vendredi 6 décembre 2013

Israël/Palestine : Kerry insiste sur l’attachement des Etats-Unis à la sécurité d’Israël

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry a assuré jeudi de son attachement à la sécurité d’Israël, lors de sa première visite au Proche-Orient depuis la conclusion d’un accord sur le nucléaire iranien, voué aux gémonies par le gouvernement Netanyahu.
Après plus de trois heures de discussions au bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Jérusalem, M. Kerry s’est rendu à Ramallah, en Cisjordanie, où il s’entretenait avec le président palestinien Mahmud Abbas.
"La sécurité d’Israël est dans cette négociation en tête de nos priorités", a-t-il déclaré, réaffirmant que les Etats-Unis feraient "tout ce qui est en leur pouvoir" pour empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire.
"Le lien entre les Etats-Unis et Israël est incassable", a-t-il martelé, reconnaissant toutefois "des divergences occasionnelles sur les mesures tactiques".
Netanyahu a jugé "crucial dans un accord final, contrairement à l’accord intérimaire, de parvenir à une entente définitive sur l’arrêt de la capacité nucléaire de l’Iran", rappelant son "inquiétude depuis Genève que les sanctions ne commencent à s’effriter".
Des discussions sont engagées sur l’application de l’accord conclu à Genève fin novembre pour 6 mois entre la République islamique et les grandes puissances, qui limite les activités nucléaires iraniennes en échange d’une levée partielle des sanctions internationales.
Tentant de rassurer son hôte, M. Kerry a réaffirmé que "le régime fondamental des sanctions pétrolières et bancaires restait absolument en vigueur" et que les Etats-Unis "redoubleront leurs efforts pour les faire appliquer".
Les médias israéliens estiment que l’acrimonie de Netanyahu, dont les admonestations publiques n’ont pas suffi à dissuader les Etats-Unis de commettre ce qu’il a qualifié d’"erreur historique", risque de peser sur les entretiens avec M. Kerry.
Au sein du gouvernement, l’opinion dominante est néanmoins que "Kerry fera preuve de plus de sympathie pour les positions d’Israël après l’avoir forcé à avaler la pilule amère de l’accord de Genève", indique le quotidien Maariv.

"Débâcle de Genève"
S’agissant des négociations de paix israélo-palestiniennes, relancées par le chef de la diplomatie américaine fin juillet pour neuf mois, "si ce processus doit continuer, nous devons avoir une négociation ininterrompue", a affirmé Netanyahu.
Il faisait allusion à la suspension des pourparlers en novembre par la délégation palestinienne pour protester contre la dégradation de la situation sur le terrain et la tournure prise par les négociations.
Le chef de la délégation Saëb Erakat a déclaré jeudi à la radio Voix de la Palestine que "la dernière session de négociations remontait au 5 novembre", précisant : "Il y a des contacts mais pas de négociations".
Selon M. Kerry "les parties restent engagées à cette tâche et se rencontrent régulièrement".
"Là encore, la sécurité d’Israël est primordiale", a-t-il ajouté, faisant état de la participation aux discussions jeudi du général John Allen, ancien chef de la coalition internationale en Afghanistan et conseiller spécial pour le Moyen-Orient.
Netanyahu exige qu’un futur Etat palestinien soit démilitarisé et qu’Israël puisse y garder une présence militaire à long terme dans la vallée du Jourdain. Les Palestiniens refusent toute présence militaire israélienne sur leur territoire après un accord de paix mais acceptent une force internationale, une option rejetée par Israël.
Le vice-ministre de la Défense Danny Danon, membre de l’aile radicale du Likoud, le parti de droite de Netanyahu, a rejeté tout compromis sur la vallée du Jourdain.
"Après la débâcle de Genève, nous ne permettrons pas au secrétaire d’Etat Kerry de nous forcer à un autre mauvais accord", a-t-il prévenu, affirmant : "Nous ne ferons aucun compromis sur notre sécurité, même si cela signifie dire non à notre plus proche allié".
Le ministre israélien du Commerce Naftali Bennett, chef du parti procolonisation Foyer juif, a pour sa part mis en doute la validité d’un accord de paix tant que la bande de Gaza échapperait à l’autorité de Mahmud Abbas.
"Il y a plus d’un million et demi de Palestiniens à Gaza qui ne dépendent pas de son autorité, qui ne sont certainement pas partie à un accord, puisqu’ils sont sous celle du Hamas", a-t-il déclaré à la radio militaire.
Le Hamas, qui ne reconnaît pas Israël, affirme néanmoins qu’il respecterait les termes d’un accord de paix approuvé par referendum de l’ensemble des Palestiniens.

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