’obstruction de certains républicains, était indispensable pour
permettre au débat de se poursuivre et aux sénateurs de déposer des
amendements, et au final d’adopter la résolution.
Le texte à examiner, plus restrictif que la demande initiale de la
Maison-Blanche, prévoit des frappes "limitées" en Syrie, d’une durée
maximale de 60 jours, voire 90 jours en cas d’extension, et sans troupes
au sol. Mais le programme a été bouleversé par la proposition russe,
lundi, de placer les armes chimiques syriennes sous contrôle
international, un développement qualifié de "potentiellement positif"
par Barack Obama.
Les élus du Congrès accueillaient diversement ce coup de théâtre. John
McCain, le sénateur républicain fervent partisan de frappes contre le
régime du président Bashar el-Assad, s’est dit sceptique et a donné "une
semaine" de délai pour obtenir une résolution du Conseil de sécurité de
l’ONU. "C’est une raison de plus pour que le Sénat vote, car c’est
évidemment la menace qui les a poussés à faire cette concession", a-t-il
dit à des journalistes.
Le représentant démocrate Eliot Engel, partisan de frappes, s’est dit
aussi méfiant : "Je ne veux pas me fier aux bonnes intentions d’Assad ou
de Poutine", a-t-il déclaré à des journalistes avant une réunion à huis
clos avec plusieurs responsables, dont le secrétaire d’État John Kerry.
Sur les 100 sénateurs, 23 se sont déclarés à ce jour favorables à une
intervention en Syrie, 25 y sont opposés et 52 restent indécis, selon un
décompte du New York Times lundi soir. Le groupe démocrate (52
sénateurs démocrates et deux indépendants) est divisé et devrait dans
tous les cas recevoir l’appui de républicains pour que la résolution
finisse par être adoptée. De son côté, la Chambre des représentants,
contrôlée par les républicains, n’a pas annoncé de calendrier pour le
vote, les républicains se contentant de prévoir un vote "dans les deux
semaines".
Lancé le 19 décembre 2011, "Si Proche Orient" est un blog d'information internationale. Sa mission est de couvrir l’actualité du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord avec un certain regard et de véhiculer partout dans le monde un point de vue pouvant amener au débat. "Si Proche Orient" porte sur l’actualité internationale de cette région un regard fait de diversité des opinions, de débats contradictoires et de confrontation des points de vue.Il propose un décryptage approfondi de l’actualité .
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