Les autorités égyptiennes doivent annoncer samedi les résultats du
référendum sur la nouvelle Constitution qui pourraient ouvrir la voie à
une candidature à la présidentielle du chef de l’armée Abdel Fattah
al-Sissi qui a destitué l’islamiste Mohamed Morsi.
Depuis cette destitution le 3 juillet, l’Egypte est profondément divisée
entre partisans de M. Morsi et ceux du nouveau pouvoir dirigé de facto
par les militaires qui les réprime, et est prise dans un engrenage de
violences meurtrières.
La Haute commission électorale doit tenir une conférence de presse vers
16H00 GMT pour annoncer les résultats du scrutin de mardi et mercredi,
dont le principal enjeu est le taux de participation alors que la
victoire du "oui" ne fait aucun doute.
Ce référendum a été présenté par le pouvoir comme une caution populaire à
l’éviction de M. Morsi, mais les partisans de ce dernier, qui l’ont
boycotté, continuent de crier au coup d’Etat et de manifester malgré la
faible mobilisation et la répression.
Le scrutin a été d’ailleurs émaillé de violences qui ont fait 10 morts,
alors que des heurts vendredi entre manifestants pro-Morsi et la police
ont tué quatre personnes, selon un dernier bilan.
En attendant les résultats officiels, le journal gouvernemental Al-Ahram
a fait état d’un taux de participation supérieur à 40% avec une
"majorité écrasante de ’oui’". Selon l’agence Mena, la participation a
été de 39% dans 20 des 27 provinces.
« Toutes les routes mènent Sissi à la présidence »
Un proche du général Sissi, véritable homme fort du pays, a laissé
entendre que la participation servirait d’"indicateur" à ce dernier à
l’approche de la présidentielle.
Les autorités misent sur un taux de participation supérieur aux 32,9% enregistrés lors du référendum constitutionnel de 2012.
Le référendum est la première étape de la "transition démocratique"
promise par l’armée qui doit se poursuivre avec des législatives et une
présidentielle courant 2014. Un président intérimaire et un gouvernement
de transition nommés par l’armée sont actuellement en place.
"Toutes les routes mènent Sissi à la présidence de la République", écrit en Une samedi le journal officiel Al-Akhbar.
Avant le référendum, le général Sissi, également ministre de la Défense
et vice-Premier ministre, a déclaré qu’il se porterait candidat à la
présidentielle si le peuple "le réclam(ait)" et si l’armée l’appuyait.
Le 3 juillet, il avait lui-même annoncé l’éviction de M. Morsi, assurant
répondre au souhait de millions de manifestants qui ont réclamé le 30
juin le départ du président islamiste, accusé d’accaparer le pouvoir.
C’est sur cet épisode que les autorités attendaient les électeurs, dont
la plupart n’ont pas lu la nouvelle Constitution —révision à la marge de
celle adoptée sous Morsi en 2012.
Le scrutin était "aussi un référendum sur le 30 juin", selon Hani Salah, porte-parole du gouvernement intérimaire.
Rendez-vous le 25 janvier
Quoiqu’il en soit, rien ne laisse présager une réconciliation rapide dans le pays.
L’Alliance contre le coup d’Etat, une coalition pro-Morsi chapeautée par
les Frères musulmans dont est issu M. Morsi et désignée comme
"organisation terroriste" par le pouvoir, veulent poursuivre leur
mobilisation coûte que coûte.
Outre les manifestations anti-référendum cette semaine, elle a appelé à
des rassemblements le 25 janvier, jour du 3e anniversaire de la révolte
ayant chassé Hosni Moubarak du pouvoir.
Dans l’autre camp, le ministre de l’Intérieur a demandé aux partisans
des nouvelles autorités à manifester en masse ce jour-là pour contrer
"le plan des Frères musulmans de semer le chaos".
Les Frères musulmans, qui avaient remporté toutes les élections depuis
la révolte de 2011, peinent à mobiliser massivement face à la répression
qui a fait plus de 1.000 morts et des milliers d’arrestations dans
leurs rangs.
En outre, depuis que les Frères musulmans ont été déclarés "organisation
terroriste", leurs dirigeants encourent la peine de mort, et les
participants à leurs manifestations cinq années de prison. M. Morsi est
en détention et poursuivi en justice.
Outre les violences occasionnées lors des rassemblements, le pays a été
secoué par plusieurs attentats meurtriers imputés aux islamistes les
plus radicaux et visant notamment les forces de sécurité.
(18-01-2014 - Assawra avec les agences de presse)
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