Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déploré amèrement
lundi la "mollesse" des réactions internationales envers l’Iran après
avoir inspecté un arsenal à destination de Gaza expédié par Téhéran,
selon Israël, et saisi à bord d’un bateau intercepté en mer Rouge par un
commando israélien.
Netanyahu s’en est pris en particulier à l’UE, accusée
d’"hypocrisie", et à sa chef de la diplomatie Catherine Ashton, lors
d’une visite organisée dans le port d’Eilat (sud d’Israël), où ont été
présentées les armes saisies dans la soute du cargo battant pavillon
panaméen Klos-C, arraisonné la semaine dernière en mer Rouge, dont 40
roquettes M-302 d’une portée allant de 60 à 160 km.
"Cette prise illustre une nouvelle fois l’ère d’hypocrisie dans laquelle
nous vivons. Je n’ai entendu tout au plus que des condamnations isolées
et molles envers l’Iran de la part de la communauté internationale", a
regretté M. Netanyahu en s’adressant aux journalistes et à des attachés
militaires étrangers venus à Eilat.
"J’ai vu des sourires, des mains serrées entre des représentants
occidentaux et des dirigeants iraniens à Téhéran, au moment même où nous
étions en train de décharger les conteneurs" d’armes, a noté le Premier
ministre israélien, en faisant allusion à la visite de Mme Ashton
dimanche à Téhéran pour discuter du programme nucléaire iranien.
Selon "Bibi" Netanyahu, les roquettes acheminées par le bateau aurait pu
toucher "Tel-Aviv, Jérusalem et même la périphérie de Haïfa", dans le
nord d’Israël.
Les roquettes tirées par les groupes armés palestiniens depuis la bande
de Gaza s’abattent généralement dans la région d’Ashkélon et du nord du
Néguev, même si des engins de plus longue portée ont été lancés lors de
la dernière opération militaire israélienne dans la bande de Gaza, en
novembre 2012, atteignant notamment la région de Jérusalem.
Netanyahu et son ministre de la Défense Moshé Yaalon ont passé en
revue les roquettes, les obus de mortiers et les munitions exposés sur
le quai. Des tableaux avaient été installés où figuraient le détail des
armes confisquées ainsi que des certificats présentés comme "falsifiés"
—les conteneurs étaient censés abriter des sacs de ciment— et visant à
démontrer que toute l’opération avait été montée en Iran.
L’armée et le ministère de la Défense avait soigneusement organisé la
présentation de l’arsenal de guerre en espérant déclencher des critiques
internationales contre l’Iran, son soutien "à des organisations
terroristes internationales" et son programme nucléaire.
Selon les commentateurs, Netanyahu escomptait que l’interception du
Klos-C lui donnerait de nouveaux arguments pour presser la communauté
internationale de maintenir les sanctions économiques contre Téhéran.
Les médias n’avaient pas manqué de relever que l’annonce de
l’arraisonnement a coïncidé avec une visite du Premier ministre
israélien aux Etats-Unis qu’il tente de convaincre de ne pas baisser la
garde face à l’Iran.
Au grand dam d’Israël, une partie des sanctions a été levée en échange
d’un gel de certaines activités nucléaires par Téhéran, en vertu d’un
accord signé le 24 novembre à Genève entre l’Iran et les grandes
puissances.
La plupart des analystes israéliens avaient, dès l’annonce de
l’interception du cargo, exprimé de sérieux doutes sur le fait qu’elle
suffise à convaincre la communauté internationale de se monter plus
ferme envers l’Iran du président Hassan Rohani qui nie vouloir se doter
de l’arme atomique.
L’Iran et les principaux mouvements palestiniens à Gaza ont catégoriquement démenti tout lien avec le bateau arraisonné.
Ne cachant pas un certain dépit, Netanyahu a reproché à la communauté
internationale de conduire une politique de deux poids deux mesures à
l’encontre d’Israël.
Selon lui, les réactions internationales après la découverte des armes
du Klos-C n’ont pas été à la hauteur du "choeur de critiques" qui
accueille chaque annonce de constructions dans les colonies juives de
Cisjordanie et à Jérusalem-Est.
"Dès que l’on construit un balcon dans un quartier de Jérusalem, nous
entendons un choeur de critiques acerbes contre Israël. Cette hypocrisie
est intolérable moralement et dangereuse", a estimé Netanyahu.
"Avant qu’il ne soit trop tard, le monde doit se réveiller et empêcher
l’Iran de développer ses capacités à se doter de l’arme nucléaire",
a-t-il plaidé encore une fois.
Lancé le 19 décembre 2011, "Si Proche Orient" est un blog d'information internationale. Sa mission est de couvrir l’actualité du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord avec un certain regard et de véhiculer partout dans le monde un point de vue pouvant amener au débat. "Si Proche Orient" porte sur l’actualité internationale de cette région un regard fait de diversité des opinions, de débats contradictoires et de confrontation des points de vue.Il propose un décryptage approfondi de l’actualité .
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