Les pays occidentaux et les pétromonarchies du Golfe se sont engagés
mercredi à verser à l’ONU 1,4 milliard de dollars de financements
supplémentaires pour les opérations humanitaires en Syrie.
L’émir du Koweït, le Cheikh Sabah al Ahmed al Sabah, a promis une aide
de 500 millions de dollars en faveur du peuple syrien lors d’une
conférence internationale des donateurs réunie à Koweït. L’Union
européenne s’est engagée pour 225 millions de dollars et la
Grande-Bretagne pour 165 millions.
Les Etats-Unis y ont ajouté une contribution de 380 millions de dollars
tandis que le Qatar et l’Arabie saoudite promettaient chacun 60
millions.
Cette conférence, la deuxième du genre organisée dans l’émirat, doit
aider les Nations unies à lever les 6,5 milliards de dollars (4,75
milliards d’euros) jugés nécessaires pour venir en aide en 2014 à la
population syrienne.
L’appel lancé le mois dernier est le plus important dans l’histoire de
l’Onu, qui estime que le conflit a fait revenir la Syrie 35 ans en
arrière sur le plan du développement humain. La moitié de la population
vivrait désormais sous le seuil de pauvreté.
"Les flammes de la crise humanitaire en Syrie font toujours rage,
détruisant tout signe de vie", a lancé le Cheikh Sabah, qualifiant de
"catastrophe" la guerre civile en cours depuis bientôt trois ans.
En 2013, une réunion des donateurs déjà organisée au Koweït avait permis
de lever 1,5 milliard de dollars d’aide utilisé pour fournir des
rations de nourriture, des médicaments, de l’eau et des abris en Syrie
et dans les Etats voisins. Les gouvernements des pays du Golfe avaient
été les principaux donateurs.
Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, qui préside la conférence, a
déploré que tous les fonds promis l’an passé n’aient pas été versés -
entre 20 et 30% seraient manquants.
Il a également exprimé l’espoir que les discussions de paix prévues le
22 janvier prochain en Suisse permettent de réunir autour d’une même
table le gouvernement syrien et l’opposition.
"J’espère que cela lancera un processus politique visant à établir un
organisme transitoire de gouvernement doté des pleins pouvoirs exécutifs
et, ce qui est le plus important, à mettre fin aux violences", a dit
Ban Ki-moon.
D’après les Nations unies, le conflit syrien, qui a fait plus de 100 000
morts, a également provoqué le départ de 2,3 millions de réfugiés à
l’étranger auxquels s’ajoutent quelque quatre millions de personnes
déplacées par les combats (sur une population estimée à 22 millions
d’habitants au début de la crise).
Pour le mois de décembre, les équipes du Programme alimentaire mondial
(PAM) des Nations unies ont distribué des rations à 3,8 millions de
personnes en Syrie, du jamais vu depuis le début de la crise et ce,
alors même que les populations civiles des provinces orientales tout
comme les villes assiégées autour de la capitale sont hors d’atteinte.
Le PAM ajoute avoir besoin de 35 millions de dollars par semaine pour
répondre aux besoins alimentaires en Syrie et dans les pays voisins qui
abritent l’essentiel des populations réfugiées.
Valerie Amos, secrétaire générale adjointe de l’ONU pour les Affaires
humanitaires, a accusé toutes les parties au conflit d’"ignorer
totalement leurs responsabilités au regard des droits de l’homme et des
obligations humanitaires". Elle a dénoncé la "guerre de siège" qui est
menée dans certaines zones de combat, notamment à Alep et dans la
périphérie de Damas.
"Des enfants, des femmes, des hommes sont pris au piège, affamés, malades. Ils perdent espoir", a-t-elle dit.
Ban Ki-moon, lors de son intervention, a déploré que la Syrie soit revenue "des décennies en arrière".
"Je suis particulièrement inquiet de voir toutes les parties user de
violence contre les femmes et les jeunes filles afin de dénigrer leurs
adversaires. Je demande la fin immédiate de telles pratiques", a déclaré
le secrétaire général de l’ONU.
Sur le terrain, la situation est toujours aussi dramatique.
Mercredi, une fusillade a contraint une équipe humanitaire des Nations
unies à renoncer à livrer des rations alimentaires et des vaccins contre
la polio au camp palestinien de Yarmouk, à la périphérie de Damas.
Lancé le 19 décembre 2011, "Si Proche Orient" est un blog d'information internationale. Sa mission est de couvrir l’actualité du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord avec un certain regard et de véhiculer partout dans le monde un point de vue pouvant amener au débat. "Si Proche Orient" porte sur l’actualité internationale de cette région un regard fait de diversité des opinions, de débats contradictoires et de confrontation des points de vue.Il propose un décryptage approfondi de l’actualité .
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