L’attentat du quartier Ashrafieh, qui a visé le colonel Wissam
al-Hassan, chef de la section des Renseignements dans les FSI libanaises
et le coup d’Etat raté de l’opposition du « 14 mars » pour revenir au
pouvoir, ont de nouveau été l’occasion pour certaines forces et médias
libanais de remettre en cause la présence palestinienne au Liban. Ce
n’est ni la première tentative, ni la dernière, semble-t-il, vu la
virulence des attaques anti-palestiniennes lancées par ces forces et
médias, chaque fois que la situation sécuritaire au Liban est mise à
l’épreuve. Aujourd’hui, c’est la mort d’un ouvrier palestinien, qui a
osé affronter les lignes de tirs dans un quartier de la capitale où
l’armée libanaise était intervenue pour instaurer le calme, qui a
déclenché cette campagne sournoise où LE Palestinien est devenu le
« fauteur de troubles ». Cet ouvrier aurait été armé et aurait tiré
contre l’armée. Mais, par un heureux hasard, un passant, admirant la
bravoure de celui-ci, avait pu filmer son trajet en train de braver les
tirs avant de succomber, touché par des balles de « provenance
inconnue » ?! La fin tragique des uns, dans un Liban en crise
d’identité, a une fois encore alimenté la haine contre les Palestiniens.
Il y a quelques mois, ce fut la révolte des jeunes du camp de Nahr
el-Bared contre le système de contrôle installé par l’armée libanaise,
qui avait déclenché la campagne contre la présence palestinienne. Les
Palestiniens s’étaient révoltés contre un système injuste qui les
empêchait de circuler même à l’intérieur du camp, puisqu’il fallait
produire des « autorisations » ou montrer leur identité à chaque barrage
de l’armée, installé dans le camp même et non seulement à ses entrées.
Bien qu’il n’y ait aucune animosité contre l’armée, sa direction ou ses
soldats, car celle-ci ne fait qu’appliquer les directives du
gouvernement et de la classe politique libanaise, les jeunes
Palestiniens du camp de Nahr el-Bared ont réclamé la fin des contrôles
et des barrages, qu’ils ont jugé humiliants. Mais des politiciens et une
certains presse aux abois ont vite fait de dénoncer la soi-disant
participation des Palestiniens aux combats dans le nord du pays, contre
l’armée libanaise, aux côtés des « rebelles » syriens qui par ailleurs,
pourrissent la vie des Libanais, depuis que des députés du « 14 mars »
leur ont offert la possibilité de lancer des attaques contre le régime syrien à partir du Liban.
Dans les deux cas, les organisations palestiniennes, nationales
(Fateh, FPLP et FDLP et FPLP-CG) et islamiques (Hamas et Jihad
islamique) ont déploré les combats inter-libanais et appelé au calme
toutes les parties pour l’intérêt de la nation et de la Palestine, ont
affirmé se situer à l’écart de tous les conflits internes au Liban et
dans la région, et ont dénoncé les tentatives de certains d’impliquer
les Palestiniens dans leurs conflits.
Le communiqué des forces et organisations palestiniennes
présentes au Liban, publié ce 24 octobre, suite à leur réunion au siège
de l’ambassade de Palestine, a affirmé ce qui suit :
1 – Nous dénonçons l’assassinat du colonel Wissam el-Hassan.
2 – Nous affirmons que les organisations palestiniennes sont attachées à
l’unité, à la sécurité et à la stabilité du Liban. Elles appellent
toutes les forces et tous les partis libanais au calme et au dialogue
pour préserver le Liban d’une guerre civile.
3 – Nous affirmons l’unité de la position palestinienne au Liban : nous
ne serons qu’un élément de stabilité dans ce pays, nous refusons les
tentatives de nous impliquer dans la crise interne libanaise et nous ne
permettrons à personne d’utiliser les camps palestiniens pour viser la
paix civile au Liban, comme nous refusons toute forme de guerre civile.
4 – Nous réclamons des forces politiques libanaises et des médias une
grande précision et attention dans le traitment de l’information, et
leur demandons de ne pas impliquer le peuple palestinien dans les
troubles récents, d’autant plus que l’ensemble des organisations
palestiniennes refusent de couvrir tout individu palestinien dont
l’implication a été prouvée.
