L’opposition laïque tunisienne, indignée par l’assassinat de deux
hommes politiques de ses rangs depuis février, a déclaré dimanche
qu’elle envisageait la mise sur pied d’un "gouvernement de salut"
alternatif, défiant le cabinet actuel, dominé par les islamistes
d’Ennahda.
"Nous allons nous réunir ce soir pour évoquer la création d’un nouveau
gouvernement de salut, et nous envisagerons de nommer un Premier
ministre destiné à remplacer ce gouvernement, qui a échoué", a déclaré
Djilani Hammami, l’un des dirigeants de la coalition du Front du salut,
par ailleurs à la tête du Parti des travailleurs.
"Il ne fait plus aucun doute qu’il (le gouvernement en place) a fait son temps et aurait dû s’incliner", a-t-il ajouté.
Si l’opposition s’accordait sur un tel gouvernement alternatif, cela
marquerait une escalade de la part du camp laïque, qui estime n’avoir
aucun intérêt à une quelconque réconciliation avec Ennahda.
Jeudi dernier, une personnalité de l’opposition de gauche laïque,
Mohamed Brahmi, a été assassiné, six mois environ après un autre
opposant du même bord, Chokri Belaïd, tué devant chez lui début février.
L’opposition impute l’assassinat de Brahmi à Ennahda et des
manifestations de colère ont éclaté dans la capitale Tunis ainsi que
dans des villes de province.
Le porte-parole de l’Assemblée nationale constituante, chargée de
rédiger une nouvelle Constitution, avait dit pourtant samedi que le
gouvernement envisageait un nouvel accord de partage du pouvoir avec ses
alliés laïques.
"La tendance est d’aller vers un élargissement de la base du pouvoir",
avait déclaré Mofdi Mseddi sur les ondes de la radio Shems FM.
En vertu d’un accord de partage du pouvoir conclu en novembre 2011, dix
mois après la chute du président Zine Ben Ali, les islamistes d’Ennahda
tiennent le gouvernement et deux partis de centre-gauche, le Congrès
pour la République et Ettakatol, occupent respectivement la présidence
et la présidence de l’Assemblée constituante.
L’assassinat de Chokri Belaïd en février avait débouché sur la démission
du gouvernement d’Hamadi Jebali et la formation de l’actuel
gouvernement dirigé par Ali Larayedh.
Le président du parlement, Moustafa Ben Jaafar, a appelé les députés qui
se sont retirés de l’assemblée constituante à revenir sur leur
décision.
"Il n’est pas rationnel de jeter l’éponge à quelques mètres de la ligne d’arrivée", a-t-il dit dans une allocution télévisée.
A la date de dimanche, le nombre de parlementaires qui ont claqué la
porte de l’assemblée constituante était de 70, sur un total de 217
sièges, selon une personnalité de l’opposition, Khamis Ksila.
Ils comptent observer un sit-in sur la place devant le parlement, bien que la police les en ait délogés samedi soir.
"Il s’agit d’un sit-in ouvert et nous ne partirons pas tant que nos
revendications n’auront pas été satisfaites. Nous tiendrons le
gouvernement pour responsable de toute agression nous visant, tout comme
du sang répandu", a ajouté Ksila.
Le sit-in a débuté à cet endroit samedi, après les obsèques de Mohamed Brahmi, qui ont attiré des milliers de personnes.
Dimanche, des manifestants pro- et anti-gouvernementaux, agitant des
drapeaux rouges tunisiens, se sont rassemblés à des bords opposés de la
place, que gardaient plusieurs dizaines d’agents des services de
sécurité en uniforme noir.
On ne signalait aucun acte de violence, mais le ministère de l’Intérieur
a demandé à l’un des deux groupes de s’éloigner d’un secteur afin
d’éviter tout débordement.
Plusieurs centaines de sympathisants de l’opposition ont entonné l’hymne
national et ont crié "Dégagez !" à leurs adversaires. Une foule plus
réduite, de quelques dizaines de partisans d’Ennahda, a riposté en
scandant : "Respecter la légitimité du gouvernement est un devoir !"
(28-07-2013 )
Lancé le 19 décembre 2011, "Si Proche Orient" est un blog d'information internationale. Sa mission est de couvrir l’actualité du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord avec un certain regard et de véhiculer partout dans le monde un point de vue pouvant amener au débat. "Si Proche Orient" porte sur l’actualité internationale de cette région un regard fait de diversité des opinions, de débats contradictoires et de confrontation des points de vue.Il propose un décryptage approfondi de l’actualité .
lundi 29 juillet 2013
dimanche 28 juillet 2013
Palestine : Seen
A Palestinian woman in the Gaza Strip looks through two blankets, while children play in front of her home. 26 juillet 2013.
(Photograph : Ezz Zanoun)
(Photograph : Ezz Zanoun)
Égypte : Affrontements à Port-Saïd, un mort et 29 blessés
Des affrontements ont éclaté très tôt dimanche à Port-Saïd, à
l’embouchure du canal de Suez, entre partisans et opposants du président
égyptien déchu Mohamed Morsi, faisant un mort et une trentaine de
blessés, ont annoncé des sources de sécurité.
