La conférence des donateurs pour les victimes de la guerre en Syrie
réunie mercredi à Koweït a permis de rassembler des promesses portant
sur plus de 2,4 milliards de dollars, bien moins que les 6,5 milliards
escomptés.
Ces promesses ont été annoncées par le secrétaire général de l’ONU Ban
Ki-moon à l’issue de la réunion, alors que les contacts diplomatiques
s’intensifient pour faire réussir la conférence de paix dite de Genève
II prévue dans une semaine.
Depuis le début de la révolte lancée en mars 2011 contre le régime de
Bashar al-Assad, qui s’est transformée en rébellion armée face à une
répression sanglante, les violences en Syrie ont fait plus de 130.000
morts et 2,4 millions de réfugiés.
"Plus de 2,4 milliards de dollars ont été promis durant la conférence", a
annoncé M. Ban, qui avait souligné devant les représentants de quelque
70 pays que la situation s’était dramatiquement détériorée depuis la
réunion de janvier 2013 qui avait récolté des promesses d’aide de 1,5 md
de dollars.
"L’an dernier, lorsque nous nous sommes réunis ici, (...) quatre
millions de Syriens avaient besoin d’aide et il y avait 700.000
réfugiés", a-t-il déclaré.
Aujourd’hui, "la moitié de la population
syrienne, près de 9,3 millions de personnes, ont besoin d’une aide
humanitaire urgente, et près de la moitié sont des enfants".
L’ONU avait présenté cette nouvelle levée de fonds comme la plus
importante de son histoire pour une situation d’urgence. Elle vise à
secourir quelque 13 millions de Syriens affectés par près de trois ans
de guerre civile.
Les Nations unies ont indiqué avoir besoin de 2,3 milliards de dollars
pour aider 9,3 millions de personnes en Syrie, et 4,2 milliards de
dollars pour les réfugiés dont le nombre devrait quasiment doubler, à
4,1 millions en 2014.
Le Koweït a annoncé un don de 500 millions de dollars, suivi par les
Etats-Unis qui se sont engagés à une aide supplémentaire de 380 millions
de dollars.
La Grande-Bretagne a annoncé une aide de 164 millions de dollars, le Japon 120 M USD, et la Norvège 75 M USD.
Trois des monarchies pétrolières du Golfe —Arabie saoudite, Qatar et
Emirats arabes unis— ont promis chacun 60 millions de dollars.
"Je suis profondément troublée par des informations persistantes sur des
populations à court de nourriture dans des zones assiégées, où vivent
quelque 245.000 personnes", a déclaré la coordinatrice des Affaires
humanitaires de l’ONU Valérie Amos devant la conférence.
Kerry doit s’entretenir avec Lavrov
Ban Ki-moon a exprimé l’espoir que Genève II parviendrait à "arrêter la
violence" et établir "un gouvernement de transition doté de pouvoirs
exécutifs".
Le secrétaire d’Etat américain John Kerry a pour sa part annoncé, depuis
Koweït, qu’il s’entretiendrait mercredi au téléphone avec son homologue
russe Sergueï Lavrov dans le cadre des efforts des deux pays, parrains
de cette conférence, pour aboutir à un cessez-le-feu limité
géographiquement.
"J’ai bon espoir que dans les prochains jours, avec la visite à Moscou
du ministre (syrien) des Affaires étrangères (Walid) Mouallem et nos
efforts, nous pourrons obtenir du régime d’Assad les mesures nécessaires
pour un cessez-le-feu, quelque soit le nombre des lieux où il pourra
être mis en place", a-t-il dit.
L’opposition syrienne n’a pas encore annoncé si elle allait participer à
Genève II. La Russie et l’émissaire de la Ligue arabe et de l’ONU
Lakhdar Brahimi souhaiteraient la participation de Téhéran, à laquelle
s’opposent jusqu’à présent les Etats-Unis.
Le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif, dont le pays
est le principal soutien régional de Damas, a rencontré mercredi à Damas
le président syrien.
Le ministre, cité par l’agence officielle SANA, a affirmé que l’objectif
de sa visite était "d’aider à ce que la conférence de Genève II
débouche sur des résultats qui servent les intérêts du peuple syrien".
M. Zarif avait affirmé lundi à Beyrouth que les pays qui cherchent à écarter son pays de la conférence le regretteraient.
Le président turc Abdullah Gül s’est pour sa part prononcé pour une
modification de la politique du gouvernement du Premier ministre Recep
Tayyip Erdogan envers la Syrie.
Fervent soutien de l’opposition syrienne, la Turquie a été soupçonnée
d’avoir livré des armes à des groupes proches d’Al-Qaïda, mais a
toujours réfuté ces allégations.
Lancé le 19 décembre 2011, "Si Proche Orient" est un blog d'information internationale. Sa mission est de couvrir l’actualité du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord avec un certain regard et de véhiculer partout dans le monde un point de vue pouvant amener au débat. "Si Proche Orient" porte sur l’actualité internationale de cette région un regard fait de diversité des opinions, de débats contradictoires et de confrontation des points de vue.Il propose un décryptage approfondi de l’actualité .
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