mercredi 8 janvier 2014

Syrie : un groupe lié à Al-Qaïda appelle à "anéantir" les rebelles

L’État islamique en Irak et au Levant (EIIL), un groupe lié à Al-Qaïda, a promis mardi d’"anéantir" les rebelles contre lesquels il se bat depuis plusieurs jours en Syrie, accentuant encore la lutte entre les groupes combattant le régime.
Ces combats fratricides, qui ont débuté vendredi, ont fait au moins 274 morts : 129 rebelles et membres du Front Al-Nosra, 99 jihadistes de l’EIIL et 46 civils, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
S’adressant aux combattants de l’EIIL, son porte-parole, cheikh Abu Mohammed al-Adnani, a lancé : "Anéantissez-les (les rebelles) et (...) soyez certains de la victoire de Dieu".
Parlant ensuite aux rebelles, il a affirmé : "Aucun de vous ne survivra, et nous ferons de vous un exemple pour tous ceux qui pensent suivre le même chemin".
Le groupe a aussi mis en garde les membres de l’opposition syrienne.
L’EIIL "estime que la coalition et le Conseil national (syrien, une des composantes de la coalition, ndlr), l’état-major et le conseil militaire (...) lui ont déclaré la guerre", a indiqué M. Adnani.
"Chaque membre de cette entité est une cible légitime pour nous, à moins qu’il ne déclare publiquement son refus de (...) combattre les moujahidine", a-t-il ajouté.
Le puissant Front islamique, l’Armée des Moujahidine (islamiste) récemment créée et le Front des révolutionnaires de Syrie ("modéré", non islamiste) ont lancé la semaine passée une offensive contre l’EIIL, à laquelle s’est ensuite joint le Front Al-Nosra, branche officielle d’Al-Qaïda en Syrie.
"Le comportement de l’EIIL devenait insupportable pour la plupart des groupes armés (...) notamment les tentatives de prendre le contrôle des zones frontalières, coupant de ce fait les réseaux logistiques des rebelles", a affirmé à l’AFP un spécialiste de l’islam en Syrie, Thomas Pierret.
L’EIIL est aussi régulièrement accusé, notamment par l’opposition, d’une série d’exactions, dont des enlèvements et meurtres de civils et de rebelles rivaux.
Déplorant ces affrontements fratricides, le chef de ce groupe, Abu Mohammad al-Jolani, avait néanmoins appelé mardi à un cessez-le feu pour se concentrer sur la lutte contre le régime de Bashar al-Assad.
Si les violences se poursuivent, "le régime va pouvoir trouver un nouveau souffle alors qu’il était proche de l’effondrement", avait-il affirmé.

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