Les troubles ont commencé samedi soir tard lorsque des hommes armés ont ouvert le feu sur une église de Port-Saïd, où se déroulaient les funérailles d’une des victimes des violences du Caire, selon ces mêmes sources.
Les opposants ont échangé des tirs de grenaille avant d’être séparés par l’armée.
Si Le Caire était calme dimanche, les violences qui ont ébranlé Port-Saïd ont fait un mort, un jeune de 17 ans, et 29 blessés, a-t-on déclaré de source proche des services de sécurité.
Soixante-cinq personnes ont été tuées samedi à l’aube dans les violences au Caire, et neuf autres ont péri dans des affrontements à Alexandrie dans la nuit de vendredi à samedi, selon un bilan rendu public samedi soir par le ministère égyptien de la Santé.
Selon les Frères musulmans, ces personnes ont péri lors de l’intervention des forces de sécurité égyptiennes contre les campements installés dans le nord du Caire par des partisans du président déchu Mohamed Morsi.
L’organisation Human Rights Watch (HRW) a estimé que ces assassinats traduisaient une "volonté choquante" de la police et de certains hommes politiques d’augmenter le niveau de violence à l’encontre de leurs ennemis.
"Il est presque impossible d’imaginer qu’autant de meurtres aient pu avoir lieu sans intention de tuer ou du moins sans mépris criminel pour la vie des gens", a déclaré Nadim Houry, directeur adjoint du secteur Proche-Orient et Afrique du Nord à HRW.
Des milliers de partisans des Frères musulmans se trouvaient toujours près de la mosquée Rabaa al Adawiya dimanche, dans le nord du Caire, où ils poursuivent le sit-in entamé depuis le 3 juillet, jour du renversement de Mohamed Morsi.
"L’Egypte se trouve à un moment pivot", a déclaré samedi le secrétaire d’Etat américain John Kerry. "A cette croisée des chemins, il est essentiel que les forces de sécurité et le gouvernement de transition respectent le droit de manifester dans le calme, y compris sous la forme de sit-in", a-t-il estimé.
Le secrétaire américain à la Défense, Chuck Hagel, s’est par ailleurs entretenu par téléphone avec le chef d’état-major de l’armée égyptienne, le général Abdel Fattah al Sissi, également premier vice-Premier ministre du gouvernement égyptien par intérim.
Mohamed Badie, guide suprême des Frères musulmans, a accusé les responsables politiques égyptiens de ne pas avoir condamné les meurtres de samedi.
"Malheureusement et honteusement, la responsabilité incombe à ceux qui ont participé à la dissimulation, a-t-il déclaré dans un communiqué.
Signe de premiers craquements au sein du gouvernement de transition mise en place après la chute de Mohamed Morsi, le vice-Premier ministre chargé des questions économiques, Ziad Bahaa El Din a estimé que le nouveau pouvoir ne devait pas copier "les méthodes d’oppression et d’exclusion" de ses ennemis.
"Notre position ne doit pas varier quant à la nécessité de fournir des garanties juridiques non seulement aux membres des Frères musulmans, mais à tous les Egyptiens. Le recours excessif à la force ne doit pas être autorisé", a écrit El Din sur Facebook.
Autre signe de malaise après les violences, le mouvement de protestation Tamarod (Rebelle), qui avait mobilisé des millions de personnes contre Mohamed Morsi et a pleinement soutenu l’action de l’armée le 3 juillet, a tiré la sonnette d’alarme après l’annonce selon laquelle le ministre de l’Intérieur, Mohamed Ibrahim, relancerait la police politique secrète de l’ère Moubarak.
Les troubles ont commencé samedi soir tard lorsque des hommes armés ont ouvert le feu sur une église de Port-Saïd, où se déroulaient les funérailles d’une des victimes des violences du Caire, selon ces mêmes sources.
Les opposants ont échangé des tirs de grenaille avant d’être séparés par l’armée.
Si Le Caire était calme dimanche, les violences qui ont ébranlé Port-Saïd ont fait un mort, un jeune de 17 ans, et 29 blessés, a-t-on déclaré de source proche des services de sécurité.
Soixante-cinq personnes ont été tuées samedi à l’aube dans les violences au Caire, et neuf autres ont péri dans des affrontements à Alexandrie dans la nuit de vendredi à samedi, selon un bilan rendu public samedi soir par le ministère égyptien de la Santé.
Selon les Frères musulmans, ces personnes ont péri lors de l’intervention des forces de sécurité égyptiennes contre les campements installés dans le nord du Caire par des partisans du président déchu Mohamed Morsi.
L’organisation Human Rights Watch (HRW) a estimé que ces assassinats traduisaient une "volonté choquante" de la police et de certains hommes politiques d’augmenter le niveau de violence à l’encontre de leurs ennemis.
"Il est presque impossible d’imaginer qu’autant de meurtres aient pu avoir lieu sans intention de tuer ou du moins sans mépris criminel pour la vie des gens", a déclaré Nadim Houry, directeur adjoint du secteur Proche-Orient et Afrique du Nord à HRW.
Des milliers de partisans des Frères musulmans se trouvaient toujours près de la mosquée Rabaa al Adawiya dimanche, dans le nord du Caire, où ils poursuivent le sit-in entamé depuis le 3 juillet, jour du renversement de Mohamed Morsi.
