Le secrétaire d’Etat américain John Kerry a assuré jeudi de son
attachement à la sécurité d’Israël, lors de sa première visite au
Proche-Orient depuis la conclusion d’un accord sur le nucléaire iranien,
voué aux gémonies par le gouvernement Netanyahu.
Après plus de trois heures de discussions au bureau du Premier ministre
israélien Benjamin Netanyahu à Jérusalem, M. Kerry s’est rendu à
Ramallah, en Cisjordanie, où il s’entretenait avec le président
palestinien Mahmud Abbas.
"La sécurité d’Israël est dans cette négociation en tête de nos
priorités", a-t-il déclaré, réaffirmant que les Etats-Unis feraient
"tout ce qui est en leur pouvoir" pour empêcher l’Iran d’obtenir l’arme
nucléaire.
"Le lien entre les Etats-Unis et Israël est incassable", a-t-il martelé,
reconnaissant toutefois "des divergences occasionnelles sur les mesures
tactiques".
Netanyahu a jugé "crucial dans un accord final, contrairement à
l’accord intérimaire, de parvenir à une entente définitive sur l’arrêt
de la capacité nucléaire de l’Iran", rappelant son "inquiétude depuis
Genève que les sanctions ne commencent à s’effriter".
Des discussions sont engagées sur l’application de l’accord conclu à
Genève fin novembre pour 6 mois entre la République islamique et les
grandes puissances, qui limite les activités nucléaires iraniennes en
échange d’une levée partielle des sanctions internationales.
Tentant de rassurer son hôte, M. Kerry a réaffirmé que "le régime
fondamental des sanctions pétrolières et bancaires restait absolument en
vigueur" et que les Etats-Unis "redoubleront leurs efforts pour les
faire appliquer".
Les médias israéliens estiment que l’acrimonie de Netanyahu, dont les
admonestations publiques n’ont pas suffi à dissuader les Etats-Unis de
commettre ce qu’il a qualifié d’"erreur historique", risque de peser sur
les entretiens avec M. Kerry.
Au sein du gouvernement, l’opinion dominante est néanmoins que "Kerry
fera preuve de plus de sympathie pour les positions d’Israël après
l’avoir forcé à avaler la pilule amère de l’accord de Genève", indique
le quotidien Maariv.
"Débâcle de Genève"
S’agissant des négociations de paix israélo-palestiniennes, relancées
par le chef de la diplomatie américaine fin juillet pour neuf mois, "si
ce processus doit continuer, nous devons avoir une négociation
ininterrompue", a affirmé Netanyahu.
Il faisait allusion à la suspension des pourparlers en novembre par la
délégation palestinienne pour protester contre la dégradation de la
situation sur le terrain et la tournure prise par les négociations.
Le chef de la délégation Saëb Erakat a déclaré jeudi à la radio Voix de
la Palestine que "la dernière session de négociations remontait au 5
novembre", précisant : "Il y a des contacts mais pas de négociations".
Selon M. Kerry "les parties restent engagées à cette tâche et se rencontrent régulièrement".
"Là encore, la sécurité d’Israël est primordiale", a-t-il ajouté,
faisant état de la participation aux discussions jeudi du général John
Allen, ancien chef de la coalition internationale en Afghanistan et
conseiller spécial pour le Moyen-Orient.
Netanyahu exige qu’un futur Etat palestinien soit démilitarisé et
qu’Israël puisse y garder une présence militaire à long terme dans la
vallée du Jourdain. Les Palestiniens refusent toute présence militaire
israélienne sur leur territoire après un accord de paix mais acceptent
une force internationale, une option rejetée par Israël.
Le vice-ministre de la Défense Danny Danon, membre de l’aile radicale du
Likoud, le parti de droite de Netanyahu, a rejeté tout compromis sur
la vallée du Jourdain.
"Après la débâcle de Genève, nous ne permettrons pas au secrétaire
d’Etat Kerry de nous forcer à un autre mauvais accord", a-t-il prévenu,
affirmant : "Nous ne ferons aucun compromis sur notre sécurité, même si
cela signifie dire non à notre plus proche allié".
Le ministre israélien du Commerce Naftali Bennett, chef du parti
procolonisation Foyer juif, a pour sa part mis en doute la validité d’un
accord de paix tant que la bande de Gaza échapperait à l’autorité de
Mahmud Abbas.
"Il y a plus d’un million et demi de Palestiniens à Gaza qui ne
dépendent pas de son autorité, qui ne sont certainement pas partie à un
accord, puisqu’ils sont sous celle du Hamas", a-t-il déclaré à la radio
militaire.
Le Hamas, qui ne reconnaît pas Israël, affirme néanmoins qu’il
respecterait les termes d’un accord de paix approuvé par referendum de
l’ensemble des Palestiniens.
Lancé le 19 décembre 2011, "Si Proche Orient" est un blog d'information internationale. Sa mission est de couvrir l’actualité du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord avec un certain regard et de véhiculer partout dans le monde un point de vue pouvant amener au débat. "Si Proche Orient" porte sur l’actualité internationale de cette région un regard fait de diversité des opinions, de débats contradictoires et de confrontation des points de vue.Il propose un décryptage approfondi de l’actualité .
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