samedi 7 septembre 2013

Syrie : la France plus que jamais isolée (Assawra)

La France s’est efforcée vendredi de rallier les autres pays de l’Union européenne à sa position sur la Syrie mais sa volonté d’intervenir militairement pour "punir" le régime de Bachar al-Assad s’est heurtée au scepticisme de ses partenaires, soucieux de rester dans le cadre des Nations unies. Lors d’une réunion à Vilnius, en Lituanie, Laurent Fabius a tenté d’obtenir des autres ministres des Affaires étrangères de l’UE qu’ils conviennent avec lui que le régime de Bachar al-Assad était bien responsable de l’attaque chimique commise le 21 août dans les environs de Damas, a-t-on appris de source proche du ministre français.
Auparavant, le président français François Hollande avait rassuré ses partenaires européens en annonçant, à l’issue du G20 de Saint-Petersbourg, que Paris attendrait le rapport de l’ONU avant de lancer toute action militaire contre le régime de Damas.
A son arrivée dans la capitale lituanienne, Laurent Fabius, le ministre français, a cependant clairement relativisé la portée de ce rapport. "Le problème, c’est qu’il porte sur la question de savoir s’il y a eu un massacre chimique ou pas. Mais, maintenant, tout le monde le dit, y compris ceux qui au départ niaient cette attaque chimique", a-t-il déclaré. "Les inspecteurs vont répondre à cette question dont tout le monde connait la réponse", a ajouté M. Fabius. Mais "ils ne sont pas chargés d’enquêter" sur "l’autre question, qui est déterminante, et sur laquelle nous avons des preuves : qui a commis ce massacre chimique ?". "Beaucoup de gens disent : +il faut attendre le rapport des inspecteurs+, mais il y a un risque d’être déçus", a conclu Laurent Fabius.
Dans ce contexte, il semble difficile que Laurent Fabius puisse obtenir avant la fin de la réunion de Vilnius, samedi à la mi-journée, que les Européens reconnaissent "au minimum" la responsabilité du régime de Bachar al-Assad dans le "massacre" du 21 août. L’étape suivante, à savoir un accord au niveau de l’UE sur le principe de frappes ciblées, semble hors de portée, même si le secrétaire d’Etat John Kerry sera à Vilnius samedi matin pour le défendre. A défaut d’une approbation, Washington et Paris devraient obtenir l’assurance qu’aucun pays de l’UE ne condamnerait une telle offensive, selon des sources diplomatiques.

(07-09-2013 - Assawra avec les agences de presse)

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