mercredi 4 septembre 2013

Syrie : le débat des sénateurs français

Ce mercredi, le Sénat débattait lui aussi sur la possibilité d’une intervention de la France en Syrie, de même que l’Assemblée nationale. Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a ouvert ce débat en lisant la déclaration de Jean-Marc Ayrault, prononcée devant les députés. Voici des extraits des prises de position exprimées au Sénat :

Pierre Laurent, sénateur, secrétaire national du PCF : "Ce qui est attendu de la France c’est la capacité à proposer une perspective, une solution, un mode de règlement politique. Or, ce qui se prépare, ce que vous nous invitez à soutenir, c’est l’inverse : une intervention militaire dont les risques sont énormes et qui, on le sait, ne résoudra rien. La France ne doit pas s’y engager (...). Oui, la France doit agir, mais sûrement pas pour rajouter de la guerre à la guerre, du sang au sang (...). Le degré supplémentaire franchi dans l’horreur par l’usage massif d’armes chimiques justifie selon vous que la France entre à son tour ouvertement dans la guerre. Mais pour aller où ?"

Jean-Pierre Chevènement, sénateur (groupe RDSE, à majorité radicaux de gauche incluant aussi le président d’honneur du MRC) : "C’est dans le cadre du Conseil de sécurité des Nations unies que nous pouvons obtenir une trêve dans la guerre civile et un compromis qui préserve autant que possible l’unité de la Syrie. La balkanisation de la Syrie serait, comme nous le voyons aujourd’hui en Irak, la source de malheurs encore plus grands. Des frappes militaires risquent non de faciliter un compromis, mais de reporter aux calendes la négociation nécessaire (...). Je souhaite de tout coeur éviter l’enlisement de la France dans une guerre qui serait contraire à ses intérêts et j’ajoute à sa vocation. Je souhaite que vous usiez de votre influence qui est grande pour contribuer à la réunion aussi rapide que possible de la Conférence de Genève II. La France vous en serait reconnaissante."

Jean-Michel Baylet, sénateur, président du Parti radical de gauche : "Par cette intervention, il ne s’agit pas de soutenir une rébellion dont nous connaissons l’hétérogénéité et l’extrémisme de certaines de ses composantes, mais d’adresser un double message. L’un directement à Bashar el-Assad, lui intimant que ses manquements aux conventions internationales en matière d’utilisation d’armes chimiques ne seront plus tolérés. L’autre adressé à ses alliés, la Russie, l’Iran, mais aussi le Hezbollah, qui aident militairement et de manière directe le régime ; en particulier en direction du nouveau président iranien, Hassan Rohani, il s’agit de montrer notre détermination s’agissant de l’usage d’armes chimiques, mais aussi faire apparaître notre fermeté quant à l’évolution de leur programme nucléaire."

André Gattolin, sénateur écologiste : "En réalité, c’est l’inaction qui constituerait le plus grand risque (...), car elle consacrerait le pouvoir de nuisance de pays tels que la Russie qui abuse en permanence de son droit de veto au sein du Conseil de sécurité des Nations unies. En empêchant depuis deux ans tout règlement politique du conflit, c’est bien ce pays qui a rendu possible la perpétuation de telles atrocités."

Jean-Marie Bockel, sénateur (groupe UDI-UC) : "Le déclenchement d’une éventuelle intervention militaire à l’encontre du régime de Bashar al-Assad, même ciblée et ponctuelle, ne peut se faire le cas échéant dans la précipitation, sans prendre en compte ses multiples implications géopolitiques et la complexité de la situation."

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire