samedi 30 août 2014

Syrie/Irak : Kerry appelle à une coalition pour combattre les jihadistes en Syrie et Irak

Le secrétaire d’État américain John Kerry a plaidé en faveur d’une large coalition mondiale pour lutter contre les jihadistes de l’État islamique (EI), qui multiplient les exactions dans les territoires dont ils se sont emparés en Syrie et en Irak.

Face à la menace représentée par ce groupe sunnite extrémiste, les six monarchies arabes du Golfe se réunissent samedi à Jeddah, en Arabie saoudite. Pour sa part, le Royaume-Uni a relevé de "substantiel" à "grave" son niveau d’alerte, craignant des attaques sur son sol de membres britanniques de l’EI.

Alors que ce groupe - qui a notamment revendiqué la décapitation du journaliste américain James Foley - a multiplié les atrocités ces dernières semaines, M. Kerry a appelé à une "réaction conjuguée conduite par les États-Unis et la plus large coalition de nations possible", dans un tribune dans le New York Times.

Le chef de la diplomatie américaine a précisé qu’il chercherait, avec le secrétaire à la Défense Chuck Hagel, à former cette coalition lors des discussions avec ses partenaires occidentaux en marge du sommet de l’Otan, prévu au Pays de Galles les 4 et 5 septembre. Les deux hommes se rendront ensuite au Moyen-Orient afin de rallier des soutiens "parmi les pays qui sont le plus directement menacés".

"Nous ne permettrons pas au cancer de l’EI de s’étendre à d’autres pays. Le monde peut affronter ce fléau, et au bout du compte le vaincre", a-t-il assuré, en dénonçant les intentions "génocidaires" de l’EI.

Le président américain Barack Obama a reconnu cette semaine que les États-Unis, qui mènent depuis le 8 août des frappes aériennes contre les jihadistes dans le nord de l’Irak, n’avaient "pas encore de stratégie" pour lutter contre l’EI en Syrie.

Mais M. Kerry a souligné que M. Obama proposerait un plan d’action contre l’EI lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, dont son pays prend la présidence en septembre.

Vendredi, le roi Abdallah d’Arabie saoudite a prévenu les pays occidentaux qu’ils seraient la prochaine cible des jihadistes, en l’absence d’une réaction "rapide". "Si on les néglige, je suis sûr qu’ils parviendront au bout d’un mois en Europe, et un mois plus tard en Amérique", a-t-il mis en garde.

Face au danger représenté par les centaines de Britanniques aguerris au jihad en Irak et Syrie, la Grande-Bretagne a d’ores et déjà relevé vendredi, pour la première fois depuis 2011, à "grave" son niveau d’alerte, le quatrième niveau sur une échelle de cinq.

"Avec l’État islamique, nous sommes confrontés à la menace la plus grave que nous ayons jamais connue", a déclaré le Premier ministre David Cameron.

Les États-Unis en revanche n’envisagent pas pour le moment de relever leur niveau d’alerte, n’ayant pas "connaissance d’une menace spécifique et crédible de l’État islamique sur le sol américain", selon le ministre de la Sécurité intérieure, Jeh Johnson.

Né en 2006 en Irak sous un autre nom, l’EI est réapparu avec toute sa force en 2013 en pleine guerre en Syrie. En Irak, il a lancé une offensive fulgurante le 9 juin, s’emparant de larges territoires, ce qu’il l’a conduit à proclamer un califat sur les régions conquises dans les deux pays.

Selon l’Organisation internationale des migrations (OIM), plus de 1,6 million d’Irakiens ont été déplacés cette année par les violences, dont 850.000 durant le seul mois d’août.

Dans ce pays, l’attention se concentre actuellement sur la ville chiite turcomane d’Amerli, au nord de Bagdad, assiégée depuis plus de deux mois par l’EI et contre laquelle les forces de sécurité se préparent à lancer un important assaut, selon des officiers.

En Syrie voisine, où le conflit présente des aspects de plus en plus complexes, les rebelles luttant désormais à la fois contre le régime de Bashar al-Assad et leurs anciens alliés de l’EI, les violences ont fait en bientôt trois et demi 191 000 morts selon l’ONU.

Le nombre de réfugiés a dépassé lui les trois millions, dont un million en 2013, a indiqué le Haut Commissariat pour les réfugiés (HCR). Outre les réfugiés, 6,5 millions de personnes ont été déplacées, ce qui signifie que près de 50% des Syriens ont été contraints de fuir leurs foyers.

Sur le terrain, les forces gouvernementales ont mené vendredi une offensive sans précédent contre un quartier clé de Damas, Jobar, tenu par les rebelles depuis un an.

Dans le même temps, dans le sud du pays, l’ONU négociait pour obtenir la libération des 44 Casques bleus fidjiens enlevés par des rebelles syriens, qui assiègent également 72 soldats philippins des Nations unies sur le plateau du Golan.

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