François Hollande proposera "prochainement" une conférence sur la
sécurité en Irak et la lutte contre l’État islamique, estimant que la
situation internationale est "la plus grave" depuis 2001, dans un
entretien mercredi au journal Le Monde. "Nous devons envisager une
stratégie globale contre ce groupe qui s’est structuré, qui dispose de
financements importants et d’armes très sophistiquées, et qui menace des
pays comme l’Irak, la Syrie ou le Liban", estime le chef de l’État. "Je
proposerai donc prochainement à nos partenaires une conférence sur la
sécurité en Irak et la lutte contre l’État islamique", poursuit-il.
"Nous devons faire face, non pas à un mouvement terroriste comme
al-Qaida, mais à un quasi-État terroriste, l’État islamique. Nous ne
pouvons plus nous en tenir au traditionnel débat, intervention ou
non-intervention", ajoute M. Hollande.
Selon le texte de l’entretien diffusé plus tôt par la présidence
française, légèrement différent de la version mise en ligne par le
journal, le chef de l’État évoquait "dès septembre" une "initiative" sur
la sécurité en Irak et la lutte contre l’État islamique (EI). La France
a annoncé la semaine dernière la livraison d’"armes sophistiquées" aux
Kurdes irakiens qui font rempart aux djihadistes de l’État islamique en
Irak. Interrogé sur un risque d’accélération de marche vers
l’indépendance des Kurdes à cette occasion, François Hollande affirme
avoir "veillé à ce que ces livraisons se fassent en plein accord avec
les autorités de Bagdad pour qu’il n’y ait aucun doute sur l’utilisation
de ces moyens et que le cadre demeure celui de l’unité de l’Irak".
Répondant à une question sur un supposé "manque d’autorité" du
président américain Barack Obama dans l’est de l’Europe et au
Proche-Orient, le chef de l’État français déclare qu’on s’est "longtemps
(...) plaint de l’hyperpuissance américaine et de son interventionnisme
multiple. Nous serions mal placés pour reprocher à Barack Obama une
trop grande timidité." "Mais je considère que la situation
internationale est la plus grave que nous ayons connue depuis 2001. Le
monde doit en prendre toute la mesure", ajoute-t-il.
Le chef de l’État français estime notamment que la "communauté
internationale porte une responsabilité très grave dans ce qui se passe
en Syrie". "Si, il y a deux ans, il y avait eu une action pour installer
une transition, nous n’aurions pas eu l’État islamique. Si, il y a un
an, il y avait eu une réaction des grandes puissances à la hauteur de
l’utilisation (par le président Bashar el-Assad) des armes chimiques,
nous n’aurions pas été face à ce choix terrible entre un dictateur et un
groupe terroriste, quand les rebelles méritent tout notre soutien",
poursuit le chef de l’État français.
Lancé le 19 décembre 2011, "Si Proche Orient" est un blog d'information internationale. Sa mission est de couvrir l’actualité du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord avec un certain regard et de véhiculer partout dans le monde un point de vue pouvant amener au débat. "Si Proche Orient" porte sur l’actualité internationale de cette région un regard fait de diversité des opinions, de débats contradictoires et de confrontation des points de vue.Il propose un décryptage approfondi de l’actualité .
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