Un navire turc transportant de l'aide humanitaire à destination de la Bande de Gaza est arrivé dans un port israélien dimanche, une semaine
après la normalisation des relations entre Israël et la Turquie après
six ans de brouille.
Le navire cargo Lady Leyla est arrivé dimanche après-midi au port
d'Ashdod, à une trentaine de kilomètres au nord de la bande de Gaza,
après avoir quitté la Turquie vendredi, a constaté un journaliste de
l'AFP.
Sa cargaison est composée de 11.000 tonnes de denrées alimentaires de
première nécessité et de jouets, selon l'agence nationale d'informations
turque Anadolu.
Elle sera inspectée par les autorités israéliennes avant d'être envoyée
dans la bande de Gaza, contrôlée par le mouvement islamiste Hamas et
durement touchée par trois guerres avec Israël depuis 2008 et par un
blocus israélien.
La Turquie avait d'abord exigé une levée du blocus du territoire
palestinien pour normaliser ses relations avec Israël, ce que l'Etat
hébreu avait refusé. Les deux pays ont finalement trouvé un compromis
autorisant la Turquie à envoyer de l'aide humanitaire via le port
d'Ashdod.
Israël estime le blocus nécessaire pour empêcher le Hamas de recevoir
des matériaux pouvant être utilisés à des fins militaires, notamment
pour construire des tunnels permettant à des hommes armés de s'infiltrer
en Israël.
Des responsables de l'ONU ont de leur côté appelé à une levée du blocus
en raison de la détérioration des conditions de vie dans l'enclave
palestinienne.
La Turquie, gouvernée par le parti islamo-conservateur AKP, est proche
du Hamas et le président turc Recep Tayyip Erdogan est un défenseur de
la cause palestinienne.
La Turquie et Israël, qui étaient traditionnellement alliés, se sont
brouillés en 2010 lorsque des commandos israéliens ont lancé l'assaut
sur un navire qui tentait de briser le blocus de Gaza, tuant dix
activistes turcs à bord.
Selon les termes de l'accord, Israël versera 20 millions de dollars (18 millions d'euros) aux familles des militants tués.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a mis en avant les
bénéfices économiques de l'accord, notamment les discussions sur un
projet de construction d'un pipeline vers la Turquie pour y acheminer du
gaz.
Mais l'opinion et la classe politique israélienne ont accueilli cet
accord de façon mitigée en raison, notamment, de l'absence de mention du
sort de quatre Israéliens - deux soldats tenus pour morts et deux
civils qui seraient aux mains du Hamas - disparus dans la Bande de Gaza.
Plusieurs sympathisants et membres des familles des soldats ont
manifesté contre l'accord dimanche à l'extérieur du port d'Ashdod.
Lancé le 19 décembre 2011, "Si Proche Orient" est un blog d'information internationale. Sa mission est de couvrir l’actualité du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord avec un certain regard et de véhiculer partout dans le monde un point de vue pouvant amener au débat. "Si Proche Orient" porte sur l’actualité internationale de cette région un regard fait de diversité des opinions, de débats contradictoires et de confrontation des points de vue.Il propose un décryptage approfondi de l’actualité .
dimanche 3 juillet 2016
Irak : Attentat de Daesh à Bagdad, au moins 119 morts, selon un nouveau bilan
L'attentat suicide à la voiture piégé revendiqué par Daesh dimanche dans un quartier commerçant de Bagdad a
fait au moins 119 morts, selon un nouveau bilan fourni par des
responsables de sécurité.
L'explosion, la plus meurtrière dans un seul attentat dans la capitale irakienne cette année, a également fait 140 blessés, a-t-on précisé de même source.
L'explosion, la plus meurtrière dans un seul attentat dans la capitale irakienne cette année, a également fait 140 blessés, a-t-on précisé de même source.
Irak : Au moins 75 morts dans un attentat à Bagdad revendiqué par Daesh
Au moins 75 personnes ont été tuées et plus de 130 blessées dimanche
avant l'aube dans un attentat-suicide à Bagdad revendiqué par le groupe
jihadiste Daesh qui s'autoproclame État islamique, ont indiqué des responsables. Un premier
bilan, plus tôt ce dimanche, faisait état de six personnes ont été tuées
et 20 blessées.
Il s'agit du bilan le plus lourd dans un seul attentat dans la capitale irakienne cette année. L'explosion est survenue dans une rue commerçante bondée du quartier de Karrada, où de nombreux habitants vont faire leurs courses avant la fête qui marque la fin du mois sacré musulman du Ramadan. Saad Maan, porte-parole du ministère de l'Intérieur, a déclaré que l'explosion avait été provoquée par une voiture piégée déclenchée près d'un restaurant. Plusieurs magasins ont brûlé à la suite de la déflagration, selon ses déclarations.
Daesh commet fréquemment des attentats contre les civils à Bagdad et dans d'autres villes irakiennes. Le groupe terroriste s'est emparé en 2014 de vastes régions de l'Irak, mais il a perdu depuis le contrôle d'une partie de ces territoires, qui ont été repris par les forces gouvernementales irakiennes, comme tout dernièrement la ville de Falloujah, à l'ouest de Bagdad.
Il s'agit du bilan le plus lourd dans un seul attentat dans la capitale irakienne cette année. L'explosion est survenue dans une rue commerçante bondée du quartier de Karrada, où de nombreux habitants vont faire leurs courses avant la fête qui marque la fin du mois sacré musulman du Ramadan. Saad Maan, porte-parole du ministère de l'Intérieur, a déclaré que l'explosion avait été provoquée par une voiture piégée déclenchée près d'un restaurant. Plusieurs magasins ont brûlé à la suite de la déflagration, selon ses déclarations.
Daesh commet fréquemment des attentats contre les civils à Bagdad et dans d'autres villes irakiennes. Le groupe terroriste s'est emparé en 2014 de vastes régions de l'Irak, mais il a perdu depuis le contrôle d'une partie de ces territoires, qui ont été repris par les forces gouvernementales irakiennes, comme tout dernièrement la ville de Falloujah, à l'ouest de Bagdad.
samedi 2 juillet 2016
Moyen-Orient : Réconciliation autour du gaz entre Israël et la Turquie (Assawra)
Est-ce un hasard ? Le triple attentat du 28 juin au soir, à l'aéroport
international Atatürk d'Istanbul (44 morts, dont 19 étrangers, et 260
blessés), survient en plein virage de la politique étrangère turque.
Sous la pression de son allié américain, Recep Tayyip Erdogan a d'abord
été obligé de prendre ses distances avec l'organisation État islamique
qu'il ménageait en Syrie pour se concentrer sur la lutte contre le PKK
kurde (Parti des travailleurs du Kurdistan). Ce premier virage à pas
lents n'est pas étranger à la spirale de violence qui touche la Turquie
depuis juin 2015 (11 attentats).
Ces derniers mois, de plus en plus isolé, Erdogan, l'islamiste, a pris langue avec Poutine avec lequel les relations étaient rompues depuis que l'aviation turque avait abattu un Mig russe à la frontière turco-syrienne en novembre. Ankara a présenté ses excuses à Moscou. Le président turc semble évoluer dans sa position intransigeante vis-à-vis de Bachar el-Assad et, cerise sur le gâteau, s'est réconcilié avec Israël, le 27 juin, à la veille de l'attentat à Istanbul. Retrouvailles turco-israéliennes et rapprochement turco-russe largement motivés par la nécessité pour Ankara de se fournir en gaz. Moscou avait mis fin aux exportations de gaz vers la Turquie après l'affaire de l'avion.
Du côté israélien, la rupture entre les deux pays date de 2010. L'attaque par la marine israélienne du bateau turc Mavi Marmara, affrété par des militants pro-palestiniens qui voulaient rompre le blocus israélien de Gaza, avait fait 10 morts parmi les activistes turcs. Ankara avait rompu ses relations diplomatiques avec son allié autrefois très proche.
Ces derniers mois, les deux capitales avaient toutes deux un intérêt évident à se retrouver pour sortir de leur isolement mutuel. Non seulement elles sont toutes deux en délicatesse avec leur allié américain (bien que celui-ci ait poussé à leur réconciliation pour les faire coopérer dans la lutte contre le terrorisme djihadiste), mais seuls pays non arabes de la région (avec l'Iran), la Turquie et Israël entretiennent une méfiance commune à l'égard du régime des mollahs. L'État hébreu aimerait, entre autres, voir se créer, autour de la Turquie, une coalition des pays arabes sunnites modérés contre Téhéran. C'est largement un fantasme, le président turc étant regardé avec suspicion par une majorité du monde arabe.
La première motivation de leur rapprochement tourne autour du gaz dont l'État hébreu va devenir un gros exportateur depuis la découverte d'un important gisement offshore en Méditerranée, le Leviathan. Ankara est demandeur de gaz. Jusqu'en décembre 2015, Moscou fournissait 56 % (chiffre 2014) du marché intérieur turc de gaz. Un projet de construction d'un gazoduc, le Turkish Stream, d'une capacité de 63 m3/an, devait commencer à distribuer du gaz russe à la Turquie (16 milliards de mètres cubes/an en pleine capacité), à travers la mer Noire, à la fin de cette année. Mais, en décembre 2015, en représailles à la destruction du chasseur russe par l'aviation turque, Poutine suspendait le projet du Turkish Stream.
Erdogan doit alors chercher des solutions autres que le gaz russe. Il se tourne d'abord vers le Qatar : le GNL (gaz naturel liquéfié) qatari coûte cher et ne peut suffire à remplacer, en volume, le gaz russe (27 milliards de m3/an). La Turquie regarde vers l'Azerbaïdjan d'où part le grand corridor gazier qui relie les côtes de la Caspienne au sud de l'Europe. Une source d'approvisionnement également insuffisante : l'accord signé prévoit que 6 milliards de mètres cubes de gaz azéri arriveront annuellement d'Azerbaïdjan en Turquie. Ankara cherche donc une troisième source d'approvisionnement pour compenser les 27 milliards de m3/an vendus par Moscou. Ce sera Israël.
Dès l'automne 2015, alors que les relations turco-russes s'enveniment et qu'Ankara se cherche de nouveaux partenaires dans le domaine énergétique, un haut fonctionnaire du ministère turc des Affaires étrangères et le chef du Mossad israélien se retrouvent secrètement à Genève. En décembre, un accord préliminaire sur le gaz est signé dans cette ville. Les deux pays, qui n'ont guère d'atomes crochus (alors que jusqu'aux années 2000, les relations militaires étaient très étroites entre Ankara et Tel-Aviv, et que les deux armées organisaient régulièrement des manœuvres communes) et s'opposent sur la question palestinienne, trouvent, avec le gaz, un terrain d'entente. Tel-Aviv veut faire de ses voisins égyptien et turc ses principaux acheteurs de gaz et vise le marché européen à partir de la Turquie.
Certes, les retrouvailles passent par des concessions politiques de part et d'autre. Israël met un préalable à l'ouverture de discussions pour la construction d'un oléoduc entre ses gisements off-shore et la Turquie : la reprise des relations diplomatiques entre les deux capitales. Erdogan s'incline. Le 22 juin dernier, Dore Gold, directeur général du ministre israélien des Affaires étrangères (l'homme de confiance de Netanyahu), rencontre son homologue turc, Feridun Sinirlioglu, à Rome. Les deux hommes finalisent les retrouvailles turco-israéliennes : outre la reprise des relations diplomatiques, Israël s'engage à créer un fonds de 18 millions de dollars pour indemniser les familles des 10 civils turcs tués sur le Mavi Marmara ; Ankara abandonne les poursuites judiciaires contre les militaires israéliens et accepte de ne plus accueillir sur son sol certains responsables du Hamas. Par contre, la Turquie n'obtient pas la levée de l'embargo israélien sur Gaza, mais elle va envoyer, via le port d'Ashdod, 10 000 tonnes d'aide humanitaire à Gaza.
Craignant d'être accusé de « trahison », Erdogan a téléphoné à Mahmoud Abbas, le président palestinien, afin de le rassurer avant l'annonce officielle de la réconciliation turque avec Israël, et a reçu Khaled Mechaal, le porte-parole de l'aile modérée du Hamas basé à Doha, au Qatar. Quant à Poutine, il pourrait reprendre ses livraisons de gaz et relancer la construction du Turkish Stream.
(02-07-2016 - Assawra avec les agences de presse)
Ces derniers mois, de plus en plus isolé, Erdogan, l'islamiste, a pris langue avec Poutine avec lequel les relations étaient rompues depuis que l'aviation turque avait abattu un Mig russe à la frontière turco-syrienne en novembre. Ankara a présenté ses excuses à Moscou. Le président turc semble évoluer dans sa position intransigeante vis-à-vis de Bachar el-Assad et, cerise sur le gâteau, s'est réconcilié avec Israël, le 27 juin, à la veille de l'attentat à Istanbul. Retrouvailles turco-israéliennes et rapprochement turco-russe largement motivés par la nécessité pour Ankara de se fournir en gaz. Moscou avait mis fin aux exportations de gaz vers la Turquie après l'affaire de l'avion.
Du côté israélien, la rupture entre les deux pays date de 2010. L'attaque par la marine israélienne du bateau turc Mavi Marmara, affrété par des militants pro-palestiniens qui voulaient rompre le blocus israélien de Gaza, avait fait 10 morts parmi les activistes turcs. Ankara avait rompu ses relations diplomatiques avec son allié autrefois très proche.
Ces derniers mois, les deux capitales avaient toutes deux un intérêt évident à se retrouver pour sortir de leur isolement mutuel. Non seulement elles sont toutes deux en délicatesse avec leur allié américain (bien que celui-ci ait poussé à leur réconciliation pour les faire coopérer dans la lutte contre le terrorisme djihadiste), mais seuls pays non arabes de la région (avec l'Iran), la Turquie et Israël entretiennent une méfiance commune à l'égard du régime des mollahs. L'État hébreu aimerait, entre autres, voir se créer, autour de la Turquie, une coalition des pays arabes sunnites modérés contre Téhéran. C'est largement un fantasme, le président turc étant regardé avec suspicion par une majorité du monde arabe.
La première motivation de leur rapprochement tourne autour du gaz dont l'État hébreu va devenir un gros exportateur depuis la découverte d'un important gisement offshore en Méditerranée, le Leviathan. Ankara est demandeur de gaz. Jusqu'en décembre 2015, Moscou fournissait 56 % (chiffre 2014) du marché intérieur turc de gaz. Un projet de construction d'un gazoduc, le Turkish Stream, d'une capacité de 63 m3/an, devait commencer à distribuer du gaz russe à la Turquie (16 milliards de mètres cubes/an en pleine capacité), à travers la mer Noire, à la fin de cette année. Mais, en décembre 2015, en représailles à la destruction du chasseur russe par l'aviation turque, Poutine suspendait le projet du Turkish Stream.
Erdogan doit alors chercher des solutions autres que le gaz russe. Il se tourne d'abord vers le Qatar : le GNL (gaz naturel liquéfié) qatari coûte cher et ne peut suffire à remplacer, en volume, le gaz russe (27 milliards de m3/an). La Turquie regarde vers l'Azerbaïdjan d'où part le grand corridor gazier qui relie les côtes de la Caspienne au sud de l'Europe. Une source d'approvisionnement également insuffisante : l'accord signé prévoit que 6 milliards de mètres cubes de gaz azéri arriveront annuellement d'Azerbaïdjan en Turquie. Ankara cherche donc une troisième source d'approvisionnement pour compenser les 27 milliards de m3/an vendus par Moscou. Ce sera Israël.
Dès l'automne 2015, alors que les relations turco-russes s'enveniment et qu'Ankara se cherche de nouveaux partenaires dans le domaine énergétique, un haut fonctionnaire du ministère turc des Affaires étrangères et le chef du Mossad israélien se retrouvent secrètement à Genève. En décembre, un accord préliminaire sur le gaz est signé dans cette ville. Les deux pays, qui n'ont guère d'atomes crochus (alors que jusqu'aux années 2000, les relations militaires étaient très étroites entre Ankara et Tel-Aviv, et que les deux armées organisaient régulièrement des manœuvres communes) et s'opposent sur la question palestinienne, trouvent, avec le gaz, un terrain d'entente. Tel-Aviv veut faire de ses voisins égyptien et turc ses principaux acheteurs de gaz et vise le marché européen à partir de la Turquie.
Certes, les retrouvailles passent par des concessions politiques de part et d'autre. Israël met un préalable à l'ouverture de discussions pour la construction d'un oléoduc entre ses gisements off-shore et la Turquie : la reprise des relations diplomatiques entre les deux capitales. Erdogan s'incline. Le 22 juin dernier, Dore Gold, directeur général du ministre israélien des Affaires étrangères (l'homme de confiance de Netanyahu), rencontre son homologue turc, Feridun Sinirlioglu, à Rome. Les deux hommes finalisent les retrouvailles turco-israéliennes : outre la reprise des relations diplomatiques, Israël s'engage à créer un fonds de 18 millions de dollars pour indemniser les familles des 10 civils turcs tués sur le Mavi Marmara ; Ankara abandonne les poursuites judiciaires contre les militaires israéliens et accepte de ne plus accueillir sur son sol certains responsables du Hamas. Par contre, la Turquie n'obtient pas la levée de l'embargo israélien sur Gaza, mais elle va envoyer, via le port d'Ashdod, 10 000 tonnes d'aide humanitaire à Gaza.
Craignant d'être accusé de « trahison », Erdogan a téléphoné à Mahmoud Abbas, le président palestinien, afin de le rassurer avant l'annonce officielle de la réconciliation turque avec Israël, et a reçu Khaled Mechaal, le porte-parole de l'aile modérée du Hamas basé à Doha, au Qatar. Quant à Poutine, il pourrait reprendre ses livraisons de gaz et relancer la construction du Turkish Stream.
(02-07-2016 - Assawra avec les agences de presse)
Israël/Palestine : L'armée israélienne d'occupation boucle Hébron après des attaques sanglantes
L'armée israélienne a bouclé samedi la poudrière de Hébron, la plus
grande ville de Cisjordanie occupée, et les villages environnants, après
la mort de deux Israéliens dans une vague d'attaques palestiniennes.
Le regain de violences a coïncidé avec la publication vendredi par le Quartette international d'un rapport exhortant Israéliens et Palestiniens à renoncer respectivement à la colonisation et à la violence, qui minent selon lui les chances de paix.
En 48 heures, quatre attaques palestiniennes, trois en Cisjordanie et une près de Tel-Aviv, ont coûté la vie à deux Israéliens et blessé six. Trois assaillants ont été abattus, dont deux étaient originaires d'un village proche de Hébron, ville du sud du territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967.
Les autorités israéliennes ont pris plusieurs mesures de rétorsion, dont le bouclage de Hébron où deux bataillons ont été dépêchés en renfort, et la réduction des transferts des taxes due à l'Autorité palestinienne.
Samedi, les soldats ont verrouillé les entrées de Hébron et installé des barrières bloquant les voies d'accès de et vers la ville, à l'exception de celle du nord qui mène au village de Halhoul en route pour Jérusalem, selon le correspondant de l'AFP sur place.
L'armée n'a pas précisé la durée du bouclage de cette ville de quelque 200.000 habitants palestiniens, mais le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan a dit qu'il devra "rester en place pendant une longue période".
Dans ce contexte, le Premier ministre Benjamin Netanyahu va réunir son cabinet de sécurité restreint samedi soir, selon un responsable israélien.
Ces mesures sont selon l'armée, "les plus substantielles sur le terrain depuis 2014", lorsque les soldats avaient lancé une vaste opération à la recherche de trois jeunes Israéliens enlevés qui avaient été ensuite assassinés par des activistes palestiniens.
