Les habitants ayant fui Fallujah, théâtre de combats la semaine écoulée,
revenaient peu à peu samedi dans cette ville à l’ouest de Bagdad,
toujours tenue par des insurgés armés.
Le Conseil de sécurité de l’ONU a apporté vendredi son soutien au
gouvernement irakien, dominé par les chiites, dans sa lutte pour
reprendre Fallujah ainsi que la ville proche de Ramadi dont plusieurs
quartiers avaient également été pris la semaine dernière par les
jihadistes de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL, lié à
Al-Qaïda).
Les combats, mais aussi le manque d’approvisionnement en eau, en
nourriture et en carburant qu’ils avaient provoqués, avaient poussé
13.000 familles à fuir Fallujah vers les provinces voisines.
Mais samedi matin, la principale route reliant la capitale à Fallujah
était pleine de véhicules, les habitants retournant chez eux.
La plupart des commerces ont rouvert dans cette ville sunnite située à
60 km à l’ouest de Bagdad, contrôlés par des hommes armés : des membres
de l’EIIL mais aussi des membres de tribus hostiles au gouvernement.
Les opérations de sécurité ont été suspendues dans des secteurs entre Fallujah et Ramadi en raison de fortes pluies durant la nuit qui ont
limité l’utilisation des avions et véhicules de combats.
La police et des tribus étaient parvenus vendredi à reprendre aux mains
des jihadistes deux quartiers de Ramadi, une ville 40 km plus à l’ouest,
chef-lieu de la province d’Al-Anbar, frontalière de la Syrie.
Selon un commandant d’une milice tribale, Mohammed Khamis Abu Risha, les
combattants de l’EIIL ne contrôlent plus que 10% de Ramadi.
C’est la première fois que des hommes armés prennent aussi ouvertement
le contrôle de zones urbaines depuis l’insurrection qui a suivi
l’invasion américaine de 2003.
A Fallujah, un responsable religieux, cheikh Abdulhamid Jadua, a appelé
vendredi lors de la prière hebdomadaire les cheikhs de la région à
intervenir pour résoudre la crise, tout en prévenant que le gouvernement
ne devait pas "avoir recours à l’armée pour les combats à l’intérieur
des villes".
Les violences, déclenchées le 30 décembre avec le démantèlement à Ramadi
d’un camp de protestataires sunnites anti-gouvernementaux, ont fait
plus de 250 morts, selon un décompte de l’AFP fondé sur des sources
médicales et officielles.
Il y a une semaine, des centaines d’hommes armés, arborant pour certains
le drapeau noir des jihadistes, ont participé dans le centre de Fallujah à la grande prière hebdomadaire, au cours de laquelle un
combattant avait solennellement déclaré la ville "Etat islamique", selon
un témoin et des images diffusées par les jihadistes.
Depuis, des policiers chargés de la circulation ont repris leur poste
dans les rues de Fallujah, toujours sous le contrôle d’hommes armés.
Après avoir déployé des renforts tout autour de la ville, l’armée a
assuré qu’elle ne mènerait pas d’assaut dans l’immédiat, pour éviter des
victimes civiles.
Une attaque contre Fallujah risque d’aggraver les tensions entre la
minorité sunnite et le gouvernement, et constitue un défi de taille pour
les forces gouvernementales qui n’ont encore jamais mené une opération
de cette ampleur depuis le départ des derniers soldats américains il y a
deux ans.
Dans un communiqué, le conseil de sécurité de l’ONU a fait valoir le
"grand courage" des forces de sécurité irakiennes dans la province
d’Al-Anbar. "Le Conseil de sécurité exprime son solide soutien aux
efforts continus du gouvernement irakien pour assurer la sécurité de la
population en Irak", indique le texte.
Le Conseil presse "les tribus irakiennes, les responsables locaux, et
les forces de sécurité dans la province (...) de poursuivre, d’étendre
et de renforcer leur coopération contre la violence", et souligne
"l’importance cruciale d’un dialogue et d’une unité nationale".
La crise à Al-Anbar et la persistance d’un niveau élevé de violences
dans le reste du pays constituent l’une des menaces les plus importantes
pour le Premier ministre chiite Nouri al-Maliki, au pouvoir depuis huit
ans, à quelques mois des élections législatives prévues en avril.
Lancé le 19 décembre 2011, "Si Proche Orient" est un blog d'information internationale. Sa mission est de couvrir l’actualité du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord avec un certain regard et de véhiculer partout dans le monde un point de vue pouvant amener au débat. "Si Proche Orient" porte sur l’actualité internationale de cette région un regard fait de diversité des opinions, de débats contradictoires et de confrontation des points de vue.Il propose un décryptage approfondi de l’actualité .
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