mardi 8 décembre 2015

Moyen-Orient : Chaque mois, l'EI engrange 80 millions de dollars

Le groupe État islamique (EI) engrange 80 millions de dollars (75 millions d'euros) de revenus par mois dans les territoires qu'il contrôle en Syrie et en Irak, mais connaîtrait des difficultés financières, selon une étude de l'IHS publiée lundi. D'après cet organisme basé à Londres, le groupe djihadiste tire environ la moitié de ses revenus des taxes qu'il prélève et 43 % du pétrole et du gaz, un secteur affaibli par les bombardements de la coalition internationale anti-djihadistes et de la Russie.
L'EI aurait du mal à équilibrer son budget et aurait été récemment contraint de baisser les salaires de ses combattants et d'augmenter les prix de services comme l'électricité, relève l'IHS, qui assure que le groupe extrémiste sunnite, à la recherche de financements alternatifs, taxe désormais systématiquement la population qui cherche à quitter ses territoires. L'IHS identifie six sources de revenus principales de l'EI : « Production et trafic de pétrole et de gaz, taxation des activités commerciales sur les territoires qu'il contrôle, confiscation de terres et de propriétés, trafic de drogues et d'antiquités, activités criminelles comme braquages de banques ou enlèvements contre rançon ainsi que les entreprises publiques ».
Selon l'IHS, l'EI n'est pas dépendant de dons de riches particuliers, notamment du Golfe, contrairement à Al-Qaïda. « L'EI contrôle un appareil étatique (en Syrie et en Irak) et taxe la population, confisque des propriétés, crée de la richesse avec des entreprises publiques, ainsi qu'avec le pétrole et le gaz. Les autres groupes terroristes n'ont pas ça », explique à l'Agence France-Presse Columb Strack, analyste pour l'IHS. « En même temps, parce qu'il gère un État, la majeure partie de cet argent va dans la gestion de ce territoire. Ce n'est pas comme s'ils faisaient 80 millions et les dépensaient en armes et en bombes. »
D'après Ludovico Carlino, un autre analyste de l'IHS, le groupe djihadiste « prélève une taxe de 20 % sur tous les services », par exemple sur l'électricité, les réseaux de téléphonie mobile ou l'industrie. La coalition internationale et la Russie frappent l'EI au portefeuille en bombardant des champs pétroliers et gaziers, principalement dans l'Est syrien. Et d'après Columb Strack, « les efforts faits pour cibler les sources de revenus de l'EI sont en train de payer », notamment en réduisant sa capacité à raffiner et transporter ces matières premières. De plus, les accès vers la Turquie se sont réduits, ce qui oblige l'EI à se replier sur les marchés syrien et irakien pour vendre son pétrole.
Columb Strack situe l'apogée de la puissance de l'EI à l'été 2014, après la prise de Mossoul en Irak. « Depuis, ils ont lâché du terrain et commencent à perdre de l'argent ». Contrairement aux revenus tirés du pétrole, ceux « tirés de la taxation des activités économiques sont beaucoup plus difficiles à tarir sans que cela ait un impact négatif sur la population », estime Columb Strack. « Cela serait contre-productif » d'essayer de le faire.

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Données chiffrées sur les armes de l'EI
Une bonne partie du redoutable arsenal ayant aidé à faire du groupe Etat islamique (EI) l'une des organisations terroristes les plus puissantes du monde vient d'Irak, selon un rapport publié mardi par Amnesty International.
Voici quelques chiffres évoqués dans ce rapport:
3: nombre de divisions d'une armée conventionnelle (40.000 à 50.000 soldats) que l'EI aurait pu équiper avec les armes qu'il a saisies durant le seul mois de juin 2014.
12: pourcentage du marché mondial d'armement exporté vers l'Irak dans les années 1980.
15: les dépenses militaires de l'Irak ont été multipliées par 15 en une décennie pour atteindre 9,5 milliards de dollars (8,7 mds d'euros) en 2014.
25: les armes et munitions utilisées par l'EI en Irak et en Syrie proviennent d'au moins 25 pays.
28: le nombre de pays ayant fourni des armes à l'Irak et l'Iran durant la guerre entre les deux pays (1980-1988).
650.000: en tonnes, les stocks de munitions non sécurisés disséminés à travers l'Irak d'après des estimations de l'armée américaine en septembre 2003.
1,6 milliard: le montant en dollars affecté en 2014 par le Congrès américain pour un programme de soutien à la campagne irakienne contre l'EI.
(Sources: Amnesty International Research, rapports du Conseil de sécurité de l'ONU, Armament Research Services, Conflict Armament Research, Institut international de recherche sur la paix de Stockholm)


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