Benyamin Netanyahou finit l’année comme il l’avait commencée : au
coeur d’une nouvelle tempête concernant son train de vie ! En février
dernier, il y avait eu le scandale des 2 000 euros de crèmes glacées
(surtout parfum pistache), payés sur les deniers de l’État. Trois mois
plus tard, c’était le "Bedgate". La mise en place d’une chambre, avec
lit double, dans le Boeing qui les emmenait, lui et son épouse Sara, aux
obsèques de Margaret Thatcher (127 000 dollars payés par la présidence
du Conseil). Aujourd’hui, voici venue l’heure des révélations sur les
dépenses de fonctionnement de ses trois résidences. L’officielle, celle
des Premiers ministres à Jérusalem, et les privées : sa villa de
Césarée, où il se rend occasionnellement en fin de semaine, et son
appartement (vide) rue Azza, dans le quartier résidentiel de Rehavia.
Cela donne 2 970 000 shekels (619 623 euros) pour la résidence
officielle, auxquels s’ajoutent 312 700 shekels (65 446 euros) de
dépenses pour la villa de Césarée et 4 561 shekels (955 euros) pour le
logement privé du couple à Jérusalem. Au total : 3,3 millions de shekels
(687 000 euros) à la charge du... contribuable israélien.
Est-ce à l’État de payer des dépenses relevant du privé ? Au-delà de
ce débat, omniprésent, le détail des factures a suscité un tsunami de
réactions. Eau : 80 000 shekels (16 744 euros). Nettoyage et
maintenance : 91 310 (19 110 euros,) avec une mention spéciale pour le
mois de juin où les frais de ménage se sont montés à près de 40 000
shekels (8 370 euros). Pas non plus donné, le jardinage à Césarée : 17
819 shekels (3 730 euros). Sans oublier les bougies parfumées : 6 000
shekels par an... soit 1 256 euros !
"La note à payer pour éteindre les bougies ?"
L’opposition n’a pas raté l’occasion de s’indigner. Qualifié de
"tape-à-l’oeil",d’"extravagant" ou de "bling-bling", le mode de vie du
couple Netanyahou est la cible de toutes les critiques. La palme de la
causticité est revenue au président du groupe travailliste à la Knesset.
En se concentrant sur la facture d’eau annuelle de la villa de Césarée,
Eitan Cabel a interrogé directement le Premier ministre, avec le
tutoiement d’usage en hébreu : "80 000 shekels ? Je veux vraiment
comprendre comment c’est possible. Est-ce une conduite qui a explosé ?
Ou bien il s’agit de la note à payer pour éteindre toutes les bougies
parfumées qui ont coûté la bagatelle de 6 000 shekels pour l’année.
Autre hypothèse : lorsque tu quittes la chambre, tu enfiles ta
combinaison de plongée et, jusqu’au lendemain, tu nages chez toi !"
L’intéressé a-t-il répondu ? On ne sait pas. De toute façon, la
présidence du Conseil et des personnalités du Likoud balaient d’un
revers de main les critiques en les qualifiant d’injustifiées. Dans un
éditorial cinglant, Israel Hayom, le journal gratuit financé par l’ami
américain de Benyamin Netanyahou, le milliardaire Sheldon Adelson, s’en
prend à la gauche, accusée de se livrer à un "rituel saisonnier de
persécution contre le chef du gouvernement".
Un rapport et un recours en justice
Pourtant, ceux qui croient que ce scandale ne tardera pas à retomber
pourraient être démentis. Selon la presse, le contrôleur de l’État
s’apprêterait en effet à publier un rapport consacré précisément aux
trois résidences des Netanyahou. Le document aurait un double objectif :
déterminer s’il existe une réelle séparation entre les dépenses
officielles et celles relevant de la vie privée, et si oui, comment elle
s’opère. Tout cela dans le but d’amener les responsables politiques
israéliens à la plus grande transparence.
Est-ce réalisable ? Le Mouvement pour le droit à l’information a mis
des mois à obtenir de la présidence du Conseil qu’elle lui communique le
détail des dépenses de la famille Netanyahou. Déçu par les chiffres
fournis, il poursuit le recours engagé devant les tribunaux. À suivre...
(05-12-2013 - Danièle Kriegel )
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