Le président François Hollande est l’hôte mercredi d’une réunion de
ministres sur le Liban - avec le Russe Sergueï Lavrov et l’Américain
John Kerry -, qui devrait être dominée en coulisses par la crise
russo-occidentale sur l’Ukraine.
Après une déclaration en fin de matinée par François Hollande et son
homologue libanais Michel Sleimane, le Groupe international de soutien
(GIS) au Liban tiendra à l’Elysée un déjeuner de travail de 12H00 GMT à
14H00 GMT, selon la présidence française. Un relevé de conclusions est
prévu ensuite sans conférence de presse finale.
Près de six mois après sa création, le Groupe international de soutien
au Liban doit faire le point sur la mobilisation internationale pour
assurer la stabilité de ce pays menacé par la guerre dans la Syrie
voisine et confronté à près d’un million de réfugiés syriens.
Le renforcement des forces armées libanaises, le soutien à l’économie
par l’intermédiaire d’un Fonds créé par la Banque mondiale et l’aide aux
réfugiés sont les trois volets à l’ordre du jour du GIS.
Parmi la vingtaine de pays attendus à l’Elysée figure l’Arabie saoudite,
même si ce pays ne fait pas partie du GIS. Il a été invité en raison de
son soutien particulier au Liban auquel il s’est engagé fin décembre à
octroyer trois milliards de dollars pour que l’armée libanaise, dotée de
matériels vieillissants et insuffisants, puissent se procurer des armes
françaises.
"L’engagement de la France avec l’Arabie saoudite est très clair : nous
ferons ce que nous devons faire sur la base des demandes de l’armée
libanaise", souligne un diplomate français sous couvert d’anonymat alors
que peu d’informations ont filtré sur les armes françaises qui vont
être livrées.
Pour soutenir l’économie du Liban, un fonds a été mis en place par la
Banque mondiale. "Les contributions arrivent mais des étapes
administratives restent à franchir", selon le Quai d’Orsay. Ces
contributions qui pourraient atteindre quelque 50 millions de dollars
alimenteront des programmes de lutte contre la pauvreté et dans
l’éducation, notamment pour scolariser des enfants syriens réfugiés au
Liban.
L’établissement à la mi-février au Liban d’un gouvernement rassemblant
les différentes tendances politiques libanaises, après dix mois de
blocage, nourrit l’espoir de la communauté internationale de voir enfin
la vie politique relancée et des projets d’aide internationale
débloqués.
Le GIS devrait apporter son plein soutien à ce nouvel exécutif et
exprimer son souhait de voir se dérouler l’élection présidentielle dans
les délais prévus, soit entre le 25 mars et le 25 mai.
La réunion pourrait aussi permettre à certains Etats de renforcer leur
mobilisation en faveur des réfugiés syriens au Liban avec des programmes
de réinstallation de ceux-ci dans ces pays. C’est déjà le cas de
l’Allemagne, de la France, de la Suède, de l’Espagne ou de la Finlande.
Avec quatre millions d’habitants, le Liban accueille près d’un million
de réfugiés syriens, arrivés progressivement depuis le début du conflit
en Syrie il y a trois ans, et il fait face à "un flux constant de
quelque 15 000 Syriens qui continuent d’arriver chaque semaine", indique
un diplomate.
Une conférence des donateurs au Koweit à la mi-janvier a permis
d’obtenir des promesses d’aides aux réfugiés syriens à hauteur de 2,4
milliards de dollars.
Lancé le 19 décembre 2011, "Si Proche Orient" est un blog d'information internationale. Sa mission est de couvrir l’actualité du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord avec un certain regard et de véhiculer partout dans le monde un point de vue pouvant amener au débat. "Si Proche Orient" porte sur l’actualité internationale de cette région un regard fait de diversité des opinions, de débats contradictoires et de confrontation des points de vue.Il propose un décryptage approfondi de l’actualité .
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