Hébron a concentré une partie des violences qui secouent depuis début octobre 2015 les Territoires palestiniens, Israël et Jérusalem et ont coûté la vie à 214 Palestiniens, 34 Israéliens, deux Américains, un Erythréen et un Soudanais, selon un décompte de l'AFP.
Selon l'armée, environ 80 attaques anti-israéliennes ont été menées par des Palestiniens originaires de la région de Hébron.
Le bouclage "vise à briser le cycle d'attaques meurtrières. La présence (de soldats) permettra de prévenir et déjouer des attaques supplémentaires", selon Peter Lerner, le porte-parole de l'armée.
L'armée a en outre révoqué les permis de travail israéliens de tous les habitants du village, a-t-il ajouté.
La vague d'attaques a été déclenchée jeudi par un Palestinien de 19 ans qui a poignardé à mort dans son sommeil une adolescente israélo-américaine après s'être infiltré dans sa maison de la colonie de Kyriat Arba, proche de Hébron.
Le lendemain, un père de famille israélien a été tué après qu'un Palestinien a ouvert le feu sur sa voiture près de Hébron avant de prendre la fuite. Le même jour, une Palestinienne, parente de l'assaillant de Kyriat Arba, a été abattue après avoir tenté de poignarder des gardes-frontières israéliens à Hébron.
Hébron est une poudrière depuis que 500 colons se sont installés dans le centre historique, barricadés sous haute protection militaire et retranchés derrière une zone tampon interdite d'accès aux habitants palestiniens.
"Les autorités et la population de Hébron soutiennent l'atmosphère incitant à la violence et ils doivent sentir les conséquences de leurs actes dans la vie quotidienne", a déclaré M. Erdan.
Dans la bande de Gaza, l'autre territoire palestinien contrôlé par le mouvement islamiste Hamas et auquel Israël impose un blocus depuis dix ans, l'aviation israélienne a frappé quatre cibles de groupes armés sans faire de victime.
Pour les analystes, les attaques palestiniennes résultent surtout des vexations de l'occupation israélienne, de l'absence de toute perspective proche d'indépendance et des frustrations économiques.
Et cette situation ne devra pas changer de sitôt en raison du blocage politique total avec l'absence de négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens depuis 2014 et les positions difficilement conciliables entre les deux camps en conflit depuis plus d'un demi-siècle.
Réagissant au rapport du Quartette, Netanyahu a qualifié de "mythe" l'idée que la colonisation sapait la paix. Dans l'autre camp, le haut responsable palestinien Saëb Erekat a regretté que le rapport critique les Palestiniens "qui vivent sous une occupation militaire et coloniale".
(02-07-2016)
Le regain de violences a coïncidé avec la publication vendredi par le Quartette international d'un rapport exhortant Israéliens et Palestiniens à renoncer respectivement à la colonisation et à la violence, qui minent selon lui les chances de paix.
En 48 heures, quatre attaques palestiniennes, trois en Cisjordanie et une près de Tel-Aviv, ont coûté la vie à deux Israéliens et blessé six. Trois assaillants ont été abattus, dont deux étaient originaires d'un village proche de Hébron, ville du sud du territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967.
Les autorités israéliennes ont pris plusieurs mesures de rétorsion, dont le bouclage de Hébron où deux bataillons ont été dépêchés en renfort, et la réduction des transferts des taxes due à l'Autorité palestinienne.
Samedi, les soldats ont verrouillé les entrées de Hébron et installé des barrières bloquant les voies d'accès de et vers la ville, à l'exception de celle du nord qui mène au village de Halhoul en route pour Jérusalem, selon le correspondant de l'AFP sur place.
L'armée n'a pas précisé la durée du bouclage de cette ville de quelque 200.000 habitants palestiniens, mais le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan a dit qu'il devra "rester en place pendant une longue période".
Dans ce contexte, le Premier ministre Benjamin Netanyahu va réunir son cabinet de sécurité restreint samedi soir, selon un responsable israélien.
Ces mesures sont selon l'armée, "les plus substantielles sur le terrain depuis 2014", lorsque les soldats avaient lancé une vaste opération à la recherche de trois jeunes Israéliens enlevés qui avaient été ensuite assassinés par des activistes palestiniens.