Nous réclamons de ne pas faire porter à
l’ensemble du peuple palestinien toute erreur individuelle qui pourrait
survenir, comme dans toutes les sociétés humaines.
Même si certaines voix irresponsables arabes (des « révolutionnaires
de pacotille ») appellent les Palestiniens à participer aux combats
fratricides qui secouent certaines parties de la nation, par solidarité
ou par intérêt (les Palestiniens étant considérés comme des
« professionnels » de la lutte armée), l’expérience douloureuse des
Palestiniens, depuis le fameux alignement de feu Arafat aux côtés de
Saddam Hussayn, contre le Koweit et l’alliance des Etats arabes placée
sous égide américaine, est encore dans les mémoires. Des milliers de
Palestiniens furent expulsés du Koweit laissant des milliers de familles
palestiniennes sans ressources, sans compter le financement de l’OLP
qui fut mis en difficulté, celle-ci ne pouvant plus payer ni ses
bureaux, ni les organisations palestiniennes qui y sont affiliées. Pour
la résistance palestinienne et ses organisations, seul le peuple
palestinien paie ses erreurs aussi lourdement, probablement à cause de
l’état d’exil dans lequel il se trouve, entre autres.
Pour les organisations palestiniennes au Liban, il s’agit non
seulement d’une position de principe, mais bien d’une position servant à
protéger les réfugiés palestiniens et la cause palestinienne, et
notamment le droit au retour. Car le fait d’impliquer les camps de
réfugiés dans tout conflit secondaire ou marginal, d’autant plus qu’il
ne s’agit pas de révolutions mais de guerres civiles, signifie
l’éparpillement des Palestiniens, au grand bonheur de l’Etat sioniste et
de ses nombreux alliés dans le monde occidental, qui veulent en finir
avec la question des réfugiés palestiniens et de leur objectif de
retourner en Palestine, dans toute la Palestine, et non seulement en
Cisjordanie et dans la bande de Gaza. C’est l’enjeu principal, c’est le
premier enjeu d’ailleurs, de tout le conflit dans la région : les
puissances impériales veulent instaurer une « paix » où les réfugiés
n’ont pas le droit de retourner dans leur pays, leurs villes et villages
d’origine, et réserver une enclave appelée Etat palestinien, où l’Etat
sioniste contrôle non seulement les frontières, le sous-sol et le ciel,
mais aussi la démographie et la population, alors que la résistance
palestinienne lutte pour la libération de toute la Palestine « du fleuve
à la mer », et le retour des réfugiés.
Fadwa Nassar
24 octobre 2012
Lancé le 19 décembre 2011, "Si Proche Orient" est un blog d'information internationale. Sa mission est de couvrir l’actualité du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord avec un certain regard et de véhiculer partout dans le monde un point de vue pouvant amener au débat. "Si Proche Orient" porte sur l’actualité internationale de cette région un regard fait de diversité des opinions, de débats contradictoires et de confrontation des points de vue.Il propose un décryptage approfondi de l’actualité .
vendredi 26 octobre 2012
Algérie/Azawad : Accord tacite de l’Algérie à une intervention au Mali
L’Algérie a donné son accord tacite à une éventuelle intervention
militaire africaine dans le nord du Mali pour y déloger des extrémistes
islamistes, a-t-on appris de sources algériennes et françaises.
L’Algérie partage une frontière de 2.000 km avec le Mali et elle redoute un débordement sur son territoire d’un éventuel conflit chez son voisin. La non-ingérence est en outre l’un des principaux piliers de sa politique étrangère.
Alger ne peut cependant pas empêcher les autres pays voisins du Mali d’intervenir militairement avec un appui occidental mais il serait diplomatiquement risqué de s’engager au Mali sans le consentement des Algériens, surtout si le conflit s’enlise.
Après des semaines d’efforts diplomatiques, notamment de la part de la France, l’Algérie convient désormais que le déploiement de troupes étrangères dans le nord du Mali pourrait être nécessaire. Elle refuse toutefois de le soutenir directement.
"Au bout du compte, nous ne nous opposerons pas à une intervention militaire au Mali tant que des troupes étrangères ne stationnent pas sur notre territoire", a-t-on dit de source algérienne informée des discussions sur le Mali.
