La première et la seule interview, au cours de l’agression
sioniste, Abu Ahmad l’a accordée au journaliste du quotidien algérien
al-Shourouq, par estime envers le peuple algérien et des liens qui
unissent les « deux peuples révolutionnaires ».
Qu’est-ce qui a le plus surpris l’occupation, de la part de
la résistance palestinienne, et plus particulièrement des Brigades
al-Quds ?
Nous pensons que l’ennemi a été surpris par plusieurs faits, au cours
de la bataille « Edifice serré », mais les deux surprises les plus
importantes sont probablement, d’abord les fusées de longue portée qui
ont été intensément lancées sur les villes de l’ennemi, qui pensait
qu’elles étaient à l’abri des fusées de la résistance. Il fut surpris
par leur nombre et l’intensité des frappes, entraînant 4 millions de
colons à se réfugier dans les abris. Ce n’est pas seulement la portée
des fusées qui l’a surpris, mais la précision avec laquelle elles ont
été lancées. L’ennemi a essayé de cacher un grand nombre de buts
atteints, mais il sera finalement obligé, après la fin de la bataille,
de découvrir toutes les zones que les fusées palestiniennes ont
touchées, ces fusées qui sont en majorité de fabrication locale. Quant à
la seconde surprise, c’est celle des tunnels, car l’ennemi pensait
qu’il s’agissait d’une propagande de la résistance pour l’empêcher de
mener une bataille terrestre à Gaza. Il fut surpris par cette arme
stratégique qui a bouleversé les rapports de force dans la bataille et
entraîné de lourdes pertes parmi ses forces d’élite. Il est important de
noter que les tunnels sont de deux sortes : la première est pour le
lancement des fusées de longue portée, qui empêchent l’ennemi de
poursuivre et de viser les combattants qui les lancent, et la seconde
sert aux attaques et aux opérations de contournement.
Le bombardement de Tel Aviv est devenu une pratique quotidienne... Que porte l’avenir ?
Nous n’exagérons pas si nous disons que Tel Aviv est devenu pour nous
comme Sderot, séparée de la bande de Gaza par 6 kms seulement. Ceci est
dû au développement qualitatif dans la fabrication locale des fusées,
où nous avons imité les fusées fabriquées dans le monde, et nous avons
excellé en ceci, par la grâce de Dieu. Les fusées Bouraq 70 et M75
ressemblent beaucoup aux fusées Fajr5 qui nous ont servi à repousser
l’attaque en 2012. C’est pourquoi, puisque nous avons réussi à maîtriser
la technologie de cette industrie et avons acquis une grande expérience
dans ce domaine, nous pouvons, avec la permission de Dieu, la
développer pour atteindre de portées plus lointaines encore. Nous avons
la capacité dès à présent d’atteindre des villes plus éloignées que Tel
Aviv. Nous avons bombardé Natanya qui est séparée de Gaza par 95 Kms, et
ce n’est pas tout ce que nous avons. La bataille peut se durcir et
s’allonger, c’est pourquoi nous avons gardé ce qui est plus puissant,
pour l’utiliser en temps utile.
Vous avez déclaré à plusieurs reprises avoir bombardé des
centrales nucléaires. Ne craignez-vous pas les effets sur la Palestine
et la région ?
Votre question est importante, et c’est pourquoi nous disons que nous
réalisons très bien qu’en bombardant Dimona ou les réacteurs de Nahal
Sourak près de Tel Aviv, qu’une catastrophe peut survenir dans la
région, si une de nos fusées touchait une partie des réacteurs, mais
nous sommes certains que les réacteurs nucléaires sont enterrés à des
centaines de mètres sous terre, et nos fusées ne peuvent les atteindre.
Tout ce que nous essayons de cibler, ce sont les les contructions
entourant ces réacteurs, dans le but d’adresser un message à l’ennemi,
lui disant qu’aucun lieu dans son Etat n’est protégé contre les fusées
de la résistance. C’est le message que nous avons envoyé lorsque nous
avons bombardé le bâtiment du Knesset dans al-Quds et le bâtiment du
ministère de la guerre, à Tel Aviv, lorsque Netanyahu organisait une
conférence de presse, il a dû fuir, devant les caméras de la télévision.
Souvent, l’effet psychologique est plus important que l’effet
militaire.
La confrontation terrestre aux abords de Gaza fut difficile.
Comment avez-vous trouvé les soldats de l’occupation au cours de la
bataille ?
