Au moins quatre personnes ont été tuées par un kamikaze mardi dans un
quartier commerçant du centre de Damas, alors que dans la ville
historique de Maaloula, tombée lundi aux mains des rebelles, douze
religieuses chrétiennes ont été contraintes de quitter leur couvent.
La télévision publique syrienne rapporte qu’un "terroriste s’est fait
exploser avec sa ceinture d’explosifs dans le quartier de Jisr al-Abyad,
faisant au moins 4 morts et 17 blessés".
Le kamikaze a fait détonner sa ceinture à l’entrée d’un bâtiment
administratif de l’armée en charge de l’aide aux familles des soldats
morts au combat, a précisé un photographe de l’AFP, ajoutant que son
corps git devant la porte.
Pour sa part, l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) a fait
état de cinq morts, dont trois civils et deux membres de la sécurité,
qui avaient barré le chemin au kamikaze.
Depuis le début en mars 2011 du soulèvement au départ pacifique contre
le régime syrien, ce dernier accuse les rebelles d’être des
"terroristes" soutenus par l’étranger. Face à la répression, la
rébellion s’est militarisée, déclenchant un conflit meurtrier dans
lequel sont impliqués des groupes jihadistes.
Dans la ville chrétienne de Maaloula, à 55 km au nord de Damas, prise
lundi par des rebelles dont des jihadistes du Front al-Nosra, des
échanges de feu opposaient mardi les insurgés retranchés dans la ville
aux militaires à l’extérieur, a indiqué l’OSDH.
Selon le quotidien syrien al-Watan, proche du régime, citant une source
militaire, "les terroristes ont pris d’assaut Maaloula, et occupé le
couvent de Mar Taqla, prenant en otage la directrice du couvent et un
certain nombre de religieuses".
"Une force militaire se dirige (vers la ville) pour prêter main forte
aux forces présentes à la périphérie de la localité", ajoute al-Watan.
Interrogée au téléphone, la mère supérieure d’un couvent situé à
Sadnaya, Sivronia Nabhane, a dit avoir pu parler avec la supérieure de
Maaloula, Pelagia Sayyaf, lundi à 23H30 (21H30 GMT). Elle a affirmé
qu’"elle et les onze autres religieuses, accompagnées de trois jeunes
domestiques, sont confortablement installées dans une maison de Yabroud
et personne ne les ennuie".
Le nonce apostolique à Damas, Mgr Mario Zenari, a également indiqué à
l’AFP que les 12 religieuses syriennes et libanaises qui se trouvaient
dans le monastère grec-orthodoxe de Mar Taqla avaient été conduites en
direction de la ville rebelle de Yabroud, à une vingtaine de km plus au
nord. Toutes les communications avec la ville sont coupées.
"Les douze religieuses ont été contraintes par un groupe armé de quitter
le monastère par la force, et à suivre ce groupe sur la route de
Yabroud", a-t-il dit, restant prudent sur un éventuel enlèvement.
Quand aux orphelins qu’hébergeait le couvent, ils "avaient été évacués
du monastère il y a longtemps, car la situation était très mauvaise",
a-t-il ajouté.
Yabroud est le prochain objectif de l’armée syrienne au nord de Damas, à la lisière avec le Liban.
L’armée s’est déjà emparée des deux tiers de Nabak, la plus importante
ville de la région, qui comptait 50 000 habitants avant la guerre, dont
une importante communauté chrétienne. Si elle s’empare de Yabroud, elle
aura la contrôle quasi-total de cette région.
Ces violences incessantes ont poussé à l’exil trois millions de Syriens selon l’ONU.
Alors que les premières pluies sont tombées au Liban, l’organisation
humanitaire Oxfam a lancé mardi une campagne visant à récolter 1,6
million de dollars pour les réfugiés syriens s’apprêtant à passer un
hiver difficile au Liban et en Jordanie.
Pour sa part, l’émissaire spécial de l’ONU et de la Ligue arabe Lakhdar
Brahimi s’est déclaré lundi en faveur de la création d’une nouvelle
République dont les Syriens devront définir "la nature".
Il a également appelé à un "règlement assez rapide" du conflit, "ou bien
nous allons avoir (...) une méga-Somalie (...) avec des chefs de
guerre, des émirs", a déclaré M. Brahimi, dans un entretien à la chaîne
de télévision publique suisse RTS, renouvelant son souhait que l’Iran et
l’Arabie saoudite participent à la conférence de paix pour la Syrie le
22 janvier à Genève.
Lancé le 19 décembre 2011, "Si Proche Orient" est un blog d'information internationale. Sa mission est de couvrir l’actualité du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord avec un certain regard et de véhiculer partout dans le monde un point de vue pouvant amener au débat. "Si Proche Orient" porte sur l’actualité internationale de cette région un regard fait de diversité des opinions, de débats contradictoires et de confrontation des points de vue.Il propose un décryptage approfondi de l’actualité .
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