"L’Egypte se trouve à un moment pivot", a déclaré samedi le secrétaire d’Etat américain John Kerry. "A cette croisée des chemins, il est essentiel que les forces de sécurité et le gouvernement de transition respectent le droit de manifester dans le calme, y compris sous la forme de sit-in", a-t-il estimé.
Le secrétaire américain à la Défense, Chuck Hagel, s’est par ailleurs entretenu par téléphone avec le chef d’état-major de l’armée égyptienne, le général Abdel Fattah al Sissi, également premier vice-Premier ministre du gouvernement égyptien par intérim.
Mohamed Badie, guide suprême des Frères musulmans, a accusé les responsables politiques égyptiens de ne pas avoir condamné les meurtres de samedi.
"Malheureusement et honteusement, la responsabilité incombe à ceux qui ont participé à la dissimulation, a-t-il déclaré dans un communiqué.
Signe de premiers craquements au sein du gouvernement de transition mise en place après la chute de Mohamed Morsi, le vice-Premier ministre chargé des questions économiques, Ziad Bahaa El Din a estimé que le nouveau pouvoir ne devait pas copier "les méthodes d’oppression et d’exclusion" de ses ennemis.
"Notre position ne doit pas varier quant à la nécessité de fournir des garanties juridiques non seulement aux membres des Frères musulmans, mais à tous les Egyptiens. Le recours excessif à la force ne doit pas être autorisé", a écrit El Din sur Facebook.
Autre signe de malaise après les violences, le mouvement de protestation Tamarod (Rebelle), qui avait mobilisé des millions de personnes contre Mohamed Morsi et a pleinement soutenu l’action de l’armée le 3 juillet, a tiré la sonnette d’alarme après l’annonce selon laquelle le ministre de l’Intérieur, Mohamed Ibrahim, relancerait la police politique secrète de l’ère Moubarak.
Israël : le gouvernement approuve la libération de Palestiniens
Le gouvernement israélien a approuvé dimanche la libération de
prisonniers palestiniens dans le cadre d’une reprise des négociations de
paix directes avec les Palestiniens, selon la radio publique.
Le conseil des ministres a adopté un texte prévoyant la libération de 104 prisonniers palestiniens détenus en Israël, par 13 votes pour, 7 votes contre et 2 absentions, selon la radio.
**
Pas de paix entre Israéliens et Palestiniens sans référendum
Le gouvernement israélien a approuvé ce dimanche un projet de loi prévoyant de soumettre à référendum tout accord de paix avec les Palestiniens, selon un communiqué du bureau du Premier ministre Benyamin Netanyahou. "Tout accord qui peut être conclu lors de négociations sera soumis à référendum", a indiqué le texte citant le chef du gouvernement. "C’est important que, pour de telles décisions historiques, chaque citoyen vote directement sur un sujet qui va décider de l’avenir du pays", a-t-il ajouté.
Selon un responsable palestinien, les négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens, au point mort depuis trois ans, doivent reprendre mardi prochain à Washington. Israël n’a pas encore confirmé officiellement leur reprise. Selon un compte rendu de la réunion, le gouvernement a vu l’approbation de ce projet comme "urgent et important" et a indiqué qu’il demanderait au Parlement de se prononcer rapidement dessus. Les médias israéliens ont indiqué que le texte pourrait être présenté cette semaine au Parlement pour une première lecture. Le référendum serait ainsi la dernière étape pour entériner un accord de paix après l’approbation du gouvernement, puis celle du Parlement.
Ce projet de loi est vu comme un geste envers les ministres de droite qui appréhendent les concessions qui pourraient être demandées à Israël lors des négociations. Il obligerait ainsi la tenue d’une consultation populaire dans le cas où des territoires sous le contrôle israélien seraient cédés en vertu d’un accord de paix ou d’une décision du cabinet.
Alors que les noms des prisonniers n’ont pas encore été officiellement rendus publics, des personnes ayant tué des femmes et enfants israéliens et des Palestiniens soupçonnés de collaborer avec Israël figureraient parmi eux, selon les médias. Selon Almagor, une association représentant des victimes israéliennes des attentats palestiniens, la liste comprendrait aussi des personnes emprisonnées pour des affaires de droit commun. Ce projet a suscité des protestations parmi les familles des victimes israéliennes, les colons et certains partenaires de la coalition gouvernementale.
Selon les médias, le parti nationaliste religieux (Foyer juif) a l’intention de voter contre le projet, alors que le parti ultranationaliste Israël Beiteinou n’a pas donné de consigne de vote à ses ministres. Le propre parti de Benyamin Netanyahou, le Likoud, est quant à lui divisé sur la question, le vice-ministre de la Défense Danny Danon exhortant les ministres de cette formation à voter contre le projet. "Le message que nous donnons aux terroristes, c’est que, au bout du compte, nous les libérons en héros", a-t-il dit à la radio, qualifiant le projet d’"erreur diplomatique". Les commentateurs s’attendent cependant à ce que celui-ci soit adopté, même si c’est de justesse.
Le conseil des ministres a adopté un texte prévoyant la libération de 104 prisonniers palestiniens détenus en Israël, par 13 votes pour, 7 votes contre et 2 absentions, selon la radio.
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Pas de paix entre Israéliens et Palestiniens sans référendum
Le gouvernement israélien a approuvé ce dimanche un projet de loi prévoyant de soumettre à référendum tout accord de paix avec les Palestiniens, selon un communiqué du bureau du Premier ministre Benyamin Netanyahou. "Tout accord qui peut être conclu lors de négociations sera soumis à référendum", a indiqué le texte citant le chef du gouvernement. "C’est important que, pour de telles décisions historiques, chaque citoyen vote directement sur un sujet qui va décider de l’avenir du pays", a-t-il ajouté.
Selon un responsable palestinien, les négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens, au point mort depuis trois ans, doivent reprendre mardi prochain à Washington. Israël n’a pas encore confirmé officiellement leur reprise. Selon un compte rendu de la réunion, le gouvernement a vu l’approbation de ce projet comme "urgent et important" et a indiqué qu’il demanderait au Parlement de se prononcer rapidement dessus. Les médias israéliens ont indiqué que le texte pourrait être présenté cette semaine au Parlement pour une première lecture. Le référendum serait ainsi la dernière étape pour entériner un accord de paix après l’approbation du gouvernement, puis celle du Parlement.
Ce projet de loi est vu comme un geste envers les ministres de droite qui appréhendent les concessions qui pourraient être demandées à Israël lors des négociations. Il obligerait ainsi la tenue d’une consultation populaire dans le cas où des territoires sous le contrôle israélien seraient cédés en vertu d’un accord de paix ou d’une décision du cabinet.
Alors que les noms des prisonniers n’ont pas encore été officiellement rendus publics, des personnes ayant tué des femmes et enfants israéliens et des Palestiniens soupçonnés de collaborer avec Israël figureraient parmi eux, selon les médias. Selon Almagor, une association représentant des victimes israéliennes des attentats palestiniens, la liste comprendrait aussi des personnes emprisonnées pour des affaires de droit commun. Ce projet a suscité des protestations parmi les familles des victimes israéliennes, les colons et certains partenaires de la coalition gouvernementale.
Selon les médias, le parti nationaliste religieux (Foyer juif) a l’intention de voter contre le projet, alors que le parti ultranationaliste Israël Beiteinou n’a pas donné de consigne de vote à ses ministres. Le propre parti de Benyamin Netanyahou, le Likoud, est quant à lui divisé sur la question, le vice-ministre de la Défense Danny Danon exhortant les ministres de cette formation à voter contre le projet. "Le message que nous donnons aux terroristes, c’est que, au bout du compte, nous les libérons en héros", a-t-il dit à la radio, qualifiant le projet d’"erreur diplomatique". Les commentateurs s’attendent cependant à ce que celui-ci soit adopté, même si c’est de justesse.
Tunisie : ces députés qui boycottent l’Assemblée (Julie Schneider)
Trois tentes rouge et bleu ont été dressées, samedi à Tunis, face à
l’Assemblée nationale constituante. "C’est un peu rudimentaire, mais
demain il y aura tout le confort nécessaire", plaisante Salma Baccar,
députée Al-Massar. Assise sur une chaise en plastique, dans l’obscurité,
elle montre les bouteilles d’eau et autres vivres dans des sacs en
plastique : "Les citoyens nous ont apporté tout ça au moment de la
rupture du jeûne [observé pendant le ramadan, NDLR]", sourit-elle.
Ses lunettes glissant sur son nez, Ali Bechrifa, député indépendant et démissionnaire d’Ettakatol (membre de la coalition au pouvoir), arrive en courant : "On est 62, maintenant !" Autant de députés qui ont annoncé leur retrait de l’Assemblée constituante. "Nous atteignons presque le tiers bloquant", souligne Karima Souid, députée Al-Massar, ex-Ettakatol, élue en France. La veille au soir, 42 élus ont annoncé qu’ils gelaient leur participation aux travaux de l’Assemblée et ont entamé un sit-in ouvert. Ils demandent la dissolution de l’Assemblée, la mise en place d’un comité d’experts chargés d’achever la loi fondamentale et la formation d’un gouvernement de salut national, dont les membres ne se présenteront pas aux élections, avec une personnalité "nationale, indépendante et consensuelle" en guise de Premier ministre.
"L’assassinat de l’un des nôtres a été un électrochoc. C’est maintenant ou jamais. Ils nous ont eus pour Belaïd [opposant assassiné le 6 février, NDLR], ils ne nous auront pas deux fois", prévient Karima Souid. Le jeudi 25 juillet, Mohamed Brahmi, député de l’opposition, a été abattu, selon le même mode opératoire que Chokri Belaïd, alors qu’il sortait de son domicile. Ses funérailles se tenaient vendredi. Samedi, peu avant la rupture du jeûne, Mustapha Ben Jaâfar, le président de l’ANC, a prié les élus de ne pas laisser leurs sièges vides, rappelant que les travaux de l’Assemblée touchaient à leur fin. "Tout est possible, du remaniement ministériel au gouvernement d’union nationale." Du "réchauffé" pour Salma Baccar : "À chaque fois, on a cru au consensus et il ne se passait rien. Le clan majoritaire se retranche toujours derrière la légitimité, mais c’est le peuple qui l’accorde, et il peut la reprendre."
