La trêve tenait toujours vendredi matin entre Israël et le Hamas, au
lendemain d’une journée calme marquée par un rassemblement à Tel Aviv de
10 000 personnes exigeant une solution durable au conflit.
Malgré les craintes que le cessez-le-feu, respecté depuis lundi, ne
vole en éclat, les armes se sont à nouveau tues jeudi et Gaza est revenu
à un semblant de vie aussi normale que possible, certains habitants ne
cachant toutefois pas leur scepticisme face aux soubresauts des
négociations et à la succession de cessez-le-feu éphémères.
"Ce cessez-le-feu est une absurdité. Nous voulons de la stabilité
ici, ne pas avoir à revenir et repartir chaque jour, dormir là une nuit
et ailleurs le lendemain. Vous le voyez bien, ma maison est détruite,
nos vies sont détruites", soupire Mohammed Ibrahim à Chajaya, banlieue à
l’est de la ville de Gaza.
Le Wall Street Journal a rapporté jeudi qu’Israël avait pu se faire
livrer des armes par le Pentagone en juillet sans l’approbation de la
Maison Blanche ou du Département d’Etat.
L’administration du président Barack Obama, alors prise de court
tandis qu’elle tentait de freiner la campagne militaire israélienne à
Gaza, a depuis renforcé les contrôles sur les livraisons à Israël, selon
le quotidien, citant des responsables américains et israéliens.
Au moins 10 000 personnes se sont rassemblées à Tel Aviv, selon la
police, sous le slogan de "Le Sud (les villes frontalières de Gaza,
ndlr) refuse de se taire", pour exiger du gouvernement une solution
durable au conflit avec le Hamas.
La foule hétéroclite brandissait des drapeaux israéliens et des
pancartes appelant aussi bien à "occuper Gaza maintenant" qu’à faire la
paix avec les Palestiniens.
"Comme les habitants de Gaza et de Rafah, nous exigeons la paix, le
calme, le droit de vivre dans nos maisons", a déclaré Alon Schuster, le
président du conseil régional de Shaar HaNeguev.
Si les pourparlers sont prolongés au Caire, l’armée israélienne se
tient prête à toute éventualité "parce que les opérations ne sont pas
encore terminées". Des bruits de bottes qui "ne font pas peur" au Hamas,
a rétorqué un porte-parole à Gaza.
Mais malgré les vociférations des deux camps, le médiateur égyptien a
annoncé mercredi soir une prolongation pour cinq jours du
cessez-le-feu. Depuis, Israéliens et Palestiniens ont quitté Le Caire,
où les seconds ont annoncé qu’ils seraient de retour samedi soir.
L’Egypte, dont les relations avec le Hamas sont au plus bas, tente
d’arracher aux deux parties aux exigences irréconciliables un compromis
pour mettre un terme au cycle de violence à sa frontière.
Ses responsables font la navette entre négociateurs israéliens et
palestiniens, les premiers réclamant la démilitarisation de l’enclave
palestinienne et les seconds faisant de la levée du blocus imposé depuis
sept ans par Israël à 1,8 million de Gazaouis une condition sine qua
non à tout arrêt des hostilités.
Khalil al-Haya, membre du bureau politique du Hamas, a répété jeudi
les exigences des Palestiniens : "une levée du blocus définitive et
permanente" et une ouverture sur la mer, estimant qu’il n’était "pas du
droit de l’ennemi de nous priver de notre port".
Il a cependant souligné qu’il y avait "encore de réelles chances de
parvenir à un accord", précisant qu’il fallait pour cela que "l’ennemi
cesse de jouer sur les mots". A plusieurs reprises, les Palestiniens ont
affirmé que les négociations avaient échoué en raison d’une
reformulation de dernière minute opérée les Israéliens.
Les deux parties se sont laissées jusqu’à mardi à 00H01 pour négocier.
Le cabinet de sécurité du gouvernement israélien s’est réuni jeudi
soir à Tel-Aviv pour évoquer la suite à donner à l’opération et aux
négociations en cours au Caire et doit reprendre vendredi matin ses
discussions, dont rien n’a filtré, selon les médias israéliens.
Les deux parties pourraient se diriger vers un compromis qui
confierait à l’Autorité palestinienne, tout juste réconciliée avec le
Hamas, la responsabilité des futures négociations et des frontières de
Gaza.
Selon un document que l’AFP a consulté, ce que les Egyptiens
proposent, c’est avant tout un sursis : après l’obtention d’un
cessez-le-feu permanent, ils invitent à de nouvelles discussions dans un
mois. Alors seraient discutés les principaux points de blocage :
l’ouverture d’un port et d’un aéroport et la restitution par le Hamas
des corps de deux soldats israéliens tués contre la libération de
prisonniers palestiniens.
Le Caire propose enfin que la zone tampon le long de la frontière
entre Gaza et Israël soit graduellement rétrécie et placée sous la
surveillance des forces de l’ordre de l’Autorité palestinienne. Quant à
la levée du blocus, le document égyptien reste vague, se contentant de
dire que des points de passage fermés seraient ouverts aux termes
d’accords entre Israël et l’Autorité palestinienne.
Lancé le 19 décembre 2011, "Si Proche Orient" est un blog d'information internationale. Sa mission est de couvrir l’actualité du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord avec un certain regard et de véhiculer partout dans le monde un point de vue pouvant amener au débat. "Si Proche Orient" porte sur l’actualité internationale de cette région un regard fait de diversité des opinions, de débats contradictoires et de confrontation des points de vue.Il propose un décryptage approfondi de l’actualité .
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