Opposants et partisans de frappes contre la Syrie au Congrès américain
campaient sur leurs positions mardi après le discours de Barack Obama,
mais approuvaient sa décision d’explorer la possibilité de neutraliser
le stock syrien d’armes chimiques avant toute opération militaire. Les
élus ont appuyé mardi sur le bouton "pause" dans le dossier syrien, le
Sénat repoussant à au moins la semaine prochaine - à la demande de
Barack Obama - un vote de procédure sur une résolution autorisant le
recours à la force, afin de donner le temps au président d’évaluer la
crédibilité de l’offre russe de placer sous contrôle international
l’arsenal chimique syrien.
Dans son allocution, au cours de laquelle il a donné sa chance à la
diplomatie mais a aussi rappelé que l’option militaire restait sur la
table, Barack Obama a directement interpellé les deux franges du Congrès
les plus hostiles à une intervention. "Je demande à mes amis à droite
de réconcilier leur engagement en faveur de la puissance militaire
américaine et l’absence d’actes lorsqu’une cause est aussi juste. Et à
mes amis à gauche je demande de réconcilier leurs convictions en faveur
de la liberté et de la dignité pour tous et ces images d’enfants se
débattant de douleur, mourant sur un sol froid d’hôpital", leur a-t-il
lancé.
À droite, les républicains isolationnistes affiliés au Tea Party, très
nombreux à la Chambre des représentants, ont sans surprise réitéré leur
opposition à une intervention, se déclarant peu convaincus par l’appel
présidentiel. "J’ai reçu un gentil coup de fil du secrétaire général de
la Maison-Blanche quelques minutes après le discours", a écrit sur
Twitter le représentant Jason Chaffetz, apparemment courtisé par
l’exécutif. Mais "je vote toujours non". "Si nous déstabilisons le
régime, le chaos va empirer et nous deviendrons au final les alliés
d’al-Qaida", a commenté le sénateur Rand Paul, fer de lance de
l’opposition au Sénat, qui a dit espérer que l’initiative russe soit
couronnée de succès.
À gauche, la voie diplomatique a été accueillie comme une porte de
sortie honorable par les démocrates anti-guerre, alors que le camp du
"non" grossit chaque jour. "Je suis heureux que les États-Unis et
d’autres pays recherchent une stratégie diplomatique internationale", a
déclaré après le discours de Barack Obama le sénateur Jeff Merkley,
encore indécis. "J’applaudis le président pour avoir choisi d’attendre
et de rechercher l’aval du Congrès", a réagi Charles Rangel, un
représentant opposé aux frappes.
Les prochains jours diront si la stratégie adoptée par Barack Obama fera
évoluer la courbe de l’opinion, mais ses alliés louaient sa décision de
ne pas précipiter de vote, alors que le Tout-Washington prédisait une
défaite si la résolution était soumise aux voix dès cette semaine. "Il
serait malvenu de claquer la porte sans la considération requise", a
estimé le démocrate Robert Menendez, président de la commission des
Affaires étrangères du Sénat.
Avec d’autres sénateurs, il rédige une
nouvelle version du texte qui sera soumis aux élus, de façon à
conditionner toute opération militaire au non-respect par Bashar
el-Assad d’une éventuelle résolution de l’ONU.
Au Sénat, chaque jour apporte de nouvelles défections dans les rangs
démocrates. À l’heure où le président s’exprimait mardi, seuls 24
sénateurs s’étaient déclarés favorables à des frappes, 29 étaient
opposés et 47 restaient indécis. "Il est très inquiet que le Congrès
sape sa capacité de menacer de l’usage de la force", interprétait la
républicaine Susan Collins en estimant que le report du vote permettait à
Barack Obama de garder la main dans les discussions avec les Russes. À
la Chambre, la pente est encore plus raide : 181 représentants, selon le
New York Times, et 149, selon le Washington Post, sont hostiles à une
intervention, et des dizaines d’autres penchent vers le non.
Lancé le 19 décembre 2011, "Si Proche Orient" est un blog d'information internationale. Sa mission est de couvrir l’actualité du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord avec un certain regard et de véhiculer partout dans le monde un point de vue pouvant amener au débat. "Si Proche Orient" porte sur l’actualité internationale de cette région un regard fait de diversité des opinions, de débats contradictoires et de confrontation des points de vue.Il propose un décryptage approfondi de l’actualité .
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