Les différentes factions de l’opposition syrienne, réunies pour la
première fois à Cordoue en Espagne, ont plaidé vendredi en faveur d’une
nouvelle coalition sans parvenir à s’entendre sur une participation à la
conférence "Genève II" prévue à partir du 22 janvier en Suisse.
A moins de quinze jours de l’ouverture sur les bords du lac Léman des
premières négociations directes avec le gouvernement de Bashar al Assad,
l’opposition syrienne continue d’afficher ses divisions alors que sur
le terrain les combats se poursuivent entre factions rebelles.
La Coalition nationale syrienne (CNS), principale organisation de
l’opposition soutenue par les Occidentaux et les pays du Golfe, continue
d’être paralysée par les disputes.
Elle a reporté à la semaine prochaine une décision attendue sur la
participation à "Genève II" après la réélection d’Ahmad al Djarba,
soutenu par les Saoudiens, à la tête de la CNS. Un quart des 121 membres
de l’instance ont menacé de démissionner à l’issue du scrutin.
Le communiqué final de la réunion de Cordoue propose la constitution
d’une commission chargée de coordonner les groupes de l’opposition afin
d’organiser une conférence nationale réunissant un millier de
participants, a indiqué Yahya al Aridi, porte-parole de la réunion.
"C’est notre engagement : nous consacrer à trouver des gens qui ont des
différences mais qui ont aussi un objectif commun", a-t-il dit.
Le porte-parole a précisé que la commission ne serait pas une instance
politique et qu’elle ne remplacerait pas la CNS, considérée par les
Occidentaux et les pays du Golfe comme l’opposition officielle au
président Assad.
Le communiqué réitère la demande récurrente de l’opposition selon
laquelle "Genève II" doit déboucher sur la création d’une autorité de
transition en Syrie dans laquelle Bashar al Assad ne jouerait aucun
rôle. Pour le gouvernement de Damas, le chef de l’Etat doit en revanche
conserver son pouvoir.
C’était la première fois que l’opposition en exil se retrouvait face à
des représentants vivant toujours en Syrie et souhaitant avant tout des
réformes et non une mise à l’écart d’Assad. Ces représentants, tolérés
par les autorités syriennes, sont en désaccord avec les organisations
armées sur le terrain comme avec l’opposition réfugiée à l’étranger.
L’Espagne, qui abritait la réunion, espérait qu’elle soit la plus large
possible afin de parvenir à un consensus mais deux groupes importants
n’ont pas dépêché de représentants : le Comité national de coordination
des forces du changement démocratique (CNCD), principale instance de
l’opposition interne, et le Front islamique.
Le CNCD a refusé de se rendre à Cordoue car seuls deux de ses membres
avaient été invités alors qu’il envisageait une délégation de 10 à 15
membres. "Cette réunion ne présentait pas une vision claire et un
objectif clair", a expliqué Khalaf Dahud, membre du bureau exécutif du
CNCD.
Le Front islamique a, lui, été représenté par des alliés. "Il s’agit de
gens qui les connaissent, qui ont des relations avec eux et qui
soutiennent leur point de vue", a dit Aridi.
Un diplomate français, s’exprimant sous le sceau de l’anonymat, a jugé
que l’opposition syrienne était fondée à s’interroger sur une
participation à "Genève II" dans la mesure où Damas refuse d’envisager
une transition.
Les "Amis de la Syrie" doivent se retrouver dimanche à Paris pour tenter de préparer le sommet.
Lancé le 19 décembre 2011, "Si Proche Orient" est un blog d'information internationale. Sa mission est de couvrir l’actualité du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord avec un certain regard et de véhiculer partout dans le monde un point de vue pouvant amener au débat. "Si Proche Orient" porte sur l’actualité internationale de cette région un regard fait de diversité des opinions, de débats contradictoires et de confrontation des points de vue.Il propose un décryptage approfondi de l’actualité .
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire