Le mouvement palestinien Jihad islamique a tiré mercredi des dizaines de
roquettes sur Israël en représailles après la mort de trois de ses
combattants, tandis qu’Israël répliquait avec une trentaine de raids
aériens sur Gaza.
Les premières informations n’ont fait état d’aucune victime, ni d’un côté, ni de l’autre.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis de "continuer à
frapper ceux qui veulent nous faire du mal", assurant qu’Israël
"agirait contre eux de manière très forte", selon un de ses
porte-parole.
"S’il n’y a pas de tranquillité dans le sud (d’Israël), il y aura du
bruit à Gaza, et c’est un euphémisme", a averti Netanyahu.
En visite officielle en Israël pour la première fois en tant que Premier
ministre britannique, David Cameron a "totalement condamné les attaques
de Gaza", les qualifiant de "barbares", selon un communiqué de la
présidence israélienne, car "visant les populations civiles".
Le département d’Etat américain a condamné les tirs de roquettes,
qualifiées d’"attaques terroristes" et réaffirmant "le droit d’Israël à
se défendre".
Dans la soirée, des raids aériens israéliens ont visé des positions de
la branche armée du Jihad islamique, les Brigades Al-Qods, ainsi que de
celle du Hamas, les Brigades Ezzedine al-Qassam, dans le nord et le sud
de la bande de Gaza, selon des témoins.
L’armée israélienne a affirmé avoir frappé "29 sites terroristes dans la bande de Gaza".
Selon des sources de sécurité palestiniennes, les résistants du Hamas, y
compris ceux de sa branche armée, avaient évacué dans la soirée toutes
leurs bases, avant les bombardements.
Auparavant, alors que des pluies violentes gênaient les capacités
d’action de l’aviation, des chars israéliens à la frontière avaient tiré
sur deux positions.
Les débris de 60 roquettes ont été retrouvés, dont cinq sont tombées
dans des zones habitées, a indiqué l’armée israélienne dans un
communiqué.
"Il s’agit de la plus importante attaque à la roquette de la bande de
Gaza depuis l’opération Pilier de défense" (14-21 novembre 2012) dans le
territoire palestinien gouverné par le Hamas, a-t-elle souligné.
Des milliers d’Israéliens habitant la région ont dû se réfugier dans les
abris, selon l’armée israélienne, affirmant que le Hamas était
"responsable des attaques venant de la bande de Gaza". Aucun blessé n’a
été signalé dans l’immédiat.
"Le Jihad islamique ne souhaitait pas une escalade, mais Israël a commis
de nombreuses violations de la trêve (depuis novembre 2012, NDLR), au
point de renier son engagement de cesser sa politique d’assassinats", a
déclaré à l’AFP un porte-parole du mouvement, Daoud Chihab, en référence
à des attaques contre des dirigeants palestiniens depuis le début de
l’année.
"Les Brigades Al-Qods ont riposté à l’agression par une salve de
roquettes", a affirmé la branche armée du Jihad islamique, assurant en
avoir tiré 90.
Le gouvernement du Hamas a rejeté sur Israël la responsabilité des
tensions : "Nous faisons porter à l’occupant la responsabilité de
l’escalade et mettons en garde contre les conséquences", a indiqué son
porte-parole, Ihab al-Ghussein, affirmant "le droit du peuple
palestinien à se défendre".
Le Hamas a toutefois appelé "la résistance palestinienne et ses branches
militaires à agir sur le terrain à bon escient, avec intelligence et
professionnalisme afin d’éviter de faire couler le sang de notre peuple
et protéger ses intérêts".
Le ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Lieberman a prôné
"la réoccupation entière de la bande de Gaza", évacuée unilatéralement
par Israël en 2005 et tombée aux mains du Hamas en juin 2007.
En rétorsion, le ministre de la Défense Moshé Yaalon a fermé jusqu’à
nouvel ordre les points de passage de Kerem Shalom et Erez, à la
frontière avec Gaza, sauf pour les cas humanitaires.
Trois résistants du Jihad islamique ont été tués mardi par un raid
aérien israélien dans le sud de la bande de Gaza après avoir tiré au
mortier sur des troupes israéliennes à la frontière.
"Les Brigades Al-Qods se sont engagées à respecter la trêve mais elle
doit être respectée au même titre par l’ennemi", selon un communiqué
publié dans la soirée.
Dans un récent rapport, les chefs de mission de l’Union européenne (UE) à
Jérusalem-Est et à Ramallah soulignent que "le Jihad islamique en
Palestine continue à représenter la menace interne la plus puissante
pour le Hamas, à la fois politiquement et militairement", grâce
notamment à la poursuite du financement iranien.
(13-03-2014)
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