Hébron a concentré une partie des violences qui secouent depuis début octobre 2015 les Territoires palestiniens, Israël et Jérusalem et ont coûté la vie à 214 Palestiniens, 34 Israéliens, deux Américains, un Erythréen et un Soudanais, selon un décompte de l'AFP.
Selon l'armée, environ 80 attaques anti-israéliennes ont été menées par des Palestiniens originaires de la région de Hébron.
Le bouclage "vise à briser le cycle d'attaques meurtrières. La présence (de soldats) permettra de prévenir et déjouer des attaques supplémentaires", selon Peter Lerner, le porte-parole de l'armée.
L'armée a en outre révoqué les permis de travail israéliens de tous les habitants du village, a-t-il ajouté.
La vague d'attaques a été déclenchée jeudi par un Palestinien de 19 ans qui a poignardé à mort dans son sommeil une adolescente israélo-américaine après s'être infiltré dans sa maison de la colonie de Kyriat Arba, proche de Hébron.
Le lendemain, un père de famille israélien a été tué après qu'un Palestinien a ouvert le feu sur sa voiture près de Hébron avant de prendre la fuite. Le même jour, une Palestinienne, parente de l'assaillant de Kyriat Arba, a été abattue après avoir tenté de poignarder des gardes-frontières israéliens à Hébron.
Hébron est une poudrière depuis que 500 colons se sont installés dans le centre historique, barricadés sous haute protection militaire et retranchés derrière une zone tampon interdite d'accès aux habitants palestiniens.
"Les autorités et la population de Hébron soutiennent l'atmosphère incitant à la violence et ils doivent sentir les conséquences de leurs actes dans la vie quotidienne", a déclaré M. Erdan.
Dans la bande de Gaza, l'autre territoire palestinien contrôlé par le mouvement islamiste Hamas et auquel Israël impose un blocus depuis dix ans, l'aviation israélienne a frappé quatre cibles de groupes armés sans faire de victime.
Pour les analystes, les attaques palestiniennes résultent surtout des vexations de l'occupation israélienne, de l'absence de toute perspective proche d'indépendance et des frustrations économiques.
Et cette situation ne devra pas changer de sitôt en raison du blocage politique total avec l'absence de négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens depuis 2014 et les positions difficilement conciliables entre les deux camps en conflit depuis plus d'un demi-siècle.
Réagissant au rapport du Quartette, Netanyahu a qualifié de "mythe" l'idée que la colonisation sapait la paix. Dans l'autre camp, le haut responsable palestinien Saëb Erekat a regretté que le rapport critique les Palestiniens "qui vivent sous une occupation militaire et coloniale".
(02-07-2016)
Israël/Palestine : "Un mythe" selon Netanyahu
À New York, le Quartet sur le Proche-Orient a exhorté vendredi
1er juillet Israël et les Palestiniens à renoncer respectivement à la
colonisation et à la violence, qui minent les chances de paix et
d'une solution à deux États. Mais le Premier ministre israélien
Benjamin Netanyahu a immédiatement rejeté cet appel, qualifiant de «
mythe » l'idée que la colonisation israélienne des territoires
palestiniens sape la paix.
vendredi 1 juillet 2016
Liban: Des jeunes Syriens sur le toit d'une voiture pour raconter leur mal de vivre
Des jeunes Syriens répètent une pièce de théâtre qui exprime le mal-être
des réfugiés au Liban, le 22 juin 2016 à Bar Elias (Afp)
Sur le toit d'une fourgonnette bleue stationnée dans un camp de fortune, dans la plaine libanaise de la Bekaa, six jeunes Syriens répètent une pièce de théâtre qui exprime le mal-être des réfugiés au Liban.
Déguisés, gesticulant et faisant corps avec le public, ces apprentis comédiens narrent pendant trente minutes des histoires de la vie quotidienne des réfugiés syriens et parlent du droit d'asile, d'amour ou de discriminations.
