Samih al-Qâsim (né en 1939 dans la ville jordanienne de Zarka et mort
le 19 août 2014) est un poète et journaliste palestinien. Son œuvre
comporte plus d’une trentaine de livres : des recueils de poèmes, des
récits et des essais.
Son père, capitaine de l’armée des frontières, était en garnison en
Jordanie. Originaire de Ramallah en Palestine, ses parents sont issus
d’une grande famille d’intellectuels et d’imams druzes.
Après des études secondaires à Nazareth, Samih al-Qassim commence des
études de philosophie et d’économie politique à Moscou, qu’il
interrompt pour se consacrer à la poésie, aux activités militantes et au
journalisme. « Je considère que ma véritable naissance eut lieu en
1948, car les premières images dont je me souviens sont celles des
événements de cette année-là. Toute ma pensée et les images de ma vie
partent de ce chiffre "48" ! » Il parcourt le pays, clamant ses vers
partout, dans la rue, chez des amis, dans des clubs culturels. Il est
radié du corps enseignant dès la publication de son deuxième recueil :
Chansons des rues.
Il a occupé des fonctions importantes dans plusieurs journaux et
revues paraissant en langue arabe (Al Ittihad, Al Ghad, Al Jadid). Il a
dirigé également la maison d’édition Arabesque Presse à Haïfa.
Ces activités lui valent d’être incarcéré à plusieurs reprises,
licencié de son travail ou soumis à la résidence obligatoire. Il a été
directeur de la Fondation populaire des Arts à Haïfa et président de
l’Union des écrivains palestiniens en Israël.
Selon le traducteur René R. Khawam, « ses images familières ne sont
jamais convenues : en elles parlent les voix jumelles de la solidarité
et de la sincérité. »
Pour Gilles Ladkany, « Samîh al-Qâsim a produit une œuvre riche et
variée. Ses ouvrages dépassent la trentaine. Traduit en plusieurs
langues (allemand, anglais, espagnol, grec, hébreu, italien, russe), il
est une figure de proue de la poésie de résistance en Palestine. [...]
C’est en effet sur le mythe de la mort et de la résurrection que
s’arc-boute l’œuvre de Samîh. [...] Mais pour le public, la vision
cosmique et le souffle épique priment et font aujourd’hui de ce Galiléen
le représentant le plus célèbre de la poésie de la Palestine occupée.
Samîh al Qasîm reste malgré tout un poète d’ouverture attaché aux
valeurs universelles : dès 1965, dans un poème dédié à un Israélien,
Oury Davies, il célèbre avec enthousiasme sa foi en un avenir commun. »
Samih al-Qassim a exprimé la douleur et l’espérance de chaque
Palestinien quand il écrit dans un poème souvent repris, Notre chemise
râpée :
« Mais dis-lui aussi que la force qui pousse la vie / à sortir de la
graine semée / est plus dure que le roc ; dis-lui que nos racines /
plongent loin dans le sein de cette terre... / et que notre chemise
râpée, tant qu’elle battra au vent / de la peine et de la détresse, /
avec elle battra aussi le drapeau du retour, / avec elle battra aussi le
drapeau du retour !... »
Éléments bibliographiques en langue arabe
Les cortèges du soleil, poèmes, Nazareth, 1958.
Les chansons des rues, poèmes, Nazareth, 1964.
Iram, poème, Haïfa, 1965.
Mon sang sur ma paume, poème, Nazareth, 1967.
Fumée des volcans, poèmes, Nazareth, 1968.
La chute des masques, poèmes, Beyrouth, 1969.
Voyage au fond des caveaux déserts, 1969.
Le retour de l’oiseau tonnerre, poèmes, Acre, 1969.
Iskandarun dans le périple extérieur intérieur, poèmes, Nazareth, 1970.
Qarqach, théâtre, Haïfa, 1970.
Sur l’engagement et l’art, essai, Beyrouth, 1970.
Coran de la mort et du jasmin, poèmes, Jérusalem, 1971.
La grande mort, poèmes, Beyrouth, 1972.
Les oraisons de Samih Al Qassim, Beyrouth, 1973.
Mon dieu, mon dieu pourquoi m’as-tu tué ?, poème, Haïfa, 1974.
Je te dénonce par ta bouche, prose, Nazareth, 1974.
Ils ne l’ont pas tué, ils ne l’ont pas crucifié, il y a eu méprise, poèmes, Jérusalem, 1976.
Trioxyde de carbone, poème, Haïfa, 1976.
À l’enfer, lilas !, récit, Jérusalem, 1977.
Diwan de la geste (tome 1), poèmes, Acre, 1978.
Diwan de la geste (tome 2), poèmes, Acre, 1979.
Je t’aime au gré de la mort, poèmes, Acre, 1980.
La dernière photo dans l’album, récit, Acre, 1980.
Diwan de la geste, (tome 3), poèmes, Acre, 1981.
La face sombre de la pomme, la face éclairée du cœur, poèmes, Beyrouth, 1981.
Les points cardinaux de l’âme, poème, Haïfa, 1983.
Sacrifices, poèmes, Londres, 1983.
Collage, expressions, Haïfa, 1983.
Le désert, poème, Acre, 1984.
Persona non grata, poèmes, Haïfa, 1986.
Ar-rasâ’il, correspondance avec Mahmoud Darwich, Casablanca, 1990.
Livres en français
Je t’aime au gré de la mort, poèmes de Samih al-Qâsim traduits par
Abdellatif Laâbi, Éd. Unesco/Éditions de Minuit, Paris, 1988, (ISBN
2707311715) Document utilisé pour la rédaction de l’article.
Une poignée de lumière, poèmes, trad. de l’arabe par M. S. Yamani, éd. Circé, 1997. (ISBN 2-84242-033-0)
Le voyageur, poème traduit par Abdellatif Laâbi dans La poésie
palestinienne contemporaine, éd. Le temps des cerises, 2002, (ISBN
9782841093519), p. 83.
Samih al-Qassim : auto-portrait, texte de l’entretien qu’a eu l’envoyé
de la revue At-Tariq avec le poète à Sofia, lors du festival mondial de
la jeunesse qui s’est tenu en Bulgarie en 1968. Texte reproduit dans :
Abdellatif Laâbi, La poésie palestinienne de combat, éd. Atlantes
Casablanca, imprimé par P. J. Oswald éditeur, Honfleur, oct. 1970. p.
140-145.
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