D’un côté, sous des guirlandes de petits drapeaux tunisiens et dans une ambiance assez festive, plus de 2 000 personnes reprennent le célèbre "Dégage" en balayant l’air de leurs mains, entonnent l’hymne national, appellent à la "chute du gouvernement", accusent le leader d’Ennahda aux cris de "Ghannouchi assassin". De l’autre, séparées de plusieurs mètres et par des barrières, quelques centaines de personnes manifestent leur soutien au gouvernement. "On est contre ce soulèvement. On veut que le processus démocratique se termine. Tout cela va nous mener vers le chaos", s’alarme Ahmed, 24 ans, élève pilote. "Le gouvernement n’est pas seul responsable de ces assassinats. On l’est tous. Mais on doit rester unis et liés pour continuer le chemin vers la démocratie et réussir à mettre en place les prochaines élections", plaide Ichraf, 21 ans, étudiante en prépa langues et venue en famille.
De petits groupes de discussion se forment entre ces deux manifestations pacifiques et sous un lourd dispositif policier. Deux femmes s’égosillent. "C’est un dialogue de sourds. Elles ne s’écoutent pas, chacune essaie d’imposer son point de vue à l’autre", commente Noor. Ce restaurateur de 28 ans s’"oppose à ce qui se passe dans le pays". "On doit être dans la rue. Il faut qu’Ennahda dégage. Sans eux, l’environnement politique sera meilleur. On pourra parler de démocratie et de laïcité. Cette partie de la population fout tout en l’air", tranche-t-il. Pour ce nostalgique de Ben Ali, nul doute : il faut exclure Ennahda. Un discours répandu et auquel s’opposent les élus. Monia, pharmacienne, est satisfaite au contraire de ces deux manifestations : "C’est très bien. Elles sont pacifiques. Chacun a le droit de s’exprimer." Elle est contre le gouvernement et souhaite aussi sa chute pour l’avenir de ses enfants : "C’est le moment de construire le pays pour eux. J’espère que ce mouvement va se poursuivre jusqu’à l’obtention des 73 députés qui devraient permettre la dissolution de l’Assemblée de manière pacifique. On ne veut pas l’usage de la force. On ne veut pas de violence."
Dans l’après-midi, alors que les élus tentaient de monter leurs tentes, des gaz lacrymogènes ont été tirés à plusieurs reprises. Selon des témoins, des personnes ont été victimes de violence policière, dont le député du Front populaire Mongi Rahoui. Des manifestations, qui ont fait un mort à Gafsa et plusieurs blessés, se poursuivent à travers le pays. Et une charge explosive a été placée sous un véhicule de la Garde nationale samedi, au petit matin, faisant peu de dégâts et aucun blessé. "Les 48 prochaines heures seront décisives, prévient Maya Jribi, députée du Parti républicain, également favorable à la dissolution de l’Assemblée nationale. Heure après heure, nous dévions la Tunisie de son processus politique. Le pays risque de tomber dans la violence. On est pour une solution politique concertée et la formation d’un gouvernement qui a une vision globale. Mais ce gouvernement doit démissionner."
(28-07-2013 - Julie Schneider )
Ses lunettes glissant sur son nez, Ali Bechrifa, député indépendant et démissionnaire d’Ettakatol (membre de la coalition au pouvoir), arrive en courant : "On est 62, maintenant !" Autant de députés qui ont annoncé leur retrait de l’Assemblée constituante. "Nous atteignons presque le tiers bloquant", souligne Karima Souid, députée Al-Massar, ex-Ettakatol, élue en France. La veille au soir, 42 élus ont annoncé qu’ils gelaient leur participation aux travaux de l’Assemblée et ont entamé un sit-in ouvert. Ils demandent la dissolution de l’Assemblée, la mise en place d’un comité d’experts chargés d’achever la loi fondamentale et la formation d’un gouvernement de salut national, dont les membres ne se présenteront pas aux élections, avec une personnalité "nationale, indépendante et consensuelle" en guise de Premier ministre.
"L’assassinat de l’un des nôtres a été un électrochoc. C’est maintenant ou jamais. Ils nous ont eus pour Belaïd [opposant assassiné le 6 février, NDLR], ils ne nous auront pas deux fois", prévient Karima Souid. Le jeudi 25 juillet, Mohamed Brahmi, député de l’opposition, a été abattu, selon le même mode opératoire que Chokri Belaïd, alors qu’il sortait de son domicile. Ses funérailles se tenaient vendredi. Samedi, peu avant la rupture du jeûne, Mustapha Ben Jaâfar, le président de l’ANC, a prié les élus de ne pas laisser leurs sièges vides, rappelant que les travaux de l’Assemblée touchaient à leur fin. "Tout est possible, du remaniement ministériel au gouvernement d’union nationale." Du "réchauffé" pour Salma Baccar : "À chaque fois, on a cru au consensus et il ne se passait rien. Le clan majoritaire se retranche toujours derrière la légitimité, mais c’est le peuple qui l’accorde, et il peut la reprendre."
D’un côté, sous des guirlandes de petits drapeaux tunisiens et dans une ambiance assez festive, plus de 2 000 personnes reprennent le célèbre "Dégage" en balayant l’air de leurs mains, entonnent l’hymne national, appellent à la "chute du gouvernement", accusent le leader d’Ennahda aux cris de "Ghannouchi assassin". De l’autre, séparées de plusieurs mètres et par des barrières, quelques centaines de personnes manifestent leur soutien au gouvernement. "On est contre ce soulèvement. On veut que le processus démocratique se termine. Tout cela va nous mener vers le chaos", s’alarme Ahmed, 24 ans, élève pilote. "Le gouvernement n’est pas seul responsable de ces assassinats. On l’est tous. Mais on doit rester unis et liés pour continuer le chemin vers la démocratie et réussir à mettre en place les prochaines élections", plaide Ichraf, 21 ans, étudiante en prépa langues et venue en famille.
De petits groupes de discussion se forment entre ces deux manifestations pacifiques et sous un lourd dispositif policier. Deux femmes s’égosillent. "C’est un dialogue de sourds. Elles ne s’écoutent pas, chacune essaie d’imposer son point de vue à l’autre", commente Noor. Ce restaurateur de 28 ans s’"oppose à ce qui se passe dans le pays". "On doit être dans la rue. Il faut qu’Ennahda dégage. Sans eux, l’environnement politique sera meilleur. On pourra parler de démocratie et de laïcité. Cette partie de la population fout tout en l’air", tranche-t-il. Pour ce nostalgique de Ben Ali, nul doute : il faut exclure Ennahda. Un discours répandu et auquel s’opposent les élus. Monia, pharmacienne, est satisfaite au contraire de ces deux manifestations : "C’est très bien. Elles sont pacifiques. Chacun a le droit de s’exprimer." Elle est contre le gouvernement et souhaite aussi sa chute pour l’avenir de ses enfants : "C’est le moment de construire le pays pour eux. J’espère que ce mouvement va se poursuivre jusqu’à l’obtention des 73 députés qui devraient permettre la dissolution de l’Assemblée de manière pacifique. On ne veut pas l’usage de la force. On ne veut pas de violence."
Dans l’après-midi, alors que les élus tentaient de monter leurs tentes, des gaz lacrymogènes ont été tirés à plusieurs reprises. Selon des témoins, des personnes ont été victimes de violence policière, dont le député du Front populaire Mongi Rahoui. Des manifestations, qui ont fait un mort à Gafsa et plusieurs blessés, se poursuivent à travers le pays. Et une charge explosive a été placée sous un véhicule de la Garde nationale samedi, au petit matin, faisant peu de dégâts et aucun blessé. "Les 48 prochaines heures seront décisives, prévient Maya Jribi, députée du Parti républicain, également favorable à la dissolution de l’Assemblée nationale. Heure après heure, nous dévions la Tunisie de son processus politique. Le pays risque de tomber dans la violence. On est pour une solution politique concertée et la formation d’un gouvernement qui a une vision globale. Mais ce gouvernement doit démissionner."
(28-07-2013 - Julie Schneider )
Koweit : les chiites grands perdants des législatives
La minorité chiite du Koweït a perdu plus de la moitié de ses sièges au
Parlement tandis que les libéraux en ont gagné quelques-uns, au cours
des deuxièmes élections législatives en seulement huit mois.
Selon des résultats défintifs diffusés dans la nuit de samedi à dimanche par les autorités, les candidats de la minorité chiite n’ont obtenu que huit sièges sur les 50 que compte le Parlement. Lors des dernières élections de décembre, les chiites, qui représentent environ 30% de la population, avaient obtenu le nombre record de 17 sièges.
Les libéraux, qui n’avaient aucun siège au précédent Parlement, en ont cette fois gagné au moins trois. De même, les islamistes sunnites ont renforcé leur poids politique en passant de cinq à sept sièges.
Selon le site du ministère de l’Information, la participation était en hausse pour ce scrutin, où 52,5% des électeurs se sont rendus aux urnes, contre 40% seulement en décembre - un record d’abstention. Cette hausse serait due à la participation de tribus qui avaient boycotté les précédentes élections.
Parmi la centaine de bureaux de vote ouverts samedi, certains —notamment dans les zones tribales qui avaient boycotté le précédent scrutin - ont connu une forte affluence lorsque d’autres sont restés particulièrement calmes.
Le ministre de l’Information, cheikh Salman Hamud Al-Sabah, s’est félicité à la mi-journée du nombre important d’électeurs. La canicule, avec un thermomètre affichant 45 degrés, était cependant de nature à dissuader certains de sortir voter.
Ce vote est aussi la première élection koweïtienne à se tenir pendant le mois du jeûne musulman du ramadan, pendant lequel les fidèles s’abstiennent de manger et de boire du lever au coucher du soleil.
A la veille du scrutin, le sixième en sept ans, les principaux groupes de l’opposition ont réitéré leur appel à boycotter l’élection pour protester contre un amendement de la loi électorale, en affirmant que la participation équivaudrait à légaliser la corruption.
Selon les opposants, la nouvelle loi électorale est de nature à donner à la famille régnante des Al-Sabah la possibilité de manipuler le résultat de la consultation.
La loi, confirmée en juin par la Cour constitutionnelle, limite le choix de l’électeur à un seul candidat alors qu’il avait la possibilité auparavant d’en choisir quatre.
"J’espère que le nouveau Parlement terminera sa législature" de quatre ans, a déclaré un électeur, Bassam Eid, à l’AFP.
"Nous sommes frustrés des dissolutions à répétition de l’Assemblée", a dit ce fonctionnaire, après avoir voté au bureau de vote d’Al-Qadsia, à l’entrée sud de la capitale.
Les deux derniers Parlements ont été dissous par la Cour constitutionnelle alors que les précédents l’ont été par le chef de l’État.
Mais ce nouveau scrutin n’apporte pas de réel espoir de voir ce riche pays pétrolier du Golfe connaître la stabilité politique.
"Je suis vraiment inquiet de la tournure des évènements car il ne peut y avoir de développement sans la stabilité politique que nous appelons de nos voeux", a déclaré un autre électeur, Jawaed Abdel Hassan, un médecin.
Certains groupes politiques qui ont boycotté la dernière élection de décembre ont participé au scrutin, notamment l’Alliance démocratique nationale, de tendance libérale, et des représentants de tribus.
Mais peu d’opposants figuraient parmi les 300 candidats.
Huit femmes se présentaient à cette élection, le nombre le plus réduit de candidates depuis que les Koweïtiennes ont obtenu le droit de vote et d’éligibilité en 2005.
Durant la campagne, l’opposition n’a pas vraiment réussi à mobiliser pour le boycott comme elle l’avait fait en décembre dernier.
Peu avant le scrutin, les autorités ont fait état de l’arrestation d’au moins quatre candidats et de dizaines de leurs aides pour tentative d’achat de voix.
En dépit du fait que le Koweït soit la seule monarchie arabe du Golfe, avec Bahreïn, à avoir un Parlement élu, tous les postes clés de l’exécutif restent tenus par des membres de la famille Al-Sabah.
L’instabilité politique bloque des projets de développement en dépit d’excédents budgétaires colossaux et d’avoirs publics estimés à 400 milliards de dollars.
Membre de l’OPEP, le pays détient 10% des réserves pétrolières mondiales et pompe 3 millions de barils de brut par jour.
Le Koweït a une population de 3,9 millions d’habitants, dont 69% d’étrangers, et seules 400.000 personnes ont le droit de vote sur une population autochtone de 1,23 million d’âmes.
L’âge légal pour voter est de 21 ans et les policiers et militaires sont interdits de vote. Les femmes représentent 53,1% du corps électoral.
Selon des résultats défintifs diffusés dans la nuit de samedi à dimanche par les autorités, les candidats de la minorité chiite n’ont obtenu que huit sièges sur les 50 que compte le Parlement. Lors des dernières élections de décembre, les chiites, qui représentent environ 30% de la population, avaient obtenu le nombre record de 17 sièges.
Les libéraux, qui n’avaient aucun siège au précédent Parlement, en ont cette fois gagné au moins trois. De même, les islamistes sunnites ont renforcé leur poids politique en passant de cinq à sept sièges.
Selon le site du ministère de l’Information, la participation était en hausse pour ce scrutin, où 52,5% des électeurs se sont rendus aux urnes, contre 40% seulement en décembre - un record d’abstention. Cette hausse serait due à la participation de tribus qui avaient boycotté les précédentes élections.
Parmi la centaine de bureaux de vote ouverts samedi, certains —notamment dans les zones tribales qui avaient boycotté le précédent scrutin - ont connu une forte affluence lorsque d’autres sont restés particulièrement calmes.
Le ministre de l’Information, cheikh Salman Hamud Al-Sabah, s’est félicité à la mi-journée du nombre important d’électeurs. La canicule, avec un thermomètre affichant 45 degrés, était cependant de nature à dissuader certains de sortir voter.
Ce vote est aussi la première élection koweïtienne à se tenir pendant le mois du jeûne musulman du ramadan, pendant lequel les fidèles s’abstiennent de manger et de boire du lever au coucher du soleil.
A la veille du scrutin, le sixième en sept ans, les principaux groupes de l’opposition ont réitéré leur appel à boycotter l’élection pour protester contre un amendement de la loi électorale, en affirmant que la participation équivaudrait à légaliser la corruption.
Selon les opposants, la nouvelle loi électorale est de nature à donner à la famille régnante des Al-Sabah la possibilité de manipuler le résultat de la consultation.
La loi, confirmée en juin par la Cour constitutionnelle, limite le choix de l’électeur à un seul candidat alors qu’il avait la possibilité auparavant d’en choisir quatre.
"J’espère que le nouveau Parlement terminera sa législature" de quatre ans, a déclaré un électeur, Bassam Eid, à l’AFP.
"Nous sommes frustrés des dissolutions à répétition de l’Assemblée", a dit ce fonctionnaire, après avoir voté au bureau de vote d’Al-Qadsia, à l’entrée sud de la capitale.
Les deux derniers Parlements ont été dissous par la Cour constitutionnelle alors que les précédents l’ont été par le chef de l’État.
Mais ce nouveau scrutin n’apporte pas de réel espoir de voir ce riche pays pétrolier du Golfe connaître la stabilité politique.
"Je suis vraiment inquiet de la tournure des évènements car il ne peut y avoir de développement sans la stabilité politique que nous appelons de nos voeux", a déclaré un autre électeur, Jawaed Abdel Hassan, un médecin.
Certains groupes politiques qui ont boycotté la dernière élection de décembre ont participé au scrutin, notamment l’Alliance démocratique nationale, de tendance libérale, et des représentants de tribus.
Mais peu d’opposants figuraient parmi les 300 candidats.
Huit femmes se présentaient à cette élection, le nombre le plus réduit de candidates depuis que les Koweïtiennes ont obtenu le droit de vote et d’éligibilité en 2005.
Durant la campagne, l’opposition n’a pas vraiment réussi à mobiliser pour le boycott comme elle l’avait fait en décembre dernier.
Peu avant le scrutin, les autorités ont fait état de l’arrestation d’au moins quatre candidats et de dizaines de leurs aides pour tentative d’achat de voix.
En dépit du fait que le Koweït soit la seule monarchie arabe du Golfe, avec Bahreïn, à avoir un Parlement élu, tous les postes clés de l’exécutif restent tenus par des membres de la famille Al-Sabah.
L’instabilité politique bloque des projets de développement en dépit d’excédents budgétaires colossaux et d’avoirs publics estimés à 400 milliards de dollars.
Membre de l’OPEP, le pays détient 10% des réserves pétrolières mondiales et pompe 3 millions de barils de brut par jour.
Le Koweït a une population de 3,9 millions d’habitants, dont 69% d’étrangers, et seules 400.000 personnes ont le droit de vote sur une population autochtone de 1,23 million d’âmes.
L’âge légal pour voter est de 21 ans et les policiers et militaires sont interdits de vote. Les femmes représentent 53,1% du corps électoral.
Israël : le cabinet se prononce sur la libération de Palestiniens
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu cherche à obtenir
dimanche l’aval du gouvernement sur son projet controversé de libération
de 104 détenus palestiniens et arabes israéliens dans le cadre d’une
reprise des négociations de paix directes.
Alors que les noms des prisonniers n’ont pas encore été officiellement rendus publics, ou même communiqués aux ministres, selon les médias, des personnes ayant tué des femmes et enfants israéliens et des Palestiniens soupçonnés de collaborer avec Israël figureraient parmi eux.
Une liste non officielle publiée par Almagor, une association représentant des victimes israéliennes des attentats palestiniens, a indiqué que la liste comprenait aussi des personnes emprisonnées pour des affaires de droit commun.
Ce projet, dont l’examen commence à 07H00 GMT, a suscité des protestations parmi les familles des victimes israéliennes et certains partenaires de la coalition gouvernementale.
Selon les médias, le parti nationaliste religieux (Foyer juif) a l’intention de voter contre le projet, alors que le parti ultra-nationaliste Israël Beiteinou n’a pas donné de consigne de vote à ses ministres.
Le propre parti de Netanyahu, le Likoud, est quant à lui divisé sur la question, le vice-ministre de la défense Danny Danon exhortant les ministres de cette formation à voter contre le projet.
Les commentateurs s’attendent cependant à ce que celui-ci soit adopté, même si c’est de justesse.
Un responsable palestinien a déclaré samedi à l’AFP que les négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens, à l’arrêt depuis trois ans, doivent reprendre mardi à Washington.
Israël n’a pas encore confirmé officiellement leur reprise mardi mais Netanyahu avait indiqué samedi soir être prêt à libérer les 104 Palestiniens dans le cadre d’une reprise des pourparlers.
Jeudi, le ministre israélien du Développement régional Sylvan Shalom avait affirmé que les négociations reprendraient probablement mardi.
Alors que les noms des prisonniers n’ont pas encore été officiellement rendus publics, ou même communiqués aux ministres, selon les médias, des personnes ayant tué des femmes et enfants israéliens et des Palestiniens soupçonnés de collaborer avec Israël figureraient parmi eux.
Une liste non officielle publiée par Almagor, une association représentant des victimes israéliennes des attentats palestiniens, a indiqué que la liste comprenait aussi des personnes emprisonnées pour des affaires de droit commun.
Ce projet, dont l’examen commence à 07H00 GMT, a suscité des protestations parmi les familles des victimes israéliennes et certains partenaires de la coalition gouvernementale.
Selon les médias, le parti nationaliste religieux (Foyer juif) a l’intention de voter contre le projet, alors que le parti ultra-nationaliste Israël Beiteinou n’a pas donné de consigne de vote à ses ministres.
Le propre parti de Netanyahu, le Likoud, est quant à lui divisé sur la question, le vice-ministre de la défense Danny Danon exhortant les ministres de cette formation à voter contre le projet.
Les commentateurs s’attendent cependant à ce que celui-ci soit adopté, même si c’est de justesse.
Un responsable palestinien a déclaré samedi à l’AFP que les négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens, à l’arrêt depuis trois ans, doivent reprendre mardi à Washington.
Israël n’a pas encore confirmé officiellement leur reprise mardi mais Netanyahu avait indiqué samedi soir être prêt à libérer les 104 Palestiniens dans le cadre d’une reprise des pourparlers.
Jeudi, le ministre israélien du Développement régional Sylvan Shalom avait affirmé que les négociations reprendraient probablement mardi.
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