Ce théâtre itinérant a commencé à se produire dans les camps et les grandes villes du pays avec l'objectif de dénoncer le comportement de certains Libanais.
"Quand ils ont fui leur guerre civile (1975-1990), nous les avions accueillis avec hospitalité. Pourquoi se comportent-ils de cette façon avec nous? Nous faisons pourtant partie du même peuple", regrette Ahmad, 20 ans, le coordinateur syrien de la pièce.
Ainsi, l'un des acteurs imite le bruit d'une moto, un autre fait mine d'enfourcher l'engin pendant qu'une voix off raconte l'histoire d'un barrage où seuls sont arrêtés les motocyclistes syriens.
Fuyant la guerre civile qui ravage leur pays depuis cinq ans, plus d'un million de Syriens ont trouvé refuge au Liban et beaucoup vivent dans des conditions très difficiles.
De nombreux Libanais leur gardent rancune de la présence de l'armée syrienne au Liban durant près de 30 ans, et certains leur reprochent de leur faire une concurrence déloyale sur le marché du travail en acceptant des salaires bas.
Dans une autre scène, une voix de femme en détresse appelle en vain plusieurs hôpitaux pour placer son nourrisson dans une couveuse. Les acteurs imitent des médecins et des standardistes qui la transfèrent d'un service à l'autre. "Cette histoire m'a marqué car la mère n'a pas réussi à faire hospitaliser sa fille et le nouveau-né est mort", explique Ahmad.
Le projet, intitulé "La Caravane", a été initié par Beirut DC, une association libanaise qui promeut le cinéma arabe, et financé à hauteur de 113.000 euros par l'Union européenne et UNICEF Liban.
"Près de 300 réfugiés, répartis en groupe de 20, ont participé à l'élaboration de 20 histoires à travers les ateliers de narration, dont huit ont été gardées pour la pièce", explique Sabine Choucair, directrice artistique du programme.
C'est cette Libanaise de 34 ans qui a eu l'idée du projet, une sorte de "thérapie sociale" pour venir en aide aux réfugiés syriens installés dans son pays. "On parle beaucoup du nombre de réfugiés mais rarement du côté humain", explique-t-elle.
"Tous les jours, je vois en rêve la Syrie, mes voisins et moi au marché de Homs, une fois la guerre terminée...", raconte Fatima, mère de deux enfants âgés de un et trois ans.
"J'aime beaucoup cette pièce de théâtre car elle parle de nous, ça permet à nos enfants d'avoir une idée de ce que nous subissons", ajoute-t-elle.
Aujourd'hui, la guerre en Syrie voisine se rappelle toujours à eux. Les organisateurs ont même dû annuler une représentation à Qab Elias en raison du couvre-feu imposé aux réfugiés syriens par la municipalité de Al-Qaa, un village proche de la frontière frappé lundi par une série d'attentats meurtriers.
Des enfants s'approchent de Sabine pour connaître l'heure de la représentation. Une centaine de spectateurs, en majorité des femmes et des enfants, s'installent dans le terrain vague.
Tissus orange, verts, rouges, bouts de bois, matelas et bouteilles en plastique font partie du décor. "Au début je disais à mon fils que c'était ridicule de faire du théâtre, mais maintenant je trouve ça bien qu'il puisse raconter ce genre d'histoires", admet Hasna, 48 ans, mère d'Ahmad.
Assise à côté de trois de ses amies, toutes vêtues de noir, elle fond en larmes. "Nous avons tout perdu, les enfants, les frères, les soeurs. J'ai un fils qui est père de trois enfants dont je n'ai plus de nouvelles depuis 2013", dit-elle d'une voix étouffée par les sanglots.
A la fin de la représentation, un micro circule dans le public. "Nous devons réussir à vivre ensemble, nous aimons les Libanais et nous aimerions que ça soit réciproque", déclare une femme, dont l'intervention est applaudie par les autres spectateurs.
L'objectif est de faire passer ce message de vivre ensemble parmi les Libanais "mais aussi parmi les Irakiens, les Palestiniens et les Syriens, car ces histoires les concernent aussi", dit Sabine Choucair.
(01-07-2016)
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