François Hollande a annoncé vendredi qu’il attendrait la présentation
du rapport des inspecteurs de l’ONU sur l’utilisation d’armes chimiques
en Syrie avant de déclencher une opération militaire contre le régime
de Bashar el-Assad. "Nous allons attendre le rapport des inspecteurs
comme nous attendrons le (vote du) Congrès" américain, a-t-il dit lors
d’une conférence de presse à l’issue du sommet du G20 à
Saint-Pétersbourg.
Il a ajouté que le rapport de l’ONU ne porterait toutefois que sur
l’utilisation de ces armes et n’identifierait pas ceux qui les ont
utilisées, alors que Paris et Washington affirment avoir des preuves que
c’est le régime de Bashar el-Assad. Le chef de l’État a reconnu
l’existence d’un désaccord au G20 sur les responsables de l’utilisation
d’armes chimiques en Syrie, notamment lors d’une attaque menée près de
Damas contre des civils le 21 août dernier. "Le rapport des inspecteurs
(de l’ONU) doit être délivré le plus tôt possible et ce sera un élément
d’appréciation", a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse. "Le
mieux serait que le conseil de sécurité puisse être le cadre de cette
condamnation puisque la mission des inspecteurs est une mission des
Nations unies", a-t-il ajouté. "Sinon, une large coalition devra se
former, se forme en ce moment même, pour rassembler tous les pays qui
n’acceptent pas qu’un pays, qu’un régime puisse utiliser des armes
chimiques."
François Hollande a assuré que la position de la France était "comprise"
par les autres pays européens, qui sont en majorité contre une option
militaire. "Si une riposte proportionnée, limitée, ciblée devait être
décidée, y compris par la France, elle n’aurait pas pour objet de
renverser le régime", a encore précisé le président. "Ceux qui imaginent
qu’on peut faire une solution politique avec un régime qui massacre,
qui gaze (...), en laissant faire, ça continuera dans toute la région,
ce à quoi je me refuse." François Hollande a ajouté que Barack Obama lui
avait confié que le vote du Congrès américain interviendrait en milieu
de semaine prochaine.
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Barack Obama a reconnu la difficulté d’obtenir le feu vert du Congrès
à une intervention militaire contre la Syrie, alors que les élus
doivent débattre à partir de lundi. "Je savais que ce serait difficile",
a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à l’issue du G20 de
Saint-Pétersbourg, reconnaissant les réticences des Américains alors que
le pays "est en guerre depuis plus de dix ans maintenant". Il a refusé
de dire s’il déciderait de lancer des frappes en cas de refus du
Congrès.
Selon la Maison-Blanche, onze pays du G20 appellent à une "réponse
internationale forte" contre Damas. L’Australie, le Canada, la France,
l’Italie, le Japon, la Corée du Sud, l’Arabie saoudite, l’Espagne (qui
n’est pas formellement membre, mais invité permanent du G20), la
Turquie, le Royaume-Uni et les États-Unis ont appelé vendredi dans un
communiqué à une "réponse internationale forte" à la suite de l’usage
d’armes chimiques en Syrie, assurant que des indices montraient
"clairement" la responsabilité du régime de Bashar el-Assad dans une
attaque chimique le 21 août.
Lancé le 19 décembre 2011, "Si Proche Orient" est un blog d'information internationale. Sa mission est de couvrir l’actualité du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord avec un certain regard et de véhiculer partout dans le monde un point de vue pouvant amener au débat. "Si Proche Orient" porte sur l’actualité internationale de cette région un regard fait de diversité des opinions, de débats contradictoires et de confrontation des points de vue.Il propose un décryptage approfondi de l’actualité .
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