Un haut diplomate français a confirmé : "L’Algérie accepte désormais le principe d’une intervention militaire, ce qui n’était pas le cas auparavant."
Selon ce diplomate, Alger a changé de position à la suite de la réunion du Groupe de soutien et de suivi sur le Mali ayant rassemblé divers acteurs régionaux et internationaux le 19 octobre à Bamako.
Une source au ministère français de la Défense a fait état d’un accord "tacite" et a ajouté que Paris n’en attendait pas davantage d’Alger.
L’Algérie continue d’insister sur la recherche d’une solution diplomatique à la crise malienne.
A Washington, le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, a exprimé son inquiétude quant à la présence d’Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) dans le nord du Mali. Il a insisté sur la nécessité de collaborer avec les pays de la région pour tenter de résoudre cette crise.
"Ils conviennent tous que nous sommes confrontés là-bas à la même menace en provenance d’AQMI", a dit Leon Panetta, jugeant que toute intervention militaire devait être conçue et exécutée "sur une base régionale".
La secrétaire d’Etat Hillary Clinton prévoit de se rendre mardi en Algérie avant un déplacement dans les Balkans.
"Le Mali est l’un des thèmes que la secrétaire d’Etat veut aborder avec les responsables algériens", a dit Victoria Nuland, sa porte-parole.
Le Premier ministre algérien Abdelmalek Sellal a annoncé aux députés le déploiement de renforts aux frontières du pays.
"Nous ne laisserons aucune menace porter atteinte à notre pays", a-t-il dit. "L’Algérie veut éviter d’avoir des repaires de terroristes à ses frontières."
L’Algérie partage une frontière de 2.000 km avec le Mali et elle redoute un débordement sur son territoire d’un éventuel conflit chez son voisin. La non-ingérence est en outre l’un des principaux piliers de sa politique étrangère.
Alger ne peut cependant pas empêcher les autres pays voisins du Mali d’intervenir militairement avec un appui occidental mais il serait diplomatiquement risqué de s’engager au Mali sans le consentement des Algériens, surtout si le conflit s’enlise.
Après des semaines d’efforts diplomatiques, notamment de la part de la France, l’Algérie convient désormais que le déploiement de troupes étrangères dans le nord du Mali pourrait être nécessaire. Elle refuse toutefois de le soutenir directement.
"Au bout du compte, nous ne nous opposerons pas à une intervention militaire au Mali tant que des troupes étrangères ne stationnent pas sur notre territoire", a-t-on dit de source algérienne informée des discussions sur le Mali.
Un haut diplomate français a confirmé : "L’Algérie accepte désormais le principe d’une intervention militaire, ce qui n’était pas le cas auparavant."
Selon ce diplomate, Alger a changé de position à la suite de la réunion du Groupe de soutien et de suivi sur le Mali ayant rassemblé divers acteurs régionaux et internationaux le 19 octobre à Bamako.
Une source au ministère français de la Défense a fait état d’un accord "tacite" et a ajouté que Paris n’en attendait pas davantage d’Alger.
L’Algérie continue d’insister sur la recherche d’une solution diplomatique à la crise malienne.
A Washington, le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, a exprimé son inquiétude quant à la présence d’Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) dans le nord du Mali. Il a insisté sur la nécessité de collaborer avec les pays de la région pour tenter de résoudre cette crise.
"Ils conviennent tous que nous sommes confrontés là-bas à la même menace en provenance d’AQMI", a dit Leon Panetta, jugeant que toute intervention militaire devait être conçue et exécutée "sur une base régionale".
La secrétaire d’Etat Hillary Clinton prévoit de se rendre mardi en Algérie avant un déplacement dans les Balkans.
"Le Mali est l’un des thèmes que la secrétaire d’Etat veut aborder avec les responsables algériens", a dit Victoria Nuland, sa porte-parole.
Le Premier ministre algérien Abdelmalek Sellal a annoncé aux députés le déploiement de renforts aux frontières du pays.
"Nous ne laisserons aucune menace porter atteinte à notre pays", a-t-il dit. "L’Algérie veut éviter d’avoir des repaires de terroristes à ses frontières."
Syrie : Les intempéries s'invitent à la partie ...
