Ce mercredi, le Sénat débattait lui aussi sur la possibilité d’une
intervention de la France en Syrie, de même que l’Assemblée nationale.
Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a ouvert ce débat en
lisant la déclaration de Jean-Marc Ayrault, prononcée devant les
députés. Voici des extraits des prises de position exprimées au Sénat :
Pierre Laurent, sénateur, secrétaire national du
PCF : "Ce qui est attendu de la France c’est la capacité à proposer une
perspective, une solution, un mode de règlement politique. Or, ce qui se
prépare, ce que vous nous invitez à soutenir, c’est l’inverse : une
intervention militaire dont les risques sont énormes et qui, on le sait,
ne résoudra rien. La France ne doit pas s’y engager (...). Oui, la
France doit agir, mais sûrement pas pour rajouter de la guerre à la
guerre, du sang au sang (...). Le degré supplémentaire franchi dans
l’horreur par l’usage massif d’armes chimiques justifie selon vous que
la France entre à son tour ouvertement dans la guerre. Mais pour aller
où ?"
Jean-Pierre Chevènement, sénateur (groupe RDSE, à
majorité radicaux de gauche incluant aussi le président d’honneur du
MRC) : "C’est dans le cadre du Conseil de sécurité des Nations unies que
nous pouvons obtenir une trêve dans la guerre civile et un compromis
qui préserve autant que possible l’unité de la Syrie. La balkanisation
de la Syrie serait, comme nous le voyons aujourd’hui en Irak, la source
de malheurs encore plus grands. Des frappes militaires risquent non de
faciliter un compromis, mais de reporter aux calendes la négociation
nécessaire (...). Je souhaite de tout coeur éviter l’enlisement de la
France dans une guerre qui serait contraire à ses intérêts et j’ajoute à
sa vocation. Je souhaite que vous usiez de votre influence qui est
grande pour contribuer à la réunion aussi rapide que possible de la
Conférence de Genève II. La France vous en serait reconnaissante."
Jean-Michel Baylet, sénateur, président du Parti
radical de gauche : "Par cette intervention, il ne s’agit pas de
soutenir une rébellion dont nous connaissons l’hétérogénéité et
l’extrémisme de certaines de ses composantes, mais d’adresser un double
message. L’un directement à Bashar el-Assad, lui intimant que ses
manquements aux conventions internationales en matière d’utilisation
d’armes chimiques ne seront plus tolérés. L’autre adressé à ses alliés,
la Russie, l’Iran, mais aussi le Hezbollah, qui aident militairement et
de manière directe le régime ; en particulier en direction du nouveau
président iranien, Hassan Rohani, il s’agit de montrer notre
détermination s’agissant de l’usage d’armes chimiques, mais aussi faire
apparaître notre fermeté quant à l’évolution de leur programme
nucléaire."
André Gattolin, sénateur écologiste : "En réalité,
c’est l’inaction qui constituerait le plus grand risque (...), car elle
consacrerait le pouvoir de nuisance de pays tels que la Russie qui abuse
en permanence de son droit de veto au sein du Conseil de sécurité des
Nations unies. En empêchant depuis deux ans tout règlement politique du
conflit, c’est bien ce pays qui a rendu possible la perpétuation de
telles atrocités."
Jean-Marie Bockel, sénateur (groupe UDI-UC) : "Le
déclenchement d’une éventuelle intervention militaire à l’encontre du
régime de Bashar al-Assad, même ciblée et ponctuelle, ne peut se faire
le cas échéant dans la précipitation, sans prendre en compte ses
multiples implications géopolitiques et la complexité de la situation."
Lancé le 19 décembre 2011, "Si Proche Orient" est un blog d'information internationale. Sa mission est de couvrir l’actualité du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord avec un certain regard et de véhiculer partout dans le monde un point de vue pouvant amener au débat. "Si Proche Orient" porte sur l’actualité internationale de cette région un regard fait de diversité des opinions, de débats contradictoires et de confrontation des points de vue.Il propose un décryptage approfondi de l’actualité .
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire