Une réunion de onze pays soutenant la Coalition de l’opposition
syrienne s’est ouverte dimanche à Paris, en présence du président de la
Coalition Ahmad Jarba, pour discuter de la participation toujours
incertaine de l’opposition à la conférence de paix sur la Syrie à partir
du 22 janvier en Suisse.
Les ministres des Affaires étrangères des Onze (Grande-Bretagne,
Allemagne, Italie, France, Arabie saoudite, Emirats arabes unis, Qatar,
Egypte, Jordanie, Etats-Unis, Turquie) assistent à cette réunion au Quai
d’Orsay, le secrétaire d’Etat américain John Kerry devant arriver un
peu plus tard dans la matinée. Une déclaration finale doit être rendue
publique en début d’après-midi.
A dix jours de la conférence de paix, sous l’égide de l’ONU, à Montreux
puis à Genève, pour tenter de dégager une solution politique au conflit
syrien, l’objectif de la réunion à Paris est d’inciter l’opposition qui
n’a pas encore pris de décision, à envoyer des représentants en Suisse.
"Nous essayons de permettre que Genève-2 se déroule et surtout ait une
efficacité mais sans se cacher les difficultés", a souligné un diplomate
français selon lequel il y a un consensus entre les Onze sur cette
question.
Les différentes tendances politiques de l’opposition syrienne demeurent
profondément divisées sur leur participation éventuelle, alors que se
poursuivent les bombardements de l’armée de Bashar al-Assad et que les
groupes de combattants rebelles les ont mis en garde contre toute forme
de négociation avec le régime.
A Paris, d’intenses échanges diplomatiques ont commencé. Le chef de la
diplomatie française Laurent Fabius a rencontré samedi Ahmad Jarba,
ainsi que ses homologues du Qatar et du Koweït. Dimanche matin, il s’est
entretenu avec le ministre turc des Affaires étrangères Ahmet
Davutoglu. Lundi, il parlera successivement au ministre russe des
Affaires étrangères Sergueï Lavrov en déplacement à Paris, puis avec
M. Kerry et ensuite avec le médiateur international sur la Syrie Lakhdar
Brahimi.
De son côté, John Kerry profitera de son étape parisienne pour parler
dimanche du processus de paix israélo-palestinien avec ses homologues de
la Ligue arabe. Lundi, en début de matinée, il rencontrera M. Lavrov
avec au menu la question d’une éventuelle participation de l’Iran qui,
jusqu’ici, n’a pas été invité à Genève-2, puis il verra ensemble
MM. Lavrov et Brahimi.
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A dix jours d’une conférence de paix sur la Syrie en Suisse, la
Coalition nationale de l’opposition, profondément divisée sur la
question de sa participation, rencontre dimanche à Paris les onze pays
qui la soutiennent et qui vont l’exhorter à aller à Montreux-Genève à
partir du 22 janvier, coûte que coûte.
Quarante-huit heures de débats houleux à Istanbul cette semaine n’ont
pas permis à la Coalition de prendre une décision, renvoyée au 17
janvier. Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius, depuis
Paris, a demandé jeudi aux uns et aux autres de "faire des efforts" et
d’aller négocier pour dégager une solution politique au conflit.
Un responsable américain du département d’Etat s’est dit relativement
optimiste. "Il y a des gens tout autour de la planète qui font de leur
mieux pour faire venir (l’opposition) avec une position unifiée" en
Suisse, a-t-il expliqué. "A titre personnel, je suis assez confiant dans
le fait qu’ils vont réussir" , a-t-il ajouté, lors d’une conférence
téléphonique.
La Coalition exige, avant la tenue de la conférence, la cessation de
l’utilisation d’armes lourdes par le régime et la mise en place de
couloirs humanitaires, a rappelé son ambassadeur en France Monzer
Makhous, interrogé par l’AFP. Plus de 130.000 personnes dont plus de
7.000 enfants ont été tuées dans les combats entre rebelles et régime
depuis mars 2011, qui ont provoqué l’exode de millions de déplacés et de
2,4 millions de réfugiés.
La France réunit au Quai d’Orsay le président Ahmad Jarba et deux des
trois vice-présidents de la Coalition syrienne, ainsi que les ministres
des Affaires étrangères des Onze (Grande-Bretagne, Allemagne, Italie,
France, Arabie saoudite, Emirats arabes unis, Qatar, Egypte, Jordanie,
Etats-Unis, Turquie).
Parallèlement, d’intenses échanges diplomatiques sont prévus à Paris. Le
secrétaire d’Etat John Kerry rencontre dimanche ses pairs arabes sur
l’évolution des négociations de paix entre Palestiniens et Israël puis
lundi son homologue russe Sergueï Lavrov, avec au menu la participation
éventuelle à Genève-2 de l’Iran qui soutient le régime de Damas et
prédit un échec des pourparlers s’il n’y assiste pas. Washington est
contre la présence de Téhéran.
L’objectif de la conférence, défini par l’ONU conformément à un accord
international de juin 2012 à Genève jamais appliqué, est de discuter
d’un processus de transition politique avec la formation d’un
gouvernement provisoire, composé de membres du régime et de
l’opposition, doté des pleins pouvoirs exécutifs.
"Nous pensons qu’il est important que la Coalition prenne une décision
en faveur d’une participation, ne serait-ce que pour montrer qu’il y a
d’un côté une opposition qui est prête à s’engager dans une transition
politique alors que le régime syrien est certes prêt à mettre des gens
dans un avion pour Genève mais pas à négocier la solution politique",
souligne un diplomate français.
En décembre, le régime de Bashar al-Assad a annoncé vouloir envoyer une
délégation mais le ministre des Affaires étrangères Walid Mouallem a
répété que Damas n’irait pas à Genève "pour remettre le pouvoir à qui
que ce soit ni faire de transactions avec qui que soit".
Cette attitude du régime mais surtout l’intensification des
bombardements des troupes de Bashar al-Assad, sur Alep (Nord) et
d’autres villes, expliquent les fortes réticences de plusieurs tendances
de la Coalition à aller négocier, d’autant que les principaux groupes
de combattants rebelles sont opposés à toute forme de négociation avec
le régime.
"Il y a plein d’interrogations, de difficultés. Les choses ne sont pas
simples pour la Coalition. Ce sera sa décision", dit encore le diplomate
français.
Sur le terrain, l’opposition armée se bat aussi depuis une semaine
contre ses ex-frères d’armes, les jihadistes de l’Etat islamique en Irak
et au Levant (EIIL), accusés d’exactions. Cette guerre interne a fait
en huit jours plus de 500 morts dont 85 civils, dans le Nord. Cinq
rebelles ont encore été tués samedi dans une attaque à la bombe des
jihadistes, à Saraqeb (270 km au nord de Damas) où se déroulent de
violents combats pour le contrôle de la ville. Profitant de la
situation, l’armée syrienne a pris le contrôle de la ville de Nakarin,
près d’Alep (nord).
La réunion de Paris doit aussi faire le point sur la situation humanitaire.
Pour Nicolas Vercken de l’ONG Oxfam-France, elle "doit se concentrer sur
l’avancement de mesures pouvant améliorer rapidement cette situation et
mettre fin aux violences". "Les pourparlers de Genève représentent la
meilleure chance d’atténuer les souffrances des Syriens", estime encore
Oxfam.
Lancé le 19 décembre 2011, "Si Proche Orient" est un blog d'information internationale. Sa mission est de couvrir l’actualité du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord avec un certain regard et de véhiculer partout dans le monde un point de vue pouvant amener au débat. "Si Proche Orient" porte sur l’actualité internationale de cette région un regard fait de diversité des opinions, de débats contradictoires et de confrontation des points de vue.Il propose un décryptage approfondi de l’actualité .
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