Des Syriens pris au piège sur l’autoroute d’Alep par les pluies. torrentielles
(Photo Afp prise le 25 octobre 2012)
(Photo Afp prise le 25 octobre 2012)
سوريون علقت سياراتهم على طريق حلب جراء الأمطار الغزيرة أمس (أ ف ب)
Syrie : combats dans le nord et bombardement à Homs malgré la trêve
De violents combats ont éclaté vendredi matin autour d’une base de
l’armée syrienne, dans la périphérie est de Maaret al-Nooman
(nord-ouest), et des roquettes sont tombées sur un quartier rebelle de
Homs dans le centre de la Syrie, faisant deux blessés, selon une ONG.
"De violents combats ont commencé vers 10H30 (07H30 GMT) autour de la base de Wadi Deif. L’armée a riposté en bombardant le village limitrophe de Deir Charqui. Il s’agit de la première violation de la trêve" négociée par l’émissaire de l’ONU pour l’Aïd al-Adha, a affirmé à l’AFP Rami Abdel Rahman, directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).
Il a précisé que parmi les rebelles figuraient des combattants du Front islamiste al-Nosra, qui a revendiqué de nombreux attentats en Syrie, et a catégoriquement rejeté mercredi la trêve initiée par Lakhdar Brahimi.
Par ailleurs, deux personnes ont été blessées par la chute de six roquettes sur le quartier rebelle de Khaldiyé à Homs, a ajouté l’OSDH.
Le régime, qui assimile les rebelles à des "terroristes", avait annoncé jeudi soir qu’il suspendrait ses opérations militaires pour l’Aïd, mais répondrait "si les groupes terroristes armés continuent à tirer sur les civils et les forces gouvernementales (...) ou à utiliser des voitures piégées et des bombes".
De son côté l’Armée syrienne libre (ASL), principales faction de l’opposition armée, s’était engagée à faire taire ses armes "si l’armée syrienne en fait autant".
Les rebelles ont pris le 9 octobre la ville de Maaret al-Nooman et ont depuis lancé plusieurs assauts sur la base de Wadi Deif, la plus importante de la région et qui est toujours aux mains de l’armée, où ils espèrent saisir des armes, des munitions et du carburant.
"De violents combats ont commencé vers 10H30 (07H30 GMT) autour de la base de Wadi Deif. L’armée a riposté en bombardant le village limitrophe de Deir Charqui. Il s’agit de la première violation de la trêve" négociée par l’émissaire de l’ONU pour l’Aïd al-Adha, a affirmé à l’AFP Rami Abdel Rahman, directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).
Il a précisé que parmi les rebelles figuraient des combattants du Front islamiste al-Nosra, qui a revendiqué de nombreux attentats en Syrie, et a catégoriquement rejeté mercredi la trêve initiée par Lakhdar Brahimi.
Par ailleurs, deux personnes ont été blessées par la chute de six roquettes sur le quartier rebelle de Khaldiyé à Homs, a ajouté l’OSDH.
Le régime, qui assimile les rebelles à des "terroristes", avait annoncé jeudi soir qu’il suspendrait ses opérations militaires pour l’Aïd, mais répondrait "si les groupes terroristes armés continuent à tirer sur les civils et les forces gouvernementales (...) ou à utiliser des voitures piégées et des bombes".
De son côté l’Armée syrienne libre (ASL), principales faction de l’opposition armée, s’était engagée à faire taire ses armes "si l’armée syrienne en fait autant".
Les rebelles ont pris le 9 octobre la ville de Maaret al-Nooman et ont depuis lancé plusieurs assauts sur la base de Wadi Deif, la plus importante de la région et qui est toujours aux mains de l’armée, où ils espèrent saisir des armes, des munitions et du carburant.
Israël : Netanyahu et Lieberman font liste commune aux législatives
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a créé jeudi la première
surprise de la campagne électorale en Israël en annonçant qu’il ferait
liste commune avec le chef de la diplomatie Avigdor Lieberman aux
législatives du 22 janvier, renforçant son statut d’ultra-favori.
Son parti, le Likoud, et Israël Beiteinou, la formation nationaliste de Lieberman, présenteront une liste commune, mais sans toutefois fusionner, a-t-il précisé.
"Israël a besoin d’unifier ses forces pour gouverner et faire face aux défis sécuritaires et économiques (...) Le Likoud et Israël Beiteinou présenteront donc ensemble une liste commune au prochain scrutin pour laquelle il faudra déposer un seul bulletin" dans les urnes, a affirmé Netanyahu à la presse.
"Israël a besoin d’une coalition gouvernementale forte s’appuyant sur une liste politique se fondant sur une coopération authentique (...) Nous demandons à l’opinion de nous appuyer pour renforcer l’Etat et je demande un mandat clair afin de pouvoir m’occuper de l’essentiel", a-t-il encore dit.
Lieberman a de son côté indiqué qu’en associant son parti au Likoud, il entendait "contribuer à la stabilité du prochain gouvernement. C’est une affaire de responsabilité (...) De facto, nous avons d’ores et déjà ainsi instauré un changement du système politique, qui assurera la stabilité" du pouvoir.
En vertu de cette alliance surprise, Lieberman occupera forcément une position clef dans le futur gouvernement en cas de succès électoral, et se positionne ainsi en chef de la droite dans un avenir plus lointain.
L’instabilité politique est un phénomène chronique en Israël. Elle est causée par le système de la proportionnelle intégrale, qui favorise l’émergence de petits partis sectoriels et se traduit par la nécessité incontournable de former des coalitions gouvernementales souvent très hétéroclites.
En se présentant sur une liste commune, Netanyahu et Lieberman ont coupé court aux velléités d’union de divers éventuels candidats centristes pressentis, tels l’ancien Premier ministre Ehud Olmert ou l’ex-ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni.
En mettant franchement le cap à droite, ils ont aussi mis en porte-à-faux la dirigeante du parti travailliste Shelly Yachimovich, qui n’avait jusqu’à présent pas formellement exclu de rallier un futur gouvernement formé par Netanyahu.
Interrogée jeudi soir à la radio publique, elle a estimé qu’un tel ralliement était "de l’ordre de l’imaginaire", appelant "tous les partis centristes ainsi que les membres modérés du Likoud qui ont perdu leur foyer idéologique à se rallier aux Travaillistes" sous sa direction.
Le chef du parti Meretz de la gauche laïque, Zehava Galon, a de son côté raillé "le futur gouvernement +Biberman+", contraction de Bibi (surnom de Netanyahu) et Lieberman, estimant "qu’il fera du sur-place tant au niveau social que dans le processus de paix" avec les Palestiniens.
Netanyahu et Lieberman ont secrètement mené leurs tractations avant d’annoncer leur alliance surprise qui devrait presque à coup sûr leur permettre de former un bloc politique à même de dessiner la prochaine coalition gouvernementale.
Le Likoud compte actuellement 28 députés, sur un total de 120 au Parlement. Le parti Israël Beiteinou, qui recrute beaucoup de ses électeurs parmi les Israéliens originaires de l’ex-URSS, en compte 15.
Selon les sondages, les deux formations devraient plus ou moins se maintenir voire se renforcer au prochain scrutin. Elles sont assurées de l’appui des formations religieuses et d’extrême-droite.
Le Parlement israélien a voté sa dissolution le 15 octobre et convoqué des législatives anticipées pour le 22 janvier 2013, un scrutin dont Netanyahu est grand favori dans un climat de tensions régionales.
Son parti, le Likoud, et Israël Beiteinou, la formation nationaliste de Lieberman, présenteront une liste commune, mais sans toutefois fusionner, a-t-il précisé.
"Israël a besoin d’unifier ses forces pour gouverner et faire face aux défis sécuritaires et économiques (...) Le Likoud et Israël Beiteinou présenteront donc ensemble une liste commune au prochain scrutin pour laquelle il faudra déposer un seul bulletin" dans les urnes, a affirmé Netanyahu à la presse.
"Israël a besoin d’une coalition gouvernementale forte s’appuyant sur une liste politique se fondant sur une coopération authentique (...) Nous demandons à l’opinion de nous appuyer pour renforcer l’Etat et je demande un mandat clair afin de pouvoir m’occuper de l’essentiel", a-t-il encore dit.
Lieberman a de son côté indiqué qu’en associant son parti au Likoud, il entendait "contribuer à la stabilité du prochain gouvernement. C’est une affaire de responsabilité (...) De facto, nous avons d’ores et déjà ainsi instauré un changement du système politique, qui assurera la stabilité" du pouvoir.
En vertu de cette alliance surprise, Lieberman occupera forcément une position clef dans le futur gouvernement en cas de succès électoral, et se positionne ainsi en chef de la droite dans un avenir plus lointain.
L’instabilité politique est un phénomène chronique en Israël. Elle est causée par le système de la proportionnelle intégrale, qui favorise l’émergence de petits partis sectoriels et se traduit par la nécessité incontournable de former des coalitions gouvernementales souvent très hétéroclites.
En se présentant sur une liste commune, Netanyahu et Lieberman ont coupé court aux velléités d’union de divers éventuels candidats centristes pressentis, tels l’ancien Premier ministre Ehud Olmert ou l’ex-ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni.
En mettant franchement le cap à droite, ils ont aussi mis en porte-à-faux la dirigeante du parti travailliste Shelly Yachimovich, qui n’avait jusqu’à présent pas formellement exclu de rallier un futur gouvernement formé par Netanyahu.
Interrogée jeudi soir à la radio publique, elle a estimé qu’un tel ralliement était "de l’ordre de l’imaginaire", appelant "tous les partis centristes ainsi que les membres modérés du Likoud qui ont perdu leur foyer idéologique à se rallier aux Travaillistes" sous sa direction.
Le chef du parti Meretz de la gauche laïque, Zehava Galon, a de son côté raillé "le futur gouvernement +Biberman+", contraction de Bibi (surnom de Netanyahu) et Lieberman, estimant "qu’il fera du sur-place tant au niveau social que dans le processus de paix" avec les Palestiniens.
Netanyahu et Lieberman ont secrètement mené leurs tractations avant d’annoncer leur alliance surprise qui devrait presque à coup sûr leur permettre de former un bloc politique à même de dessiner la prochaine coalition gouvernementale.
Le Likoud compte actuellement 28 députés, sur un total de 120 au Parlement. Le parti Israël Beiteinou, qui recrute beaucoup de ses électeurs parmi les Israéliens originaires de l’ex-URSS, en compte 15.
Selon les sondages, les deux formations devraient plus ou moins se maintenir voire se renforcer au prochain scrutin. Elles sont assurées de l’appui des formations religieuses et d’extrême-droite.
Le Parlement israélien a voté sa dissolution le 15 octobre et convoqué des législatives anticipées pour le 22 janvier 2013, un scrutin dont Netanyahu est grand favori dans un climat de tensions régionales.
jeudi 25 octobre 2012
Syrie : Des enquêteurs de l’Onu veulent rencontrer Bashar al Assad
Des enquêteurs de l’Onu chargés des droits de l’homme ont dit jeudi
vouloir rencontrer le président Bashar al Assad et se rendre en Syrie,
dont l’accès leur est interdit depuis la création d’une commission
d’enquête il y a un an.
L’équipe, dirigée par le Brésilien Paulo Pinheiro, a rassemblé une série de preuves et de témoignages des atrocités commises par les forces syriennes et les rebelles.
"Nous avons décidé d’adresser une lettre au président Assad pour demander une réunion (...) C’est très important qu’il puisse nous recevoir", a déclaré Paulo Pinheiro à la presse.
"Nous avons l’intention de nous rendre là-bas sans condition pour rencontrer le président Assad et discuter des conditions d’accès de notre commission en Syrie", a-t-il ajouté.
Paulo Pinheiro s’était rendu à Damas en juin.
Dans un rapport publié en août, les enquêteurs disaient que les forces gouvernementales et les milices loyalistes s’étaient livrées à des crimes de guerre dont des assassinats et des actes de torture sur des civils obéissant à ce qui semblaient être des consignes du pouvoir.
Les enquêteurs ont recueilli les témoignages de plus de 1.100 victimes, réfugiés et déserteurs mais n’ont pas pu rencontrer de soldats blessés ou des proches de militaires tués par les rebelles, n’ayant pas accès au territoire syrien.
Carla del Ponte, qui fut procureur du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) et du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), a rejoint la commission d’enquête.
"Il existe bien sûr des similitudes (avec l’ex-Yougoslavie) puisque nous avons affaire aux mêmes crimes, des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre", a-t-elle dit. "Ma principale tâche sera de (...) déterminer la responsabilité des hauts dirigeants politiques et militaires dans ces crimes".
Carla del Ponte a salué le travail des enquêteurs qui a permis de dégager "un tableau d’ensemble", nécessaire pour établir les responsabilités dans la chaîne de commandement.
Une liste secrète de personnes et d’unités militaires a été dressée et elle pourrait permettre l’engagement de poursuites pénales à l’avenir. Cette liste pourrait être un jour transmise à une autorité judiciaire compétente en mesure de respecter la confidentialité et d’assurer la protection des témoins.
Elle est pour l’instant conservée dans un coffre-fort dans le bureau de Navy Pillay, Haut commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, qui souhaite que le Conseil de sécurité de l’Onu saisisse la Cour pénale internationale (CPI).
La guerre civile syrienne a fait plus de 32.000 morts depuis le début du soulèvement en mars 2011.
L’équipe, dirigée par le Brésilien Paulo Pinheiro, a rassemblé une série de preuves et de témoignages des atrocités commises par les forces syriennes et les rebelles.
"Nous avons décidé d’adresser une lettre au président Assad pour demander une réunion (...) C’est très important qu’il puisse nous recevoir", a déclaré Paulo Pinheiro à la presse.
"Nous avons l’intention de nous rendre là-bas sans condition pour rencontrer le président Assad et discuter des conditions d’accès de notre commission en Syrie", a-t-il ajouté.
Paulo Pinheiro s’était rendu à Damas en juin.
Dans un rapport publié en août, les enquêteurs disaient que les forces gouvernementales et les milices loyalistes s’étaient livrées à des crimes de guerre dont des assassinats et des actes de torture sur des civils obéissant à ce qui semblaient être des consignes du pouvoir.
Les enquêteurs ont recueilli les témoignages de plus de 1.100 victimes, réfugiés et déserteurs mais n’ont pas pu rencontrer de soldats blessés ou des proches de militaires tués par les rebelles, n’ayant pas accès au territoire syrien.
Carla del Ponte, qui fut procureur du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) et du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), a rejoint la commission d’enquête.
"Il existe bien sûr des similitudes (avec l’ex-Yougoslavie) puisque nous avons affaire aux mêmes crimes, des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre", a-t-elle dit. "Ma principale tâche sera de (...) déterminer la responsabilité des hauts dirigeants politiques et militaires dans ces crimes".
Carla del Ponte a salué le travail des enquêteurs qui a permis de dégager "un tableau d’ensemble", nécessaire pour établir les responsabilités dans la chaîne de commandement.
Une liste secrète de personnes et d’unités militaires a été dressée et elle pourrait permettre l’engagement de poursuites pénales à l’avenir. Cette liste pourrait être un jour transmise à une autorité judiciaire compétente en mesure de respecter la confidentialité et d’assurer la protection des témoins.
Elle est pour l’instant conservée dans un coffre-fort dans le bureau de Navy Pillay, Haut commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, qui souhaite que le Conseil de sécurité de l’Onu saisisse la Cour pénale internationale (CPI).
La guerre civile syrienne a fait plus de 32.000 morts depuis le début du soulèvement en mars 2011.
Syrie : L’armée de Bashar cessera ses opérations militaires à partir de vendredi matin
L’armée de Bashar cessera ses opérations militaires à partir de vendredi
matin et jusqu’à lundi, selon un communiqué publié jeudi.
Le régime du président Bashar al-Assad se conforme ainsi à l’appel du médiateur international Lakhdar Brahimi à une trêve à l’occasion de l’Aïd al-Adha, la fête musulmane la plus sacrée célébrée du 26 au 29 octobre.
Selon le communiqué, l’armée se réserve néanmoins le droit de riposter en cas d’attaques rebelles.
Le régime du président Bashar al-Assad se conforme ainsi à l’appel du médiateur international Lakhdar Brahimi à une trêve à l’occasion de l’Aïd al-Adha, la fête musulmane la plus sacrée célébrée du 26 au 29 octobre.
Selon le communiqué, l’armée se réserve néanmoins le droit de riposter en cas d’attaques rebelles.
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