Le gouvernement de Bahreïn s’est engagé mardi à combattre sans répit "le
terrorisme" au lendemain du plus grave attentat depuis le début de la
contestation chiite dans ce petit royaume du Golfe, qui a coûté la vie à
trois policiers dont un Emirati.
Les forces de sécurité ont mené mardi matin des perquisitions dans les
villages chiites entourant Manama, surtout celui de Daih où s’est
produit l’attentat, arrêtant 25 suspects, a rapporté l’agence officielle
BNA.
"Le gouvernement a chargé le ministre de l’Intérieur de continuer la
lutte sans répit contre le terrorisme", a annoncé un communiqué au ton
extrêmement ferme publié à l’issue d’une réunion extraordinaire du
cabinet.
Il a ajouté que le gouvernement "prendra les mesures nécessaires pour
éradiquer les organisations terroristes", citant en particulier le
Collectif du 14 février, un groupe radical animant des manifestations
violentes dans les zones chiites.
Trois policiers, dont un officier émirati de la force commune des pays
du Golfe déployée à Bahreïn, ont été tués lundi par un attentat à la
bombe dans le village de Daih où ils dispersaient des "émeutiers", selon
les autorités.
C’est la première fois qu’un membre des forces de sécurité d’un autre
pays du Golfe est tué à Bahreïn, où des militaires des Etats voisins se
sont déployés il y a trois ans pour soutenir la monarchie sunnite face
au soulèvement chiite.
Selon le ministère bahreini de l’Intérieur, les trois policiers ont été
tués par une bombe actionnée à distance, et deux autres bombes ont
explosé dans le même village sans faire de victime.
Il s’agit de l’attentat le plus grave contre les forces de sécurité à
Bahreïn depuis l’écrasement en mars 2011 du soulèvement dans ce petit
royaume du Golfe dirigé par une dynastie sunnite, où la majorité de la
population est chiite.
Les forces des autres pays du Golfe, notamment l’Arabie saoudite, sont
normalement déployées autour des installations vitales et ne prennent
pas part à la répression des manifestations, quasi-quotidiennes dans les
villages chiites.
L’opposition conduite par la puissante formation chiite Al-Wefaq, a
rapidement condamné l’attaque, soulignant la nature "pacifique" de sa
contestation contre le régime.
Elle s’est nettement démarqué, dans un communiqué, des Brigades al-Ashtar, qui ont revendiqué l’attaque sur les réseaux sociaux.
Le Conseil de Coopération du Golfe (CCG) a condamné l’attentat, de même
que le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon qui a appelé "tous les
Bahreinis à s’unir pour favoriser un climat de conciliation nationale",
selon son porte-parole.
Les Brigades al-Ashtar, un groupe clandestin, avait déjà revendiqué
depuis avril 2013 des attentats à la bombe dans le royaume, dont un
devant une mosquée sunnite en juillet dernier.
Les attaques contre les forces de sécurité se sont intensifiées au cours
des derniers mois à Bahreïn, et un policier avait été blessé dimanche
par une explosion dans un village chiite proche de Manama où des
manifestants avaient bloqué des rues.
Un autre policier avait été tué le 15 février dans une attaque à la
bombe dans un village chiite lors de protestations marquant le troisième
anniversaire du mouvement de contestation.
La justice a multiplié les condamnations contre les auteurs de violences, dont la dernière a été prononcée mardi.
Dix chiites ont été ainsi condamnés à des peines allant de 3 à 15 ans de
prison pour une attaque contre un poste de police près de Manama en
décembre 2012.
L’impasse politique est totale à Bahreïn où l’opposition réclame
l’instauration d’une véritable monarchie constitutionnelle alors que le
pouvoir refuse de faire des concessions de fond. Face à la poursuite de
la contestation, les autorités ont alourdi l’an dernier les peines pour
les auteurs de violences et introduit la peine de mort ou la prison à
perpétuité en cas de morts ou de blessés.
Selon la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH), au
moins 89 personnes ont été tuées depuis le début de la contestation.
Lancé le 19 décembre 2011, "Si Proche Orient" est un blog d'information internationale. Sa mission est de couvrir l’actualité du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord avec un certain regard et de véhiculer partout dans le monde un point de vue pouvant amener au débat. "Si Proche Orient" porte sur l’actualité internationale de cette région un regard fait de diversité des opinions, de débats contradictoires et de confrontation des points de vue.Il propose un décryptage approfondi de l’actualité .
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