La France s’est efforcée vendredi de rallier les autres pays de
l’Union européenne à sa position sur la Syrie mais sa volonté
d’intervenir militairement pour "punir" le régime de Bachar al-Assad
s’est heurtée au scepticisme de ses partenaires, soucieux de rester dans
le cadre des Nations unies. Lors d’une réunion à Vilnius, en Lituanie,
Laurent Fabius a tenté d’obtenir des autres ministres des Affaires
étrangères de l’UE qu’ils conviennent avec lui que le régime de Bachar
al-Assad était bien responsable de l’attaque chimique commise le 21 août
dans les environs de Damas, a-t-on appris de source proche du ministre
français.
Auparavant, le président français François Hollande avait rassuré ses
partenaires européens en annonçant, à l’issue du G20 de
Saint-Petersbourg, que Paris attendrait le rapport de l’ONU avant de
lancer toute action militaire contre le régime de Damas.
A son arrivée dans la capitale lituanienne, Laurent Fabius, le ministre
français, a cependant clairement relativisé la portée de ce rapport. "Le
problème, c’est qu’il porte sur la question de savoir s’il y a eu un
massacre chimique ou pas. Mais, maintenant, tout le monde le dit, y
compris ceux qui au départ niaient cette attaque chimique", a-t-il
déclaré. "Les inspecteurs vont répondre à cette question dont tout le
monde connait la réponse", a ajouté M. Fabius. Mais "ils ne sont pas
chargés d’enquêter" sur "l’autre question, qui est déterminante, et sur
laquelle nous avons des preuves : qui a commis ce massacre chimique ?".
"Beaucoup de gens disent : +il faut attendre le rapport des
inspecteurs+, mais il y a un risque d’être déçus", a conclu Laurent
Fabius.
Dans ce contexte, il semble difficile que Laurent Fabius puisse obtenir
avant la fin de la réunion de Vilnius, samedi à la mi-journée, que les
Européens reconnaissent "au minimum" la responsabilité du régime de
Bachar al-Assad dans le "massacre" du 21 août. L’étape suivante, à
savoir un accord au niveau de l’UE sur le principe de frappes ciblées,
semble hors de portée, même si le secrétaire d’Etat John Kerry sera à
Vilnius samedi matin pour le défendre. A défaut d’une approbation,
Washington et Paris devraient obtenir l’assurance qu’aucun pays de l’UE
ne condamnerait une telle offensive, selon des sources diplomatiques.
(07-09-2013 - Assawra avec les agences de presse)
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