Nous ne nions pas que la confrontation a été très dure, non pas à
cause de la force ou de la témérité des soldats de l’occupation, qui
sont entrés aux abords de Gaza, mais à cause du bombardement intense qui
visait nos combattants qui se trouvaient aux premières lignes de la
bataille. Mais lorsqu’il y a eu lutte rapprochée, les combattants de la
résistance avaient toujours le dessus. C’est ce qui est apparu avec les
déclarations des soldats de l’occupation qui fuyaient le champ de la
bataille ou qui se tiraient des balles dans les jambes pour ne pas aller
au front. Il y a de nombreuses histoires qu’il est impossible de
raconter maintenant mais qui seront marquées en or, qui racontent les
épopées héroïques du simple combattant palestinien, qui a remporté la
victoire sur l’élite de l’armée ennemie, qui était la fierté de cette
armée mais qui fut écrasée aux abords de Gaza.
Nous remarquons que votre grande action au cours de la guerre
n’a pas eu sa place dans les médias. Pourquoi ? Est-ce intentionnel ?
Cela est malheureusement clair. Certains ont intentionnellement
masqué notre action pour servir des agendas locaux ou régionaux. Mais
dans tous les cas, nous ne recherchons pas la gloire auprès du public,
mais recherchons la récompense de Dieu. Peu nous importe si les médias
nous accordent une place comme les autres ou pas, l’essentiel pour nous
est de défendre notre peuple et d’assumer notre devoir, rien ne se perd
auprès de Dieu. Il nous suffit que notre peuple sache qui sont les
Brigades al-Quds, et les martyrs qu’elles ont sacrifié pour sa défense
et la défense de notre chère terre de Palestine.
Quelle est l’efficacité du dôme de fer face à vos fusées ?
Un général sioniste que l’ennemi a surnommé « le père spirituel du
dôme de fer » a répondu à cette question. Il fut le premier à étudier et
à proposer ce projet. Il a dit, au 11ème jour de l’agression, que le
dôme de fer était inutile face aux fusées de la résistance. Il a affirmé
dans une déclaration publiée sur les sites de l’ennemi que le taux des
fusées ayant été interceptés par le dôme ne dépassait pas 12%, sans
compter le coût impressionnant de ce dôme, une seule de ses fusées coûte
entre 70 et 100 millions de dollars, pour faire face à une fusée qui ne
coûte pas plus de 2000 dollars parfois. Que dira-t-on si l’on sait que
pour intercepter une des fusées palestiniennes, 2 à 7 fusées du dôme
sont lancées ? Il y a de lourdes pertes économiques avec ce dôme, qui
s’ajoute à son échec d’intercepter les fusées de la résistance.
Y a-t-il coordonation avec les autres forces de la résistance, notamment les Brigades d’al-Qassam ? A quel degré ?
La coordination est parfaite, par la grâce de Dieu, de nombreuses
opérations communes ont été menées, avec les Brigades d’al-Qassam, comme
le bombardement de Tel Aviv, Beer Saba’ et Asdod, mais aussi lors de
l’affrontement avec les forces spéciales à l’est de Khan Younes.
Au cours de la guerre précédentes, le martyr Muhammad Assi, à
Ramallah, a mené l’opération d’explosion du bus à Tel Aviv. Est-ce que
l’action à l’intérieur du territoire « israélien » est absente ou bien
reportée à plus tard ?
En vérité, les opérations telles que celle menée par le martyr,
dirigeant aux Brigades al-Quds, Muhammad Rabah Assi, au cours de
l’agression de 2012, réclament un grand effort et des moyens
qualitatifs. La difficulté de mener de telles opérations est due aussi à
la coordination sécuritaire, malheureusement, entre l’Autorité
palestinienne et les services de renseignements de l’ennemi. Ce n’est
pas l’unique raison, mais parfois, la décision de reporter ce genre
d’opérations est prise pour des considérations précises. Nous pensons
que nous pouvons assister à ce genre d’opérations si l’agression se
poursuit contre Gaza.
Quel est le minimum accepté par la résistance en cas d’accord pour un cessez-le-feu ?
Nos revendications sont claires, et sont unanimement acceptées par
toutes les organisations et le peuple palestinien, en premier lieu, la
levée totale du blocus contre la bande de Gaza, l’ouverture des
terminaux et la reconstruction.
Si la communauté internationale décide d’envoyer des forces
internationales comme celles de l’UNIFIL au sud Liban. Comment vous
comporterez-vous ?
Nous ne pouvons accepter la présence de forces internationales sur
notre terre, car elles seront, comme d’habitude, au service de la
sécurité de l’ennemi, et non le contraire. Nous pouvons nous défendre
nous-mêmes, malgré le prix élevé que nous payons. Nous nous comporterons
avec toute force étrangère sur notre terre comme une force
d’occupation.
(14-08-2014 